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Section Daniel MAYER Canton de Mundolsheim
Fédération du Bas Rhin du Parti Socialiste
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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 14:18

 

 

« Il serait nocif que le PS ait tous les pouvoirs » nous effraie Guaino. En effet, « le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument » : Nicolas Sarkozy est bien placé pour le savoir, lui qui illustrait si bien cette maxime avec son poujadisme, ses courtisans, ses députés godillots et un parti antidémocratique.

Rassurons M. Guaino : La gauche naura pas tous les pouvoirs. LEurope restera bien à droite. La BCE restera monétariste et poussera les réformes à la hache du marché du travail. Le Parlement européen, certes sans pouvoir de proposition, restera également à droite. La Commission, marginalisée totalement sous Sarkozy, pointera peut être un peu le bout de son nez mais restera à droite. Enfin, le Conseil Européen sera également de droite.

M. Guaino, rassurez-vous : vos amis conservateurs sont bien représentés au niveau Européen. François Hollande sera contraint par cet équilibre politique, et il en est conscient. Pour le camp europrogressiste, le scrutin européen de 2014 en est dautant plus important pour réorienter le cours de lEurope.

 

En revanche, M. Guaino, vous devriez plutôt être inquiet de votre propre camp, qui na plus de discours économique cohérent.

La social-démocratie européenne se réveille, dans les sondages en Allemagne, dans les urnes en France. Plus important, la social-démocratie européenne présente une réponse cohérente face à la crise. La réduction des déficits nationaux est actée, mais une relance par des investissements écologiques ou des infrastructures financées par une taxe sur les transactions financières et par des emprunts de la Banque européenne d’investissement est indispensable. La régulation financière devra être stricte pour éviter la prochaine crise. Surtout, l’intervention de la BCE sur la dette souveraine devra être plus massive pour casser la spéculation et donner du temps aux Etats pour se réformer.

Enfin, un rééquilibrage des balances commerciales entre les différents Etats est nécessaire, via une relance par les salaires dans les pays en situation d’excédent commercial, comme lAllemagne. La déclaration commune entre le PS et le SPD de mi 2011 en est une preuve. Ce message social-démocrate a des soutiens au-delà de son camp traditionnel, puisque M. Monti est proche de cette ligne.

 On peut considérer que cela est insuffisant. Certains à gauche, comme les économistes atterrés, prônent ainsi une intervention plus importante encore de la Banque Centrale Européenne ou une remise en cause de la liberté de circulation des marchandises et des capitaux entre l’Union Européenne et le reste du monde. On peut critiquer la position sociale-démocrate pour son manque d’ambition, mais nullement pour son incohérence.

De même, à droite, les partisans d’une sortie vers des monnaies nationales ont une cohérence. Le retour aux monnaies nationales permet la monétisation des dettes publiques et la dévaluation. La monétisation des dettes publiques serait un outil pour résoudre la crise de la dette, tandis que la dévaluation permettrait, en partie, la résolution des problèmes de compétitivité. Cette politique présente deux défauts majeurs. D’une part, elle n’intègre pas le besoin d’Europe pour faire face aux défis futurs qui nous attendent. D’autre part, elle présente des risques fondamentaux lors de sa mise en place entre des économies totalement interdépendantes, risques qui peuvent mettre en cause sa faisabilité. Ces politiques sont donc, risquées, à très courte vue, mais cohérentes.

En revanche, le corpus idéologique de la droite raisonnant dans le cadre de l’Euro est, d’abord, foncièrement incohérent et, ensuite, absolument éloigné de la demande électorale de son propre camp. Pour savoir ce que nous promet la droite européenne, il suffit de lire ce qui a été dit par Merkel : il faudra une décennie pour sortir de la crise de la dette. La droite n’a qu’une réponse à la crise : la rigueur pour les dix ans qui viennent.

Cela est-il exagéré ? que nenni…

LAllemagne a fait sa cure de rigueur (réforme du marché du travail et stabilisation du coût du travail), pendant que les autres Etats sendettaient. Ces autres Etats ont ainsi pris le relais de l’absence de croissance de demande intérieure en Allemagne. A l’arrivée, l’excédent commercial allemand est de 150 Mds€. On peut également ajouter que l’Allemagne s’est affranchie du pacte de stabilité et de croissance : même elle n’a pas respecté le fameux seuil de 3% de déficit public !

Mais la crise européenne est passé par  : les banques doivent se désendetter et prêtent moins. En Espagne, en France, ce sont des banques qui sont en situation de quasi-faillite (Dexia, Bankia) Les ménages deviennent prudents ou contraints par une moindre hausse de leur revenu, quand ils ne sont pas étranglés par des crédits immobiliers élevés et des appartements qui ont perdu de la valeur. Les Etats doivent respecter une règle d’or ce qui aura un effet déprimant sur l’activité et, pire, sont dépendants des marchés financiers pour se financer à taux d’intérêts élevés. Les entreprises sont plus en période de licenciements que d’embauches. Si lEurope nintervient pas, il ny a donc aucun levier de croissance. Les difficultés vont donc bien durer 10 ans.

Les investissements sont les premières dépenses à être rognées : en Espagne, les investissements publics ont été réduits de 40% depuis 2008. Réduire les dépenses d’investissements, c’est l’inverse d’une politique qui prépare l’avenir.

La seule possibilité de croissance vient alors des réformes structurelles : pour le patron de la BCE, la croissance passe par « flexibilité, mobilité, équité », c’est-à-dire libéralisation du marché du travail avec la fin des emplois à vie, un contrat unique, la simplification des licenciements.

Au point de vue économique, de telles réformes ne peuvent produire leurs effets quà long terme, lorsquelles sont efficaces. Selon Pierre-Olivier Beffy, économiste en chef chez Exane BNP Paribas, « en période de faible activité, l’OCDE a montré qu’il n’y avait pas d’effet positif des réformes structurelles du marché du travail avant au moins cinq ans » (6). De plus, de telles réformes ont un impact récessif sur les salaires et limitent d’autant la demande intérieure. Les « ein euro Job » en Allemagne ont contribué à l’absence de progression de la demande intérieure. Les réformes structurelles de la droite ne seront quun pis-aller en termes deffets sur la croissance.

Au point de vue politique, on voit déjà limpasse de chemin proposé par la droite avec une explosion des partis populistes de droite. La Grèce est en crise politique avec un parti nazi qui fait 7% et un gouvernement introuvable. En France, les partis qui rejettent les traités européens font un tiers des voix, dont presque 20% sur la droite. Le score du candidat de droite s’en est trouvé réduit. Toujours en France, c’est Sarkozy qui observe qu’il ne gagne pas un point dans les sondages lorsqu’il fait campagne sur des réformes économiques, comme la TVA sociale. La CDU perd du terrain, élections après élections. Le Parti pirate, parti sans avis sur rien fait 8% des voix. En Italie, c’est un comique qui fait 12% de voix sur un programme de sortie de l’Euro.

