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Section Daniel MAYER Canton de Mundolsheim
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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 04:36

brustier

UNE PROPHETIE EUROPEENNE

Le 17 mai, jour de passation de pouvoir entre ministres, est parue dans le journal Le Monde une tribune porteuse d'une sombre prophétie qui mérite d'être relevée, tant elle pourrait plomber l'ambiance à l'échelle européenne, à l'heure où la gauche française fête une alternance si longtemps attendue.  

 

Titré « Entre l'UMP et le FN, les digues sont rompues »* et signé par le chercheur Gaël Brustier**, ce texte remarquable nous signale une recomposition de la droite française et la suppression des frontières entre le parti d'origine gaulliste et celui de Marine le Pen, avec les futures conséquences électorales que nous pouvons imaginer et que Gaël Brustier décrit en ces termes : « Les "digues" s'affaisseront vraisemblablement en juin mais devraient surtout s'effondrer au cours des élections locales de 2014 et 2015. Si plus rien ne peut empêcher la droite de suivre son destin, la seule question désormais est celle de la prise de conscience de la gauche française »

 Conséquence d'une stratégie politique initiée sous Nicolas Sarkozy, de l'évolution sémantique du discours FN et des perceptions culturelles et économiques de la mondialisation comme de la construction européenne, ce phénomène touche aujourd'hui à sa quintessence et produira bientôt ses fruits, avec d'autant plus de vigueur que le scrutin proportionnel l'y aidera. Fondé sur un repli identitaire d'origine économique et sociale, « la peur du déclin collectif et du déclassement individuel », il est d'autant plus prononcé que la gauche d'orientation sociale-démocrate a déserté depuis longtemps le terrain de ces préoccupations, s'engageant tant sur les voies du sociétal et du suivisme néo-libéral et européïste. Le constat dressé par Gaël Brustier s'appuie sur une analyse spécifique de la situation française, notant au passage qu'en dépit du succès de la gauche à l'élection présidentielle, le cumul des voix obtenues par l'UMP et et le FN fut supérieur lors du scrutin 2012 à celui de 2007, qui avait pourtant porté la droite sarkozyste au pouvoir.


UN PHENOMENE SE CONSOLIDANT DANS TOUTE L'EUROPE


Cet état de fait pourrait relever du simple épiphénomène s'il n'était aujourd'hui observable à des degrés divers dans toutes l'Europe, témoignant, selon l'expression de Gaël Brustier d'un « occidentalo-centrisme » délétère, dont les éventuelles conséquences ne laissent d'inquiéter. Tandis que la Grèce, à la fois engluée dans ses propres turpitudes et victime de la règle communautaire, s'est déjà livrée aux extrémistes de tous bords, allant jusqu'à offrir une véritable représentation au parti authentiquement néo-nazi « Aube Dorée », la Scandinavie, le Benelux, l'Europe de l'Est (Hongrie, République Tchèque etc...), succombent un par un aux sirènes d'une extrême droite qui, à l'image du Front National, a su infléchir sa stratégie ces dernières années, conjuguant ses traditionnels penchants xénophobes avec un discours de plus en plus social et noniste. Cette évolution s'est également portée sur la nature même du contenu xénophobe. Quand naguère, c'était l'étranger en lui-même qui était pointé du doigt, quand il ne s'agissait pas de la communauté cohabitante comme dans les Flandres, c'est aujourd'hui la corrélation entre l'origine et la religion supposée, notamment « arabo-islamique ». On a vu, dans un autre registre, lors de l'affaire « Merah », les confusions que cela pouvait engendrer, quand les autorités françaises, parlant des militaires assassinés, ont considéré à tort ceux-ci comme forcément « d'origine musulmane », au prétexte de leurs ascendances nord-africaines. Cette désignation de l'ennemi, conjuguée au repli identitaire et à la volonté de reconnaissance croissante des origines chrétiennes de l'Europe, se double d'une défiance de plus en plus prononcée vis-à-vis d'une technocratie européïste déconnectée, supposée vendue au monde de la finance ; entité sans visage mais également susceptible d'assimilation confessionnelle. On le voit dans le cas extrême de la Grèce où la situation économique et politique commence à se déporter sur des considérations antisémites, comme en Pologne où, parallèlement à un travail de mémoire national récent et salutaire sur l'origine de l'antisémitisme, les partis de droite et d'extrême droite n'hésitent pas à user à nouveau de l'élément judaïque, tant (et c'est une « tradition » en Pologne) pour revendiquer l'unicité chrétienne que pour fustiger certains problèmes économiques, en dépit de la croissance soutenue connue par le pays (3,9% en 2011 et 2,5% de prévision pour 2012). Ce phénomène est également observable en Suisse, pays prospère s'il en est, et non communautaire, mais victime de la peur bien connue de la contagion et dans lequel le parti d'extrême droite (UDC) est la première force politique, ayant réuni un peu moins de 30% des voix lors des deux derniers scrutins fédéraux.


AU ROYAUME DES AVEUGLES


Au niveau des principaux régimes européens, tous plus ou moins dominés par la droite libérale jusqu'à l'élection de François Hollande, le doute commence seulement à s'immiscer parfois, au milieu d'un océan d'aveuglement. Tandis que le gouvernement Allemand, pourtant en sursis, s'apprête à livrer une guérilla contre celui de Jean-Marc Ayrault, sur la renégociation du TCE, son Ministre des Finances Wolfgang Schäuble prédit sans rire une amélioration de la crise de la zone euro d'ici un ou deux ans, dans la poursuite des politiques d'austérité, et appelle à l'élection d'un véritable Président de l'Europe, élu au suffrage direct, sorte d'incarnation d'un pays qui n'existe pas et avance sans l'assentiment de ses peuples. Pendant ce temps, et dans le même ordre d'idée, l'ancien Président de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet, en visite à Washington, pour glorifier son bilan, plaide pour la mise sous administration européenne directe des pays incapables de mettre en œuvre les « préconisations » économiques de l'U.E. On le voit, le fossé déjà abyssale entre le regard porté par les citoyens, en France comme ailleurs en Europe, sur leur perte de contrôle identitaire et économique et les directions envisagées au plus haut niveau communautaire, ne peut que se creuser au profit des partis d'extrême droite qui font en partie leur lit sur le refus de la mondialisation et d'une Europe purement financière. Ce phénomène ne peut que s'aggraver si, à l'échelon national, des parties entières du territoire et des populations sont en butte à la suppression des éléments de cultures locales (auquel la télévision participe grandement), des services publics fondamentaux (éducation, sécurité, santé, justice) ainsi que des symboles républicains, et que les citoyens assistent désarmés à l'accentuation des inégalités au profit d'une élite (de droite comme de gauche) atteinte de cécité et prompte à s'absoudre de toute responsabilité dans la dégradation globale des choses.


UNE RESPONSABILITE EXCEPTIONNELLE


De ce point de vue, on comprend bien que la gauche Française, portée au pouvoir par la grâce du rejet de la personnalité de Nicolas Sarkozy, davantage que par une adhésion à son programme politique, joue aujourd'hui bien plus que sa simple crédibilité. Les premières mesures qu'elle adoptera, notamment en matière de sécurité, de service public et de justice fiscale, mais plus encore sa capacité à faire entendre une voix différente en Europe, à l'écoute des peuples et dans la contestation d'une vision purement technocratique et financière, auront des conséquences absolument déterminantes. Elles engageront tout simplement la survie de la raison républicaine et de la cohésion européenne et nécessitent d'être menée avec un sérieux et une gravité exceptionnels.


* http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/17/entre-l-ump-et-le-fn-les-digues-sont-rompues_1703127_3232.html

 

** Gaël Brustier est l'auteur de :

"Voyage au bout de la droite" avec Jean-Philippe Huelin : Mille et une nuits

"Recherche le peuple désespérément" avec Jean-Philippe Huelin : Bourin Editeur

 

Wuyilu Sur Agoravox

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 12:08

 

1483.jpg

 

Jean-Pierre Giran, député du Var, vient de remettre à la présidence de la République, le rapport consacré à l'amélioration du fonctionnement de la démocratie locale, issu de la mission qui lui avait été confiée, en juin 2011, par le chef de l'État.

Intitulé "42 propositions pour améliorer le fonctionnement de la démocratie locale", ses propositions se déclinent en trois axes principaux:
- renforcer la vitalité et la réalité du débat local, pour faire vivre la démocratie de proximité, en facilitant les conditions de participation et d'expression de l'opposition et de la société civile;
- encadrer et réguler davantage les collectivités locales;
- améliorer les conditions d'exercice des mandats locaux, en développant la transparence, en favorisant l'accès aux différents mandats, et en renforçant le statut et la sécurité des élus.
Il avance aussi des propositions concernant l'équilibre des pouvoirs dans les exécutifs locaux tel que confier la présidence de la commission des Finances à l'opposition dans les communes de plus de 3.500 habitants, en rendant obligatoire la création d’une commission des finances dans ces communes, ainsi que sa convocation avant toute décision budgétaire importante.
Il préconise aussi, dans les communes de 3.500 habitants et plus, d’organiser une fois par trimestre une séance du conseil municipal entièrement dédiée aux questions orales d’actualité, posées à l'exécutif municipal à parité par la majorité et par l’opposition. Une solution alternative consisterait à consacrer les trente premières minutes du conseil municipal aux questions orales d’actualité. Il suggère que «tout conseiller municipal ou communautaire qui, sans excuse suffisante, a manqué trois séances consécutives du conseil doit voir ses indemnités éventuelles réduites de moitié. Celui qui a manqué cinq séances consécutives doit être tout simplement révoqué et remplacé par le suivant de liste».
En ce qui concerne le cumul des mandats, le rapporteur propose qu’un «vaste débat national pourrait être organisé pour envisager une nouvelle réduction, voire l’interdiction totale, du cumul des mandats suivants: élu local (conseiller municipal – conseiller communautaire), élu territorial (conseiller territorial), élu national (député ou sénateur), élu européen (député européen)».