Il y a pire pour la droite européenne. Les réformes, souhaitables selon elle, ne pourront pas être mises en place. En effet, il est très difficile, sinon impossible, de libéraliser et de revenir sur des acquis sociaux, lorsquil ny a aucune perspective. M. Monti réforme dans la droite ligne des préconisations de la droite européenne, mais commence à perdre le soutien de son opinion : chaque réforme supplémentaire sera plus difficile à mettre en œuvre. L’échec de Hollande sur une réorientation de l’Europe lui ferait perdre toute marge de manœuvre économique le condamnant à ce que la Gauche du PS lui promettait : faire du « Hollandréou », être le socialiste qui sera obligé de pratiquer une politique de rigueur absolue. Mais, cela lui fera perdre, également, toute crédibilité pour réformer par la suite. S’il modifie le cours de l’Europe, François Hollande sera considéré comme crédible et sérieux et les négociations avec les syndicats sur les retraites pourraient se faire correctement. Echouer sur l’Europe, c’est être un mou ou un mauvais négociateur : les manifestants se déchaîneront contre toutes réformes sociales. En Grèce, ce sont des réformes structurelles imposés par le mémorandum qui sont faites à la hache, au lieu de laisser un peu de temps à la Grèce pour les mettre en œuvre. Cela conduit à un profond ressentiment contre l’Europe.

En définitive, la droite européenne pose des cadres politiques et économiques qui empêchent les réformes qu’elle préconise en théorie. Au niveau politique, le discours de la droite européenne ne répond nullement aux interrogations des électeurs de la droite populiste. La concurrence restera donc très forte avec des partis populistes de droite. Sur l’économie, la droite européenne promet une absence de croissance pour les 10 ans qui viennent, sans préparer l’avenir puisque tout investissement sera bloqué par la politique d’austérité et par l’endettement accumulé des acteurs privés.


« Fin de la croissance, impossibilité de mener à bien les réformes structurelles, droites populistes très fortes », est-ce votre programme pour lEurope ? Soyons sérieux, aucun homme politique de droite ne peut être en phase avec cette promesse dEurope là.

Alors, M. Guaino, je vous le demande : A droite, quelle est, vraiment, votre discours Européen ? Celui de Sarkozy qui disait que tout avait été résolu lorsqu’il était SuperPrésidentduMonde ? Celui de Merkel qui dit « Nein » à toute modification à court terme et qui promet 10 ans de rigueur ? Ou celui d’un centre droit républicain, à l’image de M. Monti, qui demande de l’air pour faire ses réformes, et soutient les combats de François Hollande ?

C’est le vide intellectuel qui est le vôtre sur l’Europe devrait vous effrayer et non le fait de donner à M. Hollande les moyens d’appliquer sa politique au niveau national !


Ben sur Sauvons l'Europe

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 10:55

 

Chacun sait, ou croit savoir, que M Hollande nouvellement élu est attendu par ses partenaires européens avec de la petite chevrotine pour renégocier les traités. L’Europe sociale serait définitivement hors de portée, un vieux rêve, un mot que même les militants les plus aguerris ne prononcent plus que par habitude et sans conviction.  Les institutions européennes semblent tellement engoncéees dans une doxa libérale, que toute une partie de la gauche les rejeterait désormais comme viciées dans leur nature même. La rigueur, seul mot aux lèvres comme un mantra qui n’accepte à une forme de réalité que parce que sa répétition inlassable l’impose comme une évidence. Rigueur budgétaire. Rigueur salariale. Inébranlables à toutes secousses, imperméables aux orages s’abattant sur les peuples, les Institutions européennes, hors de l’Histoire, hors de la Politique, faisaient tomber un arrêté divin sur les gouvernements nationaux.

Ce moule est en train de se briser, sous nos yeux.


La dépression dans laquelle s’enfonce l’Europe, de son propre choix, est en train de dépasser les profondeurs de la crise de 29, ce qui semblait inimaginable après le savoir que nous possédons sur cette période. Les peuples refusent la purge qui leur est infligée, dont ils peuvent voir l’inefficacité. La France a élu un président opposé à ce saignement, le Gouvernement hollandais vient de chuter sur son programme d’austérité, les élections allemandes promettent une évolution similaire et les gouvernements conservateurs en place adressent des signes discrets d’encouragement à la perspective d’un retour à une politique moins folle.


C’est dans ce contexte que tombent coup sur coup la déclaration de Mario Draghi, appelant à compléter le pacte de stabilité par un pacte de croissance, et l’initiative de la Commission en matière sociale.

Mario Draghi, bien entendu, n’a pas défini ce qu’il entendait par un « pacte de croissance ». Il l’a précisé par la suite: il ne s’agit pas d’un changement de politique, c’est un appel à poursuivre la flexibilité du marché du travail, l’ouverture du marché européen, etc…  N’en soyons pas dupes une seconde. Cette politique d’ouverture est en cours, elle est même la seule chose que la Commission soit encore en état de pousser. Pourquoi un banquier central dont la parole est surveillée ferait-il une telle déclaration fracassante pour réclamer… la poursuite de l’existant? Sans le dire mais tout en le disant, c’est bien « autre chose » qu’il réclame, et personne ne s’y trompe.

Mais le plus confondant est le document produit le 18 avril par la Commission européenne sur le marché du travail en Europe. Contrairement aux propos de Mario Draghi, celui-ci ne suggère pas en creux une évolution possible, ni ne propose un aménagement. Il fait tout bonnement voler en éclat la position classique de l’Europe sur les salaires! Qu’on en juge:


 


Les salaires doivent suivre la productivité

Il s’agit proprement d’une révolution. Pendant des années, les institutions européennes ont froncé les sourcils devant tout type d’indexation salariale. Ici au contraire, en faisant un raisonnement implicite via la logique de la demande, la Commission indique que la hausse de la production doit alimenter la demande de main d’oeuvre et donc l’emploi, et qu’il est donc nécessaire que les salaires suivent la compétitivité d’une économie. Plus encore, la Commission indique que les pays qui sont en retard salarial sur leur productivité doivent donner un coup de pouce salarial pour maintenir la demande globale. Les décisions seraient naturellement prises par les autorités publiques et les partenaires sociaux.

Difficile de ne pas voir dans ce dernier point une mise en cause de la politique salariale de l’Allemagne et une injonction polie à son égard. Mais ce n’est que le début, car une seconde surprise se trouve nichée dans cette communication:

Des salaires minimaux doivent exister partout en Europe

Le SMIC! Oui l’horreur absolue de tout bon libéral, qui se gausse des archaïsmes français! Et bien la Commission appelle chaque état à se doter d’un SMIC. Pour lutter contre les travailleurs pauvres, et pour assurer des emplois décents. Ils doivent refléter la conjoncture économique générale. Il faut donc qu’ils soient dans chaque pays suffisamment élevés pour éviter la pauvreté à ceux qui ont un emploi, et  à un niveau compatible avec la productivité. La Commission suggère le recours à des SMIC différenciés par secteur économique, négociés avec les partenaires sociaux. Certains en France y ont vu une volonté de la Commission de détruire le SMIC en l’atomisant. Oserons-nous leur rappeler l’existence de salaires de branche en France, institués par des conventions collectives étendues?

La flexibilité du marché du travail cul par dessus tête

Nous savons tous que dans la fameuse flexi-sécurité du travail, ce qui compte vraiment c’est le premier terme. Eh bien que nous dit la présente communication? De favoriser la flexibilité dans l’entreprise en cas de coup dur, par la baisse temporaire du temps de travail (comptes épargne temps). En d’autre termes, de s’organiser pour ne pas virer les gens. De ne pas couper dans les allocations chômage malgré les difficultés budgétaires, pour ne pas plonger toute une partie de la population dans la pauvreté tant que la crise est là. De renforcer les droits liés aux contrats précaires et lutter contre leur abus.

 Un mécanisme de surveillance de la mise en oeuvre

Tout ceci pourrait n’être qu’un voeu pieux. Il n’en est rien: la Commission rattache habilement ces sujets à la surveillance macroéconomique du nouveau pacte de stabilité, et les fait donc entrer dans les mêmes mécanismes de rapports et de recommandations nationales. Elle préconise même que les partenaires sociaux soient attachés aux discussions. Il s’agit d’une évolution très forte de la part de la Commission, les premières négociations sur le sujet ayant selon nos informations plutôt été un autre vecteur de l’austérité salariale.

 

Au final, que dire de tout ceci? C’est bien un mécanisme contraignant de convergence sociale vers le haut que la Commission européenne vient de proposer officiellement. A bien des égards, il est même plus ambitieux que les propositions du PSE lors des élections européennes de 2009, taxées à l’époque d’irréalisme foncier par des experts désabusés.

Il reste bien entendu à voir de quelle manière les Etats nationaux vont recevoir cette proposition. Mais c’est bien l’Europe sociale que la Commission vient de mettre à l’ordre du jour.

 

Sur Sauvons l'Europe

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 06:55

 

 

Le geant chinois cosco marque son empreinte et met le port du Pirée au pas

Le Pirée tremplin des produits chinois
GRECE. L’activité du port du Pirée, principal port grec situé près de la capitale, se divise schématiquement en deux : La partie grecque et la partie passée sous le contrôle chinois en 2008 et qui assure depuis plus de la moitié de trafic commercial. 

En  2011 on a observé une augmentation de 73%  du trafic  pour le quai n°2  sous concession chinoise alors que pour le quai n°1 cette augmentation n’est que de 54,5%. 

En 2008, le gouvernement conservateur de Kostas Karamanlis avait cédé au grand dam des syndicats la concession d’un quai à la société Cosco (China Ocean Shipping Company), pour ses porte-conteneurs servant au transport des produits chinois vers les marchés  du sud de l’Europe  les Balkans et les pays riverains de la mer noire. 

Georges Papandréou chef de l’opposition socialiste, avait alors déclaré haut et fort qu’une fois les élections gagnées, il s’empresserait  de  revoir ces contrats « inadmissibles ». 
Deux ans plus tard, en 2011, et malgré des grèves très dures menées par les syndicats grecs qui accusent Cosco d'imposer à ses salariés des conditions de travail "moyenâgeuses notamment en y interdisant le droit de gréve" la ministre socialiste du Développement Louka Katséli a proposé, à la partie chinoise, avant d’être écartée du  gouvernement, de faire du port du Pirée, "un centre international de commerce".  C’est dire si les mentalités, et surtout les besoins évoluent. 

Depuis, le Pirée a vocation à devenir un centre de transit commercial des marchandises chinoises vers l'Europe, par l'augmentation programmée du volume de conteneurs traité par le groupe chinois Cosco. 
 
Doublement des échanges entre la Grèce et la Chine

D'ici 2015, la Grèce et la Chine prévoient de doubler leurs échanges commerciaux, à 8 mrds $ au total. Par ailleurs,en 2010 Athènes et Pékin ont signé deux accords cadres sur le développement des investissements chinois en Grèce et sur les échanges culturels et onze autres accords commerciaux privés surtout dans le secteur de la marine marchande, 
mais aussi dans les technologies de télécommunications, le tourisme et l'importation de matières premières typiquement grecques, comme le marbre. 

Un centre de recherche pour économiser de l'énergie et réduire les émissions de gaz à effet de serre dans la marine marchande est également à l’étude. 
But de l’opération moderniser, tant que faire se peut, le Pirée pour le rendre encore plus compétitif . 

Le nombre prévu de conteneurs transitant par le port du Pirée s’est élevé en 2009  à 800 000 conteneurs et d'ici 2015 ce nombre doit atteindre  3,7 milliards de conteneurs. 
La marine marchande est un secteur important de la coopération entre la Grèce et la Chine car, 60% du pétrole brut importé en Chine l'est à bord de bateaux grecs et que 50% des marchandises chinoises sont transportées par des bateaux grecs.  

La Grèce, dont les armateurs détiennent la première flotte au monde, et la Chine, deuxième pollueur au monde, mais aussi premier producteur de produits finis, ont convenu de renforcer leur coopération maritime pour offrir aux produits chinois un accès aux marchés de l'UE et des Balkans via le port du Pirée mais  aussi via un port en construction en Crête, à Tambaki, et  via le port de Kavala dans le nord est  de la Grèce à deux pas des frontières bulgares et turques . 

Voir l'ensemble du dossier sur les résultats 2011 et les perspectives 2012 des ports méditerranéens


Angélique Kourounis sur Econostrum

 

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 10:15

 

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L'Europe des garde-chiourme

 

 Rester ou non dans l'Europe, puisque c'est la question que l'on souhaite (im) poser aux Grecs, est-ce encore vraiment le problème ? Au point où nous en sommes, il n'y a déjà plus d'Europe, au sens où l'Europe reposait sur la laborieuse négociation, sur le douloureux compromis, seules sources civilisées de la vie commune. Il n'y a plus d'institutions européennes. Il n'y a plus de textes européens. Il y a un étrange et précaire diumvirat, nommé Merkozy, deux têtes, quatre bras, écopette dans une main, cravache dans l'autre, qui ne se donne même plus la peine de sauver les apparences avec les éclopés.

 


Et qu'on échange des sourires entendus à propos de Berlusconi, et qu'on suspend le versement des huit milliards promis à la Grèce (de quel droit, cette suspension ?) et qu'on exclut Papandreou de la conférence de presse commune, au cours de laquelle on lui a adressé l'ultimatum: ton référendum, pouilleux, ton appel au peuple, au peuple sacré dont tout procède, c'est tout de suite, pas à la Saint Glinglin. Et avec une belle et bonne question qui les fasse bien trembler, tes Grecs: voulez-vous rester dans l'euro ? Sinon, à la baille ! Il n'y a plus d'Europe. Il y a des maitres et des esclaves, ou plutôt la chiourme et les garde-chiourme. Etrange de voir, d'ailleurs, l'irruption dans l'Europe policée des rapports de force carcéraux, avec ruses cousues de fil blanc (Berlusconi arrivant à Cannes avec son gros paquet de mesures d'austérité, totalement vide), ses lâchetés, et au total une seule loi, celle du plus fort.


Chiourme et garde-chiourme: ces statuts sont fragiles. Si Merkozy agite si frénétiquement sa cravache, c'est qu'au-dessus du duo, il y a Obama qui arrive à Cannes, et qu'il importe de lui montrer une maison en ordre, poussière soigneusement remisée sous la moquette. Et au-dessus d'Obama, il y a Hu Jintao le Terrible, à qui il faut tenter de soutirer quelques milliards. Et au-dessus de Hu Jintao, il y a, invisibles, invincibles, les marchés. Contre lesquels, hélas, il n'est pas de cravache assez grosse.