Pour télécharger le rapport (PDF, 369 Ko), utiliser le lien ci-dessous.

Liens complémentaires :
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics//124000092/0000.pdf

 

Sur Maire.info

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 17:43

 

 

  uropi-300x187.jpg 

 

Tous les jours on nous parle de nouvelles crises, de dettes nationales, de nouvelles catastrophes affectant ou menaçant l’Union Européenne: problèmes financiers et égoïsmes nationaux dominent et accaparent la scène.On ne peut toutefois pas réduire l’Europe à la dimension financière, l’Europe, c’est beaucoup plus que cela. C’est pourquoi je voudrais m’éloigner un peu de toutes ces crises pour vous parler d’une autre Europe, de l’Europe que j’aime: Europe des citoyens, Europe des langues et des cultures, Europe de la solidarité entre les peuples. Cette Europe-là n’est pas un mythe, elle existe déjà mais nous ne la voyons pas, bien qu’elle soit le fruit de 2 ou 3 mille ans d’histoire et de civilisation.

L’autre jour j’écoutais à la radio une interview de l’historien Pierre Nora sur l’identité nationale de la France (Le 22 octobre dans le « 7-9″ de France-Inter). Cette interview m’a beaucoup intéressé. Le sujet en était « le transfert d’une identité nationale vers une identité européenne qui se cherche ».

Identité nationale et européenne

Selon P. Nora, nous n’avons pas eu une identité nationale unique, mais « plusieurs identités nationales: une identité féodale, monarchique, révolutionnaire, républicaine; aujourd’hui on va vers une identité démocratique ». Cette nouvelle identité démocratique se caractérise par une « multiplicité de groupes ethniques et culturels – tous les groupes minoritaires qui ont conscience de leur propre identité et de leur propre histoire ». Il ne s’agit pas seulement des émigrés, mais également « des femmes, des provinciaux, des juifs, des ouvriers, des religieux, etc. minorisés par un état jacobin, qui ont besoin d’êtres reconnus dans ce qu’ils sont, dans leur identité ». Bien que nous puissions émettre quelques doutes quant à l’identité « nationale » féodale, les identités à cette époque étant plutôt bourguignonnes, normandes, bretonnes, etc., que nationales, ce qu’en dit P. Nora correspond à ce que nous avons toujours affirmé: toute identité est multiple, c’est l’unitas multiplex pour reprendre les termes d’Edgard Morin (Edgard Morin, Penser l’Europe, Gallimard, Paris, 1987) . Chacun d’entre nous a une identité multiple: personnelle, familiale, régionale, nationale, européenne, et pourquoi pas, mondiale. Pour P. Nora, l’identité européenne est « à la fois évidente et introuvable. Nous sommes tous européens scientifiquement, intellectuellement, pas linguistiquement, mais historiquement ». Il aurait pu ajouter culturellement.

Ainsi, si je comprends bien P. Nora, le seul obstacle à une identité européenne semble être la langue. Mais poursuivons: l’identité européenne « n’a pas de symboles. Les seuls lieux d’une mémoire europénne sont Verdun et Auschwitz, des lieux de deuil ».

L’histoire de l’Europe est déjà commune, simplement, nous ne le voyons pas parce que nos gouvernements nationalistes ont toujours fait tout leur possible pour nous le cacher et nous inciter à la guerre contre nos « frères » européens; nous voyons le résultat: Verdun et Auschwitz. Il me semble que l’on oublie un peu vite que la Renaissance italienne et que les Lumières françaises ont éclairé l’Europe toute entière. Que dans les brumes de Stratford, Shakespeare, rêvant d’Italie, écrivait Romeo et Juliette, Othello, le Marchand de Venise, que les Romantiques n’ont pas connu de frontières et que certains d’entre eux, comme Lord Byron ont combattu pour libérer la Grèce du joug ottoman, que Goethe, lui aussi, rêvait d’Italie « Kennst du das Land wo die Zitronen blühen ? » (Connais-tu le pays des citronniers en fleur ?), alors qu’ Apollinaire rêvait de l’Allemagne (Rhénanes). On oublie aussi que les princes d’Europe se mariaient entre eux et que les reines de France ont été Medicis, espagnoles, autrichiennes… que les rois de Suèdes sont les descendants de Bernadotte et que la reine Sofia d’Espagne est grecque. Que le roi Edouard III d’Angleterre était le petit-fils de Philippe le Bel par sa mère Isabelle, « la louve de France », et à ce titre, héritier plus légitime de la couronne que les rois Valois qui n’étaient que ses neveux… On pourrait même dire qu’il n’y a pas d’histoire de France, d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne… mais seulement l’histoire de l’Europe.

Mais n’y a-t-il pas de nouvelles générations d’Européens qui se considèrent comme européens ? P. Nora répond: « C’est le verre à moitié vide et le verre à moitié plein; nous sommes tous des Européens sans l’être ». Comment se forge une identité ? Selon P. Nora « c’est l’histoire qui la forge; il faut du temps et des épreuves communes ». Simplement le temps, c’est la seule chose que nous n’avons pas, que nous n’avons plus: l’Europe peut bien être détruite avant que nous n’ayons le temps de la construire, et la pression de la concurrence mondiale ne nous laisse pas un siècle pour nous forger une identité européenne. Il nous faut agir vite et bien.

Nous avons cependant déjà quelques symboles: un drapeau, un hymne (que peu d’Européens connaissent), une monnaie commune (aujourd’hui très critiquée, mais qui est quand même bien pratique lorsque l’on voyage en Europe). Pourtant l’importance de ces symboles est très relative; de toute manière, ils ne suffisent pas. Il nous faut des symboles beaucoup plus forts, des symboles qui requièrent un engagement de la part des Européens, la seule chose qui nous manque sur notre chemin vers une identité européenne, c’est à dire une langue commune. L’apprentissage d’une langue est un véritable engagement personnel, il demande beaucoup d’investissement aux apprenants, il leur permet de communiquer entre eux et par là, de créer un lien entre les Européens, lien qui n’existait pas auparavant. Comme dit Claude Hagège “l’usage d’une langue est vécu par l’individu comme un rapport fondateur, pourvoyeur d’identité, sinon d’accession à l’existence.” (C. Hagège. linguiste français, “Le pouvoir de la langue”, Courrier de l’UNESCO, Mars 1988)

 

Une origine commune

Une langue commune est l’outil dont nous avons besoin pour forger une identité européenne.

Mon propos est de fonder l’identité européenne sur la langue. Quel paradoxe, me direz-vous ! Il y a au moins en Europe au sens large, une trentaine de langues officielles, sans compter les langues dites « minoritaires » et les dialectes !

Tant mieux ! Cette diversité, c’est notre richesse; si, à l’instar des Etats Unis, nous n’avions qu’une seule langue, ce serait un dramatique appauvrissement culturel. Mais il nous faut aller plus loin; il ne faut pas que les arbres nous cachent la forêt. Lorsque l’on analyse cette diversité – et tous les linguistes le savent – on s’aperçoit qu’elle fourmille de points communs. Point n’est besoin, d’ailleurs, d’avoir un diplôme de linguistique pour s’en apercevoir: ça saute aux yeux du premier Européen qui découvre la langue de son voisin. Par exemple, école en anglais se dit school, tiens, ça ressemble à scolaire, en allemand Schule (qui ressemble à school) et tous à l’italien scuola, esp escuela, russe школа « chkola », etc. Ecrire se dit skriva en suédois, skrive en danois, qui ressemblent à l’italien scrivere, esp escribir, al schreiben, neer schrijven et même à l’albanais shkruaj.

Vous allez me dire: « il ne s’agit là que de quelques termes isolés, empruntés au latin, ça ne va pas bien loin ». Pourtant, ces emprunts sont beaucoup plus nombreux qu’on ne le pense généralement, beaucoup plus nombreux que les mots internationaux du type hôtel, taxi, café, téléphone, télévision, etc. Mais surtout, la principale caractéristique des langues d’Europe, c’est qu’elles sont issues, pour la plupart d’entre elles (à l’exception du basque, de l’estonien du finnois et du hongrois) d’un ancêtre commun, le proto-indo-européen (PIE), parlé il y a environ 5 à 6000 ans dans les steppes au nord du Caucase (The Horse, the Wheel and Language par David Anthony). Ce n’est pas un hasard si voir se dit videre en latin, vedere en italien et видеть »videt’ » en russe, widzieć en polonais, viděti en tchèque…: ils sont tous issus de la racine i-e weid-*, woida* = voir et savoir (je sais parce que j’ai vu: woida*) qui a également donné l’allemand wissen, néerlandais weten, danois vide, suédois veta = savoir, le sanskrit veda = savoir, connaissance, le grec είδω « eidô » = voir, etc. Ou si donner se dit en latin, et italien dare, en espagnol dar, en russe дать « dat’ », en tchèque dáti, en polonais dać, en lituanien duoti, letton dot, en sanskrit dádāti, en grec δίδωμι « didômi », en arménien dal, en perse dādan, en hindi dēna, en kurde dan: ils sont tous issus de la racine i-e do-*, didōmi* = donner.