 

Daniel Schneidermann sur @rrêt sur images

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 09:24

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CHINE.Tous humiliés

 

Après les indignés, les humiliés. Humilié, je me sens. Vous ne pouvez pas savoir. Tout le week-end, avec les passants, les commerçants, nous avons échangé des regards qui en disaient long, des soupirs humiliés. La Chine, évidemment. Quelle humiliation. Et je suis heureux de voir que tous les politiques qui assurent la permanence du pont de la Toussaint, sur les radios du matin, partagent mon humiliation. Au moins, sommes-nous humiliés ensemble. Sur RTL, un humilié (Lamassoure). Dans la salle des quatre colonnes de l'Assemblée, les députés se partagent entre pro et anti appel à la Chine, nous apprend Achilli, sur France Inter. Et quelques minutes plus tard, sur France Inter encore, un humilié (Bourlanges) ressuscite le spectre de la profonde humiliation que nous, l'Europe, avons infligée à la Chine, au XIX e siècle. Comment, vous ne vous en souvenez pas ? Mais l'humiliant Chinois, lui, a la mémoire longue. Le Chinois raisonne en millénaires, quand vous avez déjà oublié les programmes télé de la veille. En un siècle et demi, il a eu le temps d'ourdir sa vengeance. Il la tient.

Si l'appel à la Chine est un peu passé inaperçu dans l'enfumage des premiers commentaires après "l'accord de la dernière chance" de mercredi dernier, il se rattrape depuis, et a repris la pole position. Pas une déclaration publique désormais, sans interrogation sur les "contreparties". Lesquelles ? Personne ne sait. Mais forcément terribles. Sur Rue89, Pierre Haski (ancien correspondant de Libé à Pekin) dresse le catalogue complet: environnement, commerce, monnaie, ventes d'armes. Sans oublier les symboles, bien sûr. Tiens, le Dalaï Lama, celui-là n'est pas près d'être reçu à Paris, ou nulle part, par quiconque. Lisez tout de même jusqu'au bout l'article de Haski, qui rappelle aussi que le gouvernement chinois, tout gouvernement chinois qur'il soit, devra aussi gérer une opposition "nationaliste", fort sourcilleuse sur le gaspillage des yuans publics. Ca relativise un peu les choses.

D'ailleurs, de grâce, si vous croisez un de ces jours un nationaliste chinois radin et sourcilleux, surtout dissuadez-le de regarder notre émission de vendredi, et plus particulièrement l'acte 3. Il y entendrait deux discours scandaleux, ceux de Karine Berger, conseillère de Hollande, et de Jacques Généreux, économiste du Parti de gauche. Tous deux tombent benoîtement d'accord: l'important de l'affaire, c'est que l'Europe va rouler les Chinois, et qu'ils seront fort heureux de se faire (un peu) rouler, se faisant toujours moins rouler que lorsqu'ils prêtent aux Américains. De la bombe, cette émission. Si vous voulez la regarder, dépêchez-vous. Par patriotisme européen, nous n'excluons pas de la désintégrer dans un délai non déterminé.

 

Daniel Schneidermann sur @rrêt sur image

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 09:52

                            

Lorenzo Consoli  lorenzo-consoli.jpeghenri-lastenouse.jpg Henri Lastenouse

 

 

Entretien entre Henri Lastenouse, secrétaire général de Sauvons l’Europe et Lorenzo Consoli,  journaliste italien et ancien président de l’association internationale de Presse à Bruxelles.

 

Aujourd’hui comment résumer la situation ?

 

Si on compare la dette des USA et celle de la zone Euro, on ne comprend pas. La spéculation devrait s’intéresser avant tout au Dollar !

Si maintenant on regarde la situation politique et institutionnelle, on comprend tout : les USA sont une réelle Communauté de dette, pas la zone Euro !

 

Tout le monde semble renvoyer la balle du côté de Berlin …

 Evidemment les hésitations d’Angela Merkel font perdre beaucoup d’argent…notamment si l’on considère l’évolution de la valorisation des institutions financières depuis l’été !

 

Pourtant, quelque chose a basculé cet été ?

 

Oui, Merkel se pose maintenant réellement le problème. Je crois qu’elle a enfin compris. Les allemands ne veulent pas sortir de l’Euro, mais ils sont très idéologiques sur ces questions, surtout sur les Eurobonds. Le navire est lent à manœuvrer. Et on perd du temps !

 

Que s’est il passé ?

 Il y a eu un clash souterrain  entre les tenants de l’Orthodoxie et les pragmatiques pro-européens. Clairement Merkel et Schaüble sont du côté des pragmatiques mais sans le dire vraiment. En tout cas, la démission de Stark illustre aussi son manque de soutien politique. Son remplaçant a travaillé sur le plan de sauvetage de la Grèce et c’est un tenant du pragmatisme.

 

Et au delà de la CDU ?

 Dans la sphère politique, le SPD et les Verts apparaissent favorables aux Eurobonds. Du côté des banques allemandes, il semblerait qu’elles n’ont pas respecté le « pacte » et vendu massivement des bonds grecs…mais aussi italiens durant l’été. Apparemment, ce ne serait pas le cas des banques françaises.

 

Comment analyser l’absence de Barroso depuis le printemps ?

 Personnellement, j’ai cru que Barroso allait s’affirmer quand, au début de la crise grecque,  il a clairement pris position pour la Grèce et dit aux allemands qu’ils se trompaient. Et puis plus rien sauf « business as usual »…

 

Mais existait il vraiment des marges de manœuvre politique ?

 

C’est à la Commission Européenne d’ouvrir le débat du coût du Non Euro. Pourquoi la Commission Européenne n’a-t-elle pas présenté dès le début de la crise un rapport sur le coût du Non-Euro, particulièrement pour l’industrie allemande ? Il existe un précédent avec le rapport Cecchini de la Commission Delors sur le coût de la non-Europe en 1986.

Jusqu’à présent, Barroso n’est pas sorti du piège suivant : « vu que les allemands sont contre, à quoi bon parler d’Eurobond si de toute façon ils seront contre ». Il s’est lui même imposé les contraintes des opinions publiques nationales, particulièrement en Allemagne. Or, s’il est au moins un avantage à la situation actuelle de la Commission et de Monsieur Barroso, c’est bien de pouvoir s’abstraire des opinions de court terme pour oser dire ce qui doit être dit et présenter une vision !

 

C’est à dire ?

 La Commission doit proposer une réponse structurelle et systémique à la crise ! 

Elle va proposer en Octobre son livre vert sur les Eurobond. Elle a l’occasion de reprendre la main.Ensuite se pose la question d’un plan de relance sérieux comme le propose Obama.

l faut éviter toute incohérence de chaque côté de l’Atlantique, relance massive d’un côté, mise au pilori de Keynes de l’autre côté ! Ensuite, il faudra beaucoup de pédagogie!

 

Encore des dettes….

Quelqu’un devra bien expliquer aux thuriféraires de l’austérité qu’il est juste que les nouvelles générations paient pour la dette s’il s’agit d’investissement pour l’avenir et qu’en quelque sorte ils paient pour eux-mêmes. Tout le reste, les dépenses qui ne vont pas pour le futur, ça c’est de la « mauvaise dette », à laquelle il faut s’attaquer.

 

Il est temps de poser la question de la qualité de la dette !

 

Côté BCE, que peut on attendre de Mario Draghi qui va remplacer Trichet début Novembre ?

 C’est non seulement quelqu’un de compétent mais aussi de créatif. Il ne va pas se contenter « d’appliquer » à la perfection, comme Trichet. Il domine la matière parfaitement, ce qui lui permettra d’aller au-delà. En plus, il a à la fois la culture économique anglo-saxonne, celle d’outre Rhin et naturellement celle des pays latin.

 

Vous suivez particulièrement la situation en Italie, quel est l’impact de la crise actuelle sur la majorité au pouvoir ?