Une langue commune

Nous avons donc une langue commune, ou plutôt, nos lointains ancêtres avaient une langue commune, car celle-ci s’est diversifiée en de multiples dialectes, suffisamment différents les uns des autres pour qu’on les appelle aujourd’hui langues étrangères.

Certains, comme Carlos Quiles , on tenté de ressusciter le proto-indo-européen pour en faire une langue moderne, ce qui n’est pas une mince affaire car le PIE était d’une grande complexité tant sur le plan grammatical (innombrables déclinaisons et conjugaisons) que phonologique. En outre l’Europaio (PIE ressuscité de Carlos Quiles) ne tient aucun compte de l’évolution des racines i-e à travers les siècles et les millénaires: certaines d’entre elles ont pratiquement disparu comme ekwos* , le cheval, qu’on ne retrouve guère en français que dans des mots empruntés au latin comme équestre, équitation. D’autres racines ont changé de sens et de forme à tel point qu’elles sont méconnaissables: qui penserait que quatre et vier en allemand, peder en breton et tessera en grec sont exactement le même mot ? Pourtant ils sont tous issus de la même racine kwetwōr*. La racine skəyō* couper, séparer donne σχίζω « skhizô » en grec, scindo en latin = fendre, mais également scio = savoir, et aussi le breton skoed = bouclier, l’allemand scheißen et l’anglais shit = déféquer, le lituanien skíesti = étendre, diluer (liquide), et le slave čistý (tchèque) = pur, propre, l’allemand Scheibe = tranche et Schiff, anglais ship = navire, etc. Comment s’y retrouver ?

Voilà pourquoi j’ai créé l’Uropi, une langue pour l’Europe.

Pour chaque mot créé, je suis parti de la racine i-e commune (à l’exclusion de celles qui se sont perdues), j’ai suivi son évolution à travers les siècles et à travers les langues pour aboutir aux termes contemporains. Chaque mot Uropi ou presque, est la synthèse de cette évolution. Pour certains mots, c’était facile, pour le soleil par exemple, sol en Uropi qui est la forme la plus simple et la plus commune qu’a pris la racine i-e sāwel* et qui correspond aux mots espagnol, catalan et scandinaves.

La racine weid-* (voir, savoir) a donné l’Uropi vizo (voir) qui tient compte de son évolution: al wissen (savoir), participe passé espagnol visto (vu), le grec είδα « eida » (j’ai vu, où le δ se prononce comme le th anglais de this) et surtout des termes secondaires comme vision, télévision, devenus très internationaux (par ex. tch televize, lit, cro, slo televizija, alb televizion, pol telewizja, pers telewizyun, kurde televizyon… d’où le « z ».

Contrairement à celle du PIE, la grammaire Uropi est la plus simple possible tout en restant à 100% européenne: toutes ses structures sont empruntées aux langues européennes modernes, par exemple, le présent de dormir (de la racine i-e swepmi* / swopeyō* = dormir > Lat sopor = sommeil > français soporifique):

i sop , tu sop, he sop, nu sop… = anglais I sleep, you sleep, he sleeps, we sleep…

Le passé en ì: i jedì = j’ai mangé = espagnol comí; italien finì (il a fini), catalan morí (je mourus = Ur. i morì)

Le futur: ve + infinitif: i ve veno = je viendrai = roumain voi veni, allemand ich werde kommen, anglais I will come, (+ futur proche français je vais venir & espagnol voy a venir). Le grec moderne θα αγοράσουμε (tha agorasοume) et le bulgare ще купим (chté koupim) = Ur. nu ve kopo (nous achèterons) ont une construction semblable.

La négation: I vol ne, je ne veux pas, = allemand ich will nicht, néerlandais ik wil niet

L’interrogation: Vol tu…? = fr. Veux-tu…?, = al. Willst du…?

La prononciation qui élimine presque tous les sons difficilement prononçables par la majorité des Européens, se rapproche de celle de l’italien.

Vers une identité européenne

A travers les racines indo-européennes communes, l’Uropi restitue aux Européens un patrimoine commun depuis longtemps oublié, tout en reflétant les langues européennes modernes. L’Uropi est à la fois un outil de communication, ce qui devient de plus en plus indispensable entre Européens et le ciment qui crée l’unité dans la diversité européenne. Une langue commune doit permettre aux Européens de s’identifier en tant qu’ Européens, de faire naître cette identité européenne qui nous paraît encore si lointaine car, comme le dit Claude Hagège (op.cit) « l’usage d’une langue est pourvoyeur d’identité ».

Selon P. Nora, historien, seule l’histoire confère une identité; il oublie la langue. Une histoire commune et une langue commune confèrent une identité. Nous avons déjà montré que nous avions une histoire commune – il suffit d’ouvrir les yeux pour s’en apercevoir – et aussi, sans doute, enseigner l’histoire autrement, dans une perspective européenne .

Il nous faut maintenant une langue commune. Histoire et langue… langue et histoire… histoire de la langue… histoire des langues européennes. L’étymologie de chaque mot Uropi nous raconte l’histoire des mots européens. C’est là aussi, dans ces mots pluri-séculaires voire pluri-millénaires, que réside l’identité européenne.

Aujourd’hui l’Europe et ses états-membres me font penser à ces tribus gauloises qui passent leur temps à se quereller alors que César est à leurs portes et les menace toutes. César aujourd’hui ce sont les nouvelles super-puissances et le danger n’est plus celui d’une conquête militaire, mais d’une conquête économique. Pierre Nora nous dit que l’identité est forgée par l’histoire et souvent dans un combat contre un ennemi commun. Aujourd’hui l’Europe doit livrer ce combat contre la crise financière: si nous combattons ensemble et unis, nous vaincrons et l’Union Européenne survivra, si au contraire nous sommes battus, l’Europe cessera d’exister, elle disparaîtra, sera dissoute dans la mondialisation.

Alors même que j’écris ces lignes, les gouvernements européens en réunion se révèlent incapables d’accorder leurs violons. Ils ne pensent qu’à leurs intérêts nationaux et électoraux; il n’y a aucune solidarité. Ils n’ont pas compris que nous sommes condamnés par l’histoire et la géographie, mais aussi par la culture et l’économie à vivre ensemble et à nous unir simplement pour pouvoir survivre. J’ai le sentiment que l’Europe est en train de se suicider. Que peut-on faire pour sauver l’Europe ? Pourquoi faut-il toujours que les financiers seuls décident du destin des citoyens européens pour ne pas dire des citoyens du monde ?

 

Joël Landais

Article publié en trois langues: Uropi – français – anglais sur le blog Uropi

 

 

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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 15:52

De Bismarck à Déroulède…

 

En comparant Angela Merkel à Bismarck, Arnaud Montebourg a non seulement commis une erreur historique, mais aussi une double faute politique. Comment ne pas comprendre en effet que l’avenir de l’Euro, et de l’Europe elle-même, dépend aujourd’hui de la capacité de la France et de l’Allemagne à travailler et proposer ensemble ? D’autant que loin d’être « nationaliste et arrogante », l’Allemagne bouge aujourd’hui, en réalité, plus que la France ! Comment ne pas voir ainsi que même la CDU, à son Congrès de Leipzig, a mis sur la table une vision de l’avenir de l’Europe (élection du Président de la Commission au suffrage universel, droit d’initiative législative donné au Parlement européen, etc) que l’on est loin de retrouver dans nos propres débats !

 

Sans doute devons-nous faire preuve de vigilance sur les risques d’une prise de pouvoir par les experts dont on ne saurait accepter qu’ils se substituent aux Parlements en matière budgétaire. Et François Hollande a eu raison de refuser une « judiciarisation des traités ». Mais peut-on en revanche reprocher à nos amis Allemands de ne vouloir consentir des efforts financiers supplémentaires qu’après avoir avoir obtenu de nouvelles garanties de la part de leurs partenaires ? N’est-il pas paradoxal de les « agresser » au moment où il faudrait au contraire se montrer créatifs et avancer des solutions, à 2 ou à 6, qui associent les Parlements – à l’instar de ce que vient de faire Jean-Louis Bourlanges, qui préconise par exemple que le contrôle des Budgets soit confié à des représentants de toutes les commissions des finances des pays engagés dans un processus de coopération renforcée ? Ne serait-il pas temps de suggérer de nouvelles avancées en matière d’intégration budgétaire et fiscale à l’Allemagne, plutôt que de lui renvoyer à la figure un rappel brutal de son histoire ?

 

Mais ces propos sont aussi malheureux au regard des enjeux de la campagne présidentielle. En se plaçant dans le camp des critiques de l’Allemagne, Arnaud Montebourg laisse à Nicolas Sarkozy le rôle du « responsable à la recherche de solutions avec notre partenaire incontournable » ! Or, que voulons-nous pour demain ? Une France qui s’isole ? Une Europe livrée à elle-même dont le destin ne nous concernerait plus en priorité ? Il est certain que la réponse au malaise européen ne viendra pas plus de déclarations à l’emporte-pièce que de petits arrangements improvisés, mais de propositions novatrices que notre candidat a heureusement commencé à formuler à Berlin ce lundi. Mais il lui faudra aller plus loin. Faire preuve de plus d’audace. Pour dire à nos amis Allemands combien nous comprenons leurs craintes mais pour leur dire aussi que la France ne pourra accepter de nouveaux transferts de souveraineté que s’ils s’accompagnent de progrès dans les domaines de l’intégration politique, fiscale et budgétaire.