 

Le gouvernement actuel y a perdu deux de ses soutiens traditionnels. D'un côté il a perdu la sympathie des milieux industriels qui étaient naturellement avec ses positions. C'est le cas de Confindustria (NDRL : le patronat italien). De l'autre, il a perdu la confiance des "fraudeurs" qui ont compris qu'ils ne pourraient plus protéger leurs petits secrets.

 

 
 
Sur Sauvons l'Europe

 

 

 

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 06:39

 

 

 

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À l'heure où le régime Kadhafi vacille, les généreux dons financiers de son fils acceptés par la prestigieuse London School of Economics (LSE) suscitent bien des remous outre-Manche. Fortement encouragées à chercher des financements privés, les universités britanniques se montrent parfois peu regardantes sur leur provenance. Cette attitude soulève une question éthique et morale de taille : les institutions d'enseignement supérieur britanniques publiques peuvent-elles accepter tout et n'importe quoi ? Et à quel prix ?

"Je suis responsable de la réputation de LSE et elle a souffert de mon erreur de jugement", a déclaré Sir Howard Davies, l'ex-directeur de la London School of Economics, en démissionnant jeudi 3 mars 2011. En effet, en 2009, après avoir suivi un PhD dans la prestigieuse université, l'un des fils de Kadhafi, Saïf Al-Islam – on l'accuse d'ailleurs d'avoir payé un "nègre" pour rédiger une partie de sa thèse – a signé un contrat de 2,6 millions d'euros avec LSE. En échange de l'argent, l'école s'engageait dans un programme de formation des fonctionnaires de l'État libyen. Faisant suite aux protestations des étudiants de LSE la semaine dernière, l'école s'est engagée à attribuer les fonds déjà reçus (350.000 €) à des bourses d'études destinées à des étudiants d'Afrique du Nord.


La LSE n'est pas la seule en cause


Mais LSE n'est pas la seule institution à accepter des dons provenant de régimes dictatoriaux. Les récents événements qui ont terni sa réputation ont permis de lever le voile sur d'autres universités qui n'ont pas hésité à signer des contrats "embarrassants" pour financer leur fonctionnement. Ainsi, Oxford a organisé une série de conférences dédiées au fondateur de l'Arabie saoudite en échange d'une donation fort conséquente du gouvernement. SOAS (School of Oriental and African Studies) a créé un événement glorifiant l'ayatollah Khomeini suite également à un don important de l'Iran. Quant aux membres des comités de gestion des centres d'études islamiques de Cambridge et d'Edimbourg, ils sont en partie nommés par un donateur saoudien... Et ce ne sont que quelques morceaux de la partie visible de l'iceberg. Ils ont cependant le mérite de remettre en question la liberté des universités d'accepter n'importe quel financement, notamment ceux qui sont octroyés par des régimes totalitaires.
 

Vers des règles plus strictes de financement


"En acceptant des dons de dictatures, les universités britanniques confèrent de la crédibilité à des gouvernements qui n'en ont aucune auprès de la majorité de leurs citoyens", analyse Robert Simcox, auteur de l'étude "A Degree of Influence" et chercheur au Centre for Social Cohesion. Par respect pour les populations des pays opprimés, mais aussi pour les étudiants et les personnels des universités britanniques concernées, la nécessité de mettre des garde-fous s'impose. C'est d'ailleurs l'avis de plus en plus de parlementaires, dont le conservateur Robert Halfon, qui vient de demander au Parlement que des mesures immédiates soient prises pour stopper les financements issus de régimes oppressifs et que des règles plus strictes soient établies au plus vite en ce qui concerne les dons privés aux universités.

 

 

 Élisabeth Blanche sur EducPros.fr

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 15:21

 

« L’Allemagne paiera ! » ou l’Europe implosera

1e416d9543c0aacc1d3c22b5bf9cb0c6.jpgDerrière ce titre provocateur[1] se cache une réalité : l’Allemagne est le pays qui a le plus profité (et profite encore) de la construction européenne sans en assumer une part équivalente des coûts. La crise actuelle met en lumière la carence de ce pays en matière de compensation des coûts de l’intégration supportés par ses partenaires. Si l’Allemagne ne veut pas partager les bénéfices cumulés que lui a notamment procuré le « grand marché », il est évident que l’Europe implosera sous l’effet de réactions de repli sur soi, légitimées par la crise financière, économique et sociale. En effet, dans certains pays, les populations refuseront l’application des politiques de rigueur que l’Allemagne entend imposer à l’ensemble de l’Europe. Ce sera alors l’implosion de « l’Empire » et la fin de la prospérité « parasite » de l’Allemagne.

 
La métaphore sportive

L’Allemagne peut être assimilée à un athlète de haut niveau qui a pu s’entraîner, pendant des années, grâce au « sponsoring » de ses partenaires de l’association sportive européenne. L’Allemagne exige maintenant desdits partenaires, pas vraiment athlètes, qu’ils réalisent des performances sportives similaires aux siennes. A défaut, les partenaires seront éventuellement exclus de l’association. Le problème que pose l’exclusion des éléments peu performants est que chaque départ réduit le nombre de sponsors et menace, à terme, les possibilités d’entraînement du sportif de haut niveau, avec pour conséquence une baisse attendue de ses performances. Il s’en suit que dans ses folles exigences, l’Allemagne doit savoir jusqu’où ne pas aller trop loin.
 
Le risque hégémonique de l’intégration régionale

En 1996, à propos d’un regroupement régional africain, j’écrivais : « toute intégration [régionale] génère des gains et des pertes qui peuvent notamment s’apprécier en termes de fiscalité, d’implantation d’unités productives, de parts de marché, de revenu, d’emploi et de niveau des prix. Ces coûts et ces bénéfices possèdent un échelonnement différent dans le temps et affectent de façon différenciée chacun des participants. Un des problèmes majeurs se situe au niveau de l’équité de la répartition des effets de l’intégration entre les [pays] membres du regroupement »[2].
En effet, le pays qui aborde le regroupement en position de leader, dans un ou plusieurs domaines, devrait, au fil du temps, conforter sa position dominante au détriment de ses partenaires, car la libéralisation des échanges intra-régionaux, intensifie les avantages relatifs et la spécialisation initiale de chaque économie nationale.
Il est clair, par exemple, que le pays dont le secteur industriel est, au départ, le plus fort, le plus compétitif, va élargir sa part de marché communautaire au détriment de ses partenaires, incapables de soutenir la concurrence. Progressivement, les partenaires, désarmés par la libéralisation des échanges, se désindustrialiseront. Friedrich List[3], économiste allemand du dix-neuvième siècle, a montré que le libre-échange favorise le pays le plus industrialisé.
Ainsi, à défaut de mécanisme compensatoire efficace, le pays dominant va accaparer une part croissante des avantages liés au processus d’intégration et établir progressivement son hégémonie régionale.
 
L’hégémonie de l’Allemagne en Europe

Un mois avant la signature, le 25 mars 1957, du Traité de Rome instituant la Communauté européenne (CEE), Jean Duret[4] écrivait : « le Marché commun ne peut conduire qu’à une hégémonie de plus en plus écrasante de l’Allemagne ». En effet, « dès les premières étapes, se feront sentir les effets néfastes de la domination des cartels allemands sur l’Europe des Six ». « La suppression des mesures de protection [douanière] à l’intérieur du Marché commun aboutira au triomphe des plus forts et des mieux adaptés », car « si on laisse librement jouer les forces économiques, on arrive fatalement à une aggravation des distorsions existantes ». Dans ce contexte, « si certaines régions s’épanouissent économiquement, cela se fera au détriment d’autres » en dépit des mécanismes de « compensation » prévus « dont l’efficacité sera illusoire ».
La prédiction de Jean Duret s’est réalisée car l’Allemagne n’a cessé de conforter sa position de leader au sein de l’Europe. Elle est même devenue le premier exportateur mondial avant de se faire récemment devancer par la Chine. Ces performances n’auraient pu être réalisées sans l’apport décisif du grand marché européen qui absorbe aujourd’hui plus des trois quarts des exportations allemandes. De plus, l’Allemagne accroît sa part de marché au détriment des autres membres de l’UE. « Entre 1995 et 2009, la part de marché de l’Allemagne à l’intérieur de la zone euro est passée de 25 % à 27 %. En même temps, la part de la France est passée de 18,5 % à 12,9 % et celle de l’Italie de 17 % à 10 % »[5]. Enfin, l’importance de l’excédent commercial allemand vis-à-vis de ses partenaires européens ne saurait occulter une structure des échanges de type néocolonial.
 
L’échange inégal « néocolonial »

Les tenants de la thèse de l’inégalité des échanges Nord-Sud ont montré, dans les années 1960-1970, que les pays industrialisés du Centre « exploitaient » ceux de la Périphérie (le Tiers-Monde) en exportant, vers ces derniers, des biens manufacturés à forte valeur ajoutée et en important, en retour, des produits « bruts » à faible valeur ajoutée. C’était d’ailleurs le schéma caractéristique de l’exploitation par le commerce au sein des empires coloniaux. Arrighi Emmanuel[6] a étendu la notion d’échange inégal à tous les biens fabriqués dans les pays de la périphérie. Pour lui, dès que la production d’un bien est délocalisée vers un pays périphérique (où l’exploitation de la main d’œuvre est plus intense), le commerce de ce bien est touché par l’inégalité de l’échange au profit des pays importateurs du Nord. Ce schéma prévaut aussi en Europe. Le pays « Central » (l’Allemagne) exporte vers ses partenaires de l’Union européenne des produits à forte valeur ajoutée et en importe des produits à plus faible valeur ajoutée[7]. De plus, l’espace de délocalisation de l’industrie allemande se situe principalement chez les « nouveaux entrants » de l’Europe de l’Est, en raison du fort taux d’exploitation de la main d’œuvre dans ces pays. Au sein de l’UE, on observe des relations inégales de type Centre-Périphérie entre l’Allemagne et ses partenaires, à l’instar d’une métropole et de ses colonies dans un Empire.
 
Cercle vertueux pour l’Allemagne et cercle vicieux pour les autres

L’échange inégal génère un processus circulaire ambivalent. Pour le bénéficiaire, le transfert de revenu, attaché à l’échange inégal, engendre un cercle vertueux qui permet l’investissement, les gains de productivité, la croissance… synonymes de prospérité. Pour celui qui en est victime, l’échange inégal conduit au cercle vicieux de l’appauvrissement.
La construction européenne a permis à l’Allemagne de bonifier ses avantages comparatifs pour aboutir à une spécialisation « enrichissante » qui se traduit notamment par un secteur industriel puissant et performant, par une balance commerciale largement excédentaire... Par contre, la dynamique allemande s’est révélée prédatrice pour ses partenaires en imposant une division du travail intra-européenne à son profit. Il en est pour preuve la désindustrialisation de certains pays et l’affectation d’autres dans les productions à faibles coûts salariaux, ce qui les condamne tous à une spécialisation « appauvrissante » : sous-traitance, agriculture, tourisme, folklore… Par l’instrumentalisation du processus d’intégration régionale, l’Allemagne a progressivement structuré son environnement européen pour en faire une sorte d’hinterland.
Au fil du temps, la divergence des trajectoires nationales a creusé inéluctablement le fossé entre le Centre et sa Périphérie. D’autant plus qu’aucune forme, digne de ce nom, de « compensation » des coûts ou de « redistribution » des gains liés à l’intégration régionale n’a été mise en place.
 
Peu de compensation des effets négatifs de l’intégration

L’éventuelle correction des effets négatifs de l’intégration régionale nécessite des moyens financiers qui trouvent leur origine dans le budget européen caractérisé par sa faiblesse relative. Pour 2010, le montant du budget communautaire s’élève à 123 milliards d’euros, ce qui représente seulement 1,04 % du revenu national brut (RNB) de l’union. Pour cette année, « 19,6 % des recettes de l’Union européenne (UE) proviendront de l’Allemagne, suivie par la France avec 18 %, l’Italie avec 13,9 %, le Royaume-Uni avec 10,4 % et l’Espagne avec 9,6 % [8][9. Ce montant paraît important dans l’absolu, mais il ne représente guère que 5 milliards[10] par an, peu de chose par rapport au PIB ou encore au montant des exportations intra-communautaires de l’Allemagne. C’est donc à moindre coût que ce pays a établi sa domination en l’Europe. . Les contributions des principaux pays membres ne révèlent pas un effort particulièrement important du leader allemand. Par exemple, la participation allemande n’est supérieure que d’environ 2 milliards d’euros à celle de la France, alors que, selon les chiffres de 2007, le PIB de l’Allemagne excède de 531 milliards d’euros celui de la France (28 % de plus). On peut aussi se référer aux contributions nettes, c’est-à-dire au solde de ce que chaque État membre transfère à l’UE et de ce qu’il perçoit par le biais des différents fonds européens. En 2007, à l’occasion du cinquantenaire de la signature du traité de Rome, Nicolas-Jean Brehon écrivait : « depuis 1957, la contribution nette [de l’Allemagne] au budget communautaire se monte à... 250 milliards d’euros »
Concernant les fonds communautaires destinés à « compenser » les effets négatifs de l’intégration, « depuis 1988, les subventions des fonds structurels sont le principal outil au service du développement économique des régions les moins prospères ou en difficulté : près de 800 milliards d’euros (en euros actualisés) auront été affectés à cette fin entre 1989 et 2013 »[11]. Il convient aussi de relativiser, car cette somme ne représente que 32 milliards d’euros par an, répartis sur de nombreuses zones géographiques. Bien sûr, l’Irlande et l’Espagne ont respectivement reçu 35 milliards et 100 milliards d’euros (actualisés) du budget communautaire depuis leur adhésion en 1973 et 1986, soit une moyenne de 2,5 et 7,1 milliards par an[12]. Mais cela n’a pas permis à ces deux pays de modifier la structure de leur économie pour la rendre moins vulnérable aux chocs conjoncturels comme peut l’être l’économie allemande. En ce sens, la correction des effets négatifs de l’intégration régionale s’est avérée insuffisante et inefficace.
 
L’Allemagne paiera ou l’Empire implosera

En une cinquantaine d’années, l’Allemagne a établi sa puissance et s’est constitué, à moindre coût, un Empire économique en Europe. Grâce à l’imposition de l’ordolibéralisme[13] (‘définitivement’ inscrit dans le traité de Lisbonne), avec notamment le respect de la concurrence « libre et non faussée », les entreprises allemandes ont organisé la division intra-européenne du travail à leur profit ainsi que l’échange inégal avec l’hinterland.
La crise actuelle atteint d’abord les zones de l’Empire les plus fragilisées par les effets négatifs de l’intégration européenne ordolibérale. Le Centre allemand exige l’adoption par ces zones d’une dose supplémentaire de rigueur ordolibérale qui aura inévitablement un effet procyclique, aggravant la dépression. Il est clair que les populations (que l’on a beau jeu de nous présenter comme des cigales) n’accepteront pas cette thérapie et que des troubles sociaux sérieux sont à prévoir. En conséquence, d’une manière ou d’une autre, l’Allemagne devra payer, et, si elle refuse, l’Empire implosera.