 

Comment y parvenir, sinon en saisissant l’occasion qui nous est offerte par la crise de proposer la constitution d’une véritable union franco-allemande qui puisse sur le plan économique, comme sur le plan budgétaire, mettre en commun et partager les moyens indispensables à de nouvelles percées dans le domaine universitaire, industriel, technologique ou de la recherche ? Pourquoi ne pas consacrer une part de nos ressources, Français et Allemands et tous ceux qui le voudraient, à un budget commun consacré au financement de ces priorités ? Et pourquoi ne pas aller vers un véritable Gouvernement franco-allemand, ouvert à tous ceux qui voudraient s’y joindre, qui pourrait fixer sur des périodes pluriannuelles les grandes orientations de cette stratégie économique et budgétaire commune ? Pourquoi ne pas relancer la coopération renforcée en matière d’harmonisation fiscale, amorcée en particulier sur l’assiette de l’impôt sur les sociétés ? Voilà les pistes à partir desquelles l’Europe et la France, avec l’Allemagne et tous ceux qui voudraient s’y associer, pourraient retrouver un élan.

C’est en remettant notre histoire en marche que nous pourrons dire définitivement adieu à Bismarck comme à Déroulède…

 

Gaëtan Gorce sur son blog

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 09:24

 

 

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Décidément, Raffaele Simone avait tout vu dans son Monstre doux où il tentait de comprendre pourquoi l'occident vire à droite. Il expliquait comment le projet de gauche avait dû mal à se pitcher face à la droite. Hier, alors que mes étudiants me présentaient un exposé sur les élections espagnoles et concluaient (un peu aidés par le prof) sur le fait qu'il reste 3 pays à gauche sur 27 en Europe : Danemark, Chypre, Estonie. Ils me demandaient alors si la gauche pouvait regagner dans certains pays. Je leur répondais un grand sourire aux lèvres que lorsque je commençais à m'intéresser à cette problématique, la question se posait en sens inverse : Blair en Angleterre, Jospin en France et Schroeder en Allemagne, Prodi en Italie.

Face à ces sociales-démocraties très souples, acquises à l'économie de marché jusque dans l'aveuglement face aux privatisations et dans les résignations économiques ("le politique ne peut pas tout" de Jospin où la loi Hartz IV en Allemagne permettant de payer les chômeurs 1 euro de l'heure, debout la gauche...) la droite semblait dépassée. Depuis ? Explosion de la bulle Internet, de la bulle des subprimes, bref, décomposition totale des idéaux libéraux, l'économie casino est en banqueroute. La confiance a volé en éclats. Hayek, Friedman, Rawls. Tous perdants. Seul Warren Buffet avait vu juste, lui qu'on avait traité de has been car il ne voulait pas investir dans les starts up car il ne comprenait pas les implications humaines de ces business. Dix années à ignorer l'humain, à accumuler des richesses ultra privatisées tout en faisant payer les excès et chromes divers à tous les laborantins. Plus un échec des idées de droite, c'est impossible et impensable. Encore que, le pire n'est jamais certain et puis il ne faut jamais insulter l'avenir. Pourtant, pendant cette décennie, les pays ont viré à droite les uns après les autres. Seule exception notable, mais uniquement parce que nous sortions de huit années de Bush, Obama. Mais lui aussi n'échappe au double piège tendu aux forces de gauche, la double ornière dans laquelle les margoulins type Copé veulent enfermer leurs opposants: Khmers ou Bisounours.

Le premier crochet gauche consiste à ringardiser tout opposant en le traitant de Khmer : hausse d'impôts, fiscalité punitive pour les pollueurs, pour les entreprises qui licencient, qui discriminent, toutes décisions proposées au nom d'une certaine conception de la justice, sont systématiquement retoquées au motif spécieux qu'on voudrait priver les citoyens de libertés. Bon. Alors, les forces de gauche ont tenté un virage à 180°, tenter le coup de la société adulte, celle qui sait discuter, parler, se mettre d'accord. Mais alors, fors toute contrainte, on vole à plein dans les bisounours. Il n'est que voir l'accord sur le nucléaire entre le PS et les Verts, à ne rien décider, on mécontente tout le monde, on passe pour des benêts incapable de tenir sa ligne et en face, on compte les points, perdus et pour longtemps, ces points.