  Bernard Conte sur Agoravox  (Bernard Conte est  économiste au CEAN, Centre d'étude d'Afrique noire - IEP Bordeaux)

Bibliographie
[1] Je reprends ici l’expression de Georges Clémenceau à propos des « réparations » qu’était censée payer l’Allemagne après la première guerre mondiale.
[2] Bernard Conte, « CEDEAO : La permanence des dysfonctionnements de l’intégration par les échanges », L’Afrique politique 1996, Paris, Karthala, 1996. p. 15-31.
[3] Friedrich List, Système national d’économie politique, Paris, Capelle, 1857.
[4] Jean Duret, « Le poids de l’Allemagne dans le Marché commun », Cahiers internationaux, Février 1957, n° 83, p. 57-67. Jean Duret était notamment directeur du Centre d’études économiques de la Confédération générale du travail (CGT).
[5] Le Monde, « La stratégie allemande de désinflation compétitive est à son tour attaquée par ses voisins », 19 mars 2010.
[6] Arrighi Emmanuel, L’échange inégal, Paris, Maspéro, 1969
[8] Parlement européen, « Question à 123 milliards d’euros : comment s’y retrouver dans le budget de l’UE ? », http://www.europarl.europa.eu/news/public/focus_page/034-31028-161-06-24-905-20080605FCS31027-09-06-2008-2008/default_p001c005_fr.htm
[9] « En euros actualisés ». Nicolas-Jean Brehon, « 1957-2007 : retour sur 50 ans de finances communautaires », Le Monde, 7 mars 2007.
[10] En euros actualisés.
[11] Idem.
[12] Cf. note 8.
[13] Sur les différentes formes de néolibéralisme voir : Bernard Conte, La Tiers-Mondialisation de la planète, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2009.

 
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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 18:07

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Et quand bien même des voeux pieux maintes fois prononcés, l'Europe se meurt. A l'heure à laquelle l'Europe recule, Mesdames de Sarnez et Goulard se lamentent, « mais que faire? ». « Il faut la donner à aimer », alors que les peuples la refusent. On a tout essayé, me semble-t-il. Effectivement, les nœuds de résistance sont complexes à dénouer. Déjà, notre créature ne parvient pas à surmonter les égoïsmes nationaux, elle paraît lointaine, elle inquiète, les avancées communautaires sont très faibles. La méconnaissance des symboles (hymne, drapeau etc.)  explique cet échec. D'autre part, les institutions sont méconnues. Quelle est la fonction de la Commission européenne, de la Cour de Justice et de la Banque Centrale?  Le « Marché » domine tout, la pauvreté explose, la dignité humaine recule. L'année 2005 fut l'année marquant le renversement de la tendance. En France, la non-ratification du Traité donne à cet instant un signal puissant à nos élites, d'un refus catégorique de ce projet d'Europe fédérale, projet de civilisation sans équivalent, dans lequel « le rapprochement des économies garantit un projet politique » ambitieux, ayant le devoir de « contribuer à un monde meilleur ». Sachant que la paix est un « acquis communautaire », le reste est considéré comme secondaire, sauf que, « la grandeur de la France passera par la dimension européenne » et que, l'insuffisance de coordination entre les Etats provoque des réponses faibles, comme ce fut le cas lors du Sommet de Copenhague.

Face à de tels échecs, quand les responsables politiques au sommet de l'Etat vont  enfin comprendre que l'approche intergouvernementale est un acte manqué? Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Pour négocier avec le Président OBAMA, mieux vaut parler d'une seule voix que de morceler les intérêts d'un continent « allant de l'Atlantique à l'Oural » en 27 petites voix, qui se coupent la parole, qui font un brouhaha insupportable, et surtout qui font le bonheur du Président américain! Certains problèmes ne peuvent se résoudre qu'à l'échelle européenne! Aucun pays n'a le droit d'imposer ses décisions à un autre. Un Etat a le droit d'exprimer son désaccord en utilisant son droit de véto. Non content d'être anti-démocratique, ce droit pénalise lourdement la construction européenne. Tandis qu'un vote à la majorité qualifiée apparaît déjà comme étant une alternative intéressante. Contrairement au troc, la monnaie permet de lutter contre la violence naturelle de l'Homme. Justement cette monnaie existe, c'est l'Euro. La Banque Centrale Européenne permet aux Etats-membres d'emprunter. Les échanges sont réglementés. La stabilité économique permet la paix. Est-ce-que les eurosceptiques peuvent infirmer, que les fonds européens financent des projets régionaux de qualité et assurent la création de nombreux emplois? Depuis un demi-siècle, le Fonds Social Européen investit dans le capital humain, le Fonds Européen de Développement Régional promeut la cohésion économique et sociale et réduit l'écart de développement entre les régions. Le Fonds Européen d'Aménagement et de Développement Régional développe une politique au profit des zones rurales. L’Europe défend une valeur fondamentale: la solidarité. L'année 2010 est l' « Année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale ». Ce phénomène est muti-causal et il n'est pas l'apanage des pays les moins développés. A Paris, à Milan, à Barcelone, à Berlin, à Londres, les plus fragiles d'entre nous meurent sur les trottoirs dans l'indifférence totale des citoyens. Quant à la pauvreté, il y a toujours un décalage troublant entre les vœux pieux et les résultats des politiques menées.


L'Europe se meurt. Certains jours, les Européistes ont le sentiment d'avoir fait le tour du problème. Sinon, que faire demain, que nous n'ayons pas déjà fait?



Démocratement,



Pierre-Franck HERBINET sur Sauvons l'Europe


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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 21:20



                            Froh wie Gott in Frankreich (heureux comme Dieu en France)
. Est-ce à ce vieux dicton Germanique que pensaient les Allemands à la veille du vote du 27 septembre ?
En renvoyant la grande coalition CDU/SPD aux commentaires de l'histoire, les Bürger (les citoyens ) entre Rhin et Oder ont donné à Angela MERKEL un allié tout autant souhaité qu'encombrant.
Pour avoir confondu, le tout venant de la Sozial-Demokratie avec les exigences du socialisme, le SPD descendu à 23,1%, fait en cette circonstance son plus mauvais score depuis l'après guerre. Pour autant, avec 33,8% la CDU/CSU se retrouve dans la même situation, à la différence notable que nantie sur son flanc droit du FDP, elle se retrouve dans une configuration qui pour être délicate, lui laisse néanmoins libre le champs des réformes sociales

Et c'est bien là le 1er enseignement que nous avons à retenir de cette élection au Bundestag, celui d'une droite libérée des entraves de la cohabitation, et dont on attend avec curiosité, sinon inquiétude, les développements de sa nouvelle politique.

Le 2ème enseignement concerne le SPD au tapis et sa dégringolade dans les urnes, passant en quatre ans de 34,2% (un résultat déjà moyen à l'époque) à 23,1%, et perdant au passage un tiers de ses députés. Dans cette élection, plus que son score, c'est cette désaffection de ses électeurs traditionnels qui est à souligner. Cette désaffection qui par son ampleur aura profité autant à la droite qu'à ses partenaires de gauche, mais qui aura surtout permis d'établir un autre record, celui des abstentions avec un chiffre de 29,2, le plus important depuis 1949.


Le 3ème enseignement est à voir dans les bons scores réalisés par les partis (Die Linke et le FDP ) situés aux extrêmes d'un échiquier électoral qui compte désormais 5 partis capables d'influencer la vie politique Allemande.

C'est cette nouvelle offre qui obligera la politique Allemande à s'écarter de son tropisme des centres et des épisodes de cohabitation qui l'obligeaient à faire du surplace dans les grandes questions de l'heure.
Après avoir digéré le retour de ses provinces de l'est, puis celui de l'adaptation de son outil de production, l'Allemagne qui dans cet intervalle s'est dotée d'une politique basée sur des entreprises performantes et une balance des paiements excédentaire, se retrouve devant un nouveau dilemne :
" Nous n'avons pas d'alternative pour assurer notre propérité. Le marché intérieur est trop faible compte tenu du vieillissement de la population". 
Ce constat de Ulrich WILHEM, ex porte-parole d'Angela MERKEL, situe bien la nature du défit auquel aura à faire face l'Allemagne durant les prochaines décennies. Pour autant la politique prônée ces dernières années, basée sur des exportations fortes et des entreprises prospères, à de quoi faire réfléchir plus d'un, si l'on songe à ce que pourrait devenir l'attelage MERKEL et son ancien ministre de l'économie, Karl-Théodore zu GUTTENBERG associé aux exigences de Guido WESTERWELLE, le fantasque leader d'un FDP revenu au pouvoir.
On a connu récemment les affaires QUELLE et OPEL, et les solutions très libérales soutenues par Von GUTTENBERG. Qu'en sera- t- il demain, d'une troika probable MERKEL/Von GUTTENBERG/WESTERWELLE poussant aux feux d'une politique économique sans entrave ??

Pour avoir encouragé et même participé à une telle politique, le parti de Frank Walther STEINMAIER laisse dans la bouche de ses concitoyens plus que de l'amertume, eux qui se détournent désormais d'un parti qui a été également celui d'un Willy BRAND, d'un Helmut SCHMIDT, les figures tutélaires du renouveau de  l'Allemagne d'après guerre.
Pour autant, pour avoir connu tour à tour l'augmentation de l'âge de la retraite (de 65 ans à 67 ans), celui de la TVA (de16% à 19%), le quintuplement de ses intérimaires, et pour finir la baisse durable des salaires (-5% de 2002 à 2007), quel choix l'électeur lambda pouvait-il faire, sinon celui de voir ailleurs ou bien de s'abstenir ?
Il faudra au SPD, au vu de la désaffection de son électorat traditionnel , beaucoup plus que du courage ou de l'abnégation pour faire oublier à ses ex supporters la pillule de 12 années au pouvoir plombant durablement le marché intérieur Allemand avec ses cohortes de woorking poors.

Cependant, en signifiant par leur vote leur désir d'une Allemagne campant sur une puissance économique retrouvée, les Allemands n'ont- ils pas passé avec la CDU/CSU et le FPD un marché de dupes ?
C'est une question que beaucoup d'observateurs se posent, tant pour l'avenir d'une certaine redistribution des richesses produites au sein de la population Allemande que pour les conséquences d'une politique économique élaborée à l'écart des instances de l'Union Européenne.
Souvenons- nous de la déclaration de Angela MERKEL le 27 mai dernier à l'Université Humbold de BERLIN : "L'Allemagne a toujours considéré que l'unification de l'Europe fait partie de sa raison d'état", propos qui traduits dans le contexte actuel d'une Allemagne leader économique de l'Europe, donne à comprendre comme d'un agrément au traité de LISBONNE, traité symbole du statut quo de l'Union Européenne !
Cette nouvelle donne de la politique sera très certainement la question à venir, hantant les chancelleries Européennes, tout comme cette interprétation de l'arrêt du 30 juin 2009 de la cour constitutionnelle de KARLSRUHE.
Dans un article datée du 30 août dernier, nous nous interrogions sur le sens de cette décision, qui, quelle que soit son avenir, amène à formuler bien des réserves sur la capacité de l'Allemagne à demeurer un moteur politique de l'Europe puissance.
Un certain nombre de facteurs poussent à cette analyse :
Plusieurs générations se sont succédées depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, donnant au discours originel de la repentance une inflexion libérée de la proximité du temps de la tragédie nazie.
L'Allemagne d'aujourd'hui se veut un pays apaisé par son histoire, un pays exerçant pleinement sa souveraineté, un pays qui n'oublie rien de son passé mais qui assume tout de son présent, un pays enfin, qui faute d'une vision partagée sur l'Europe en vient à vouloir faire cavalier seul, en s'arc-boutant à la nostalgie d'un deutsch mark jadis tout puissant, celle de la politique économique triomphante du Chancelier Ludwig EHRARD, pour qui la recherche des profits devait passer par..."des facteurs motivants d'inégalités"...

Ce retour que l'on pressent vers une politique du "miracle économique Allemand" des trente glorieuses, va cependant rencontrer un contexte bien différent que celui de la guerre froide des années d'après guerre.
L'Europe de l'Est s'est libérée du joug soviétique, l'Amérique a perdu de sa superbe dans un monde multilatéraliste en devenir, et surtout  l'Europe continent s'est constitué en un grand marché, celui de l'Union Européenne.
Dans ce contexte, vouloir continuer sur la lancée d'excédents commerciaux records et de baisse continue du coût du travail, deviendra très vite une impasse, non seulement pour l'Allemagne, mais aussi pour l'Union Européenne, à commencer par le court terme du pacte de stabilité qui est au coeur de sa politique économique.
Un fin connaisseur des affaires Européennes comme Pierre JOUYET ne s'y est pas trompé. Président de l'autorité des marchés financiers après avoir été directeur du Trésor, il ne voit dans l'adhésion de l'Allemagne à la mise entre parenthèses du pacte de stabilité,  qu'une pure politique de circonstances, le temps pour ce pays d'assainir son économie et d'établir sans contrainte sa volonté de n'avoir de comptes à rendre qu'à lui même.

"Comme la France, nous voyons de plus en plus l'Europe comme un moyen et non comme un projet". Joschka FISCHER avec son art tout personnel de la provocation, n'est cependant, avec ce constat, pas loin d'une vérité qui tend à s'imposer non seulement en Allemagne mais également dans bon nombre des nouveaux pays de l'Europe des 27.
Dans une Europe devenant le grand bazar du monde, ce qui s'est joué au soir du 27 septembre, ressemble fort à un round décisif entre les tenants d'une Europe-puissance et ceux d'une Europe du grand marché où les politiques sociales n'auront d'autre intérêt que celui d'une cosmétique destinée à gommer les outrances des inégalités sociales issues d'un libéralisme triomphant.

Avec cette politique qui s'instaure sous nos yeux, que feront les partis socialistes Européens ? Que fera le SPD ? Le parti socialiste Français ? Le PSOE et tous ces partis socialistes, partis de gauche qui se réclament des valeurs socialistes et dont la seule action présente consiste à se diviser sur tout, faute de s'entendre sur l'essentiel : Celui d'une gauche inventive, soucieuse de justice sociale, au service d'une écologie centrée sur l'homme et de la production de richesses partagées ?

Francis Alexis HAMMER 




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