A choisir un mal, il n'y en a qu'un qui s'impose logiquement : les Khmers. La coercition est au coeur historique du projet de gauche. Elle a compris après Rousseau que non, l'homme n'est pas bon de nature, il est un loup pour l'homme. L'homme de gauche met une muselière à celui qui veut mordre un plus faible pour le manger. Si c'est ça être un Khmer, il faut assumer... 


Vincent Edin sur Culture Chronique

 

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 16:51

 

 

 

 

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1. Le concept de développement durable

Définition : un concept né en 1987 - diffusion : sommet de Rio 1992 "Le développement durable est le développement qui satisfait les besoins de la génération actuelle sans priver les générations futures de la possibilité de satisfaire leurs propres besoins" Rapport Brundtland (1987) Il doit permettre de conjuguer des objectifs de croissance économique, de cohésion sociale et de protection de l’environnement.

1.1 Le silence des socialistes

Lier croissance économique et progrès social : moteur historique du socialisme. Prise en compte du coût social ; "pour une économie de marché mais contre une société de marché" En revanche, prise en compte plus récente du coût environnemental "les thèmes développés par l’écologie sont du domaine du débat public et le PS les a trop longtemps sous estimés voire négligés en les sous traitant à leurs partenaires politiques" Arnaud Montebourg. Pas un mot durant les deux dernières campagnes.

1.2. Appropriation du concept par les socialistes.

 nombreuses contributions sur ce thème pour le congrès de Dijon. Toutes, sauf une intitulée le mythe du développement durable, considèrent le développement durable comme un projet réaliste.

Trois exemples :

 Contribution de Louis Le Pensec (CN du développement durable) : Le développement durable : une idée socialiste... Cette idée que l’homme doit être placé au cœur de tout projet de développement, que nous ne pouvons sacrifier ni le progrès social, ni notre environnement à la croissance comprend tout ce qui fait l’identité socialiste. Mieux elle l’enrichit et l’adapte aux exigences du temps présent.

 Géraud Guibert (commission environnement) La protection de la planète et le dvt durable au cœur du socialisme : "Le PS doit être pleinement écologiste avec le souci prioritaire de protéger le patrimoine commun de l’humanité. C’est une nécessité pour mieux appliquer les valeurs de progrès qui ont toujours été portées par les socialistes : primauté de l’homme et du vivant, lutte contre les inégalités, solidarité, justice et démocratie."

 Gabriel Amard (CN) Les voies du développement durable "Synthèse du socialisme et de l’écologie, le développement durable remet les citoyens et les pouvoirs publics au centre de l’action publique. Et nous oblige à redéfinir un nouveau mode de développement qui soit solidaire et pérenne. Au service d’une ambition le développement humain."

1.3 Prise en compte de cette évolution par la motion de François Hollande.   ( Elle définit les orientations du PS pour les trois ans à venir.)

La motion de François Hollande défend une claire hiérarchie des normes dans les règles mondiales. Ainsi, l’OMC ne doit plus se placer au-dessus des autres organisations internationales comme l’OIT ou l’OMS. Au contraire, les droits sociaux, la protection de l’environnement, les normes bioéthiques, le droit à la santé doivent être supérieurs aux règles commerciales. Elle proclame par ailleurs que le capitalisme doit être dominé par la démocratie et que le pouvoir des citoyens doit être plus fort que celui des actionnaires.

Les types de propositions :

réguler le capitalisme (les plus nombreuses et les plus largement partagées), modifier notre système de production et de consommation. En revanche pas de réflexion sur le risque d’occidentalisation du monde.

1. Réguler le capitalisme

Roger Fauroux , ancien ministre du gouvernement Rocard déclarait qu’il fallait "renforcer face à cette pure énergie qu’est le capitalisme, le seul pôle où s’expriment des valeurs collectives : je veux dire l’Etat ". L’échelon national reste pertinent mais, en ce qui concerne le développement durable, si des avancées sont possibles c’est surtout au niveau européen et au niveau mondial.

2.1 Réformer les institutions internationales

La motion prône une réforme des institutions internationales (FMI, Banque Mondiale, OMC…) fondée sur la transparence, la démocratisation et le contrôle parlementaire ainsi que la création d’une agence mondiale de l’environnement
 coordination de leurs missions et de leurs initiatives sous l’autorité de l’ONU

2.2 Préserver certains biens et services de la marchandisation.

 Instaurer une exception "service public" pour empêcher ces institutions d’imposer privatisations ou libéralisation des services publics, ce qui est en train de se faire dans le cadre de l’Accord Général sur les Commerces et les Services. (AGCS). Exiger zéro demande et zéro offre dans des secteurs essentiels comme l’eau, la santé, l’éducation, la culture, l’environnement, l’audiovisuel, les services de communication, les transports, l’énergie. Cette négociation est un enjeu crucial pour l’avenir des services publics car tous sont concernés sauf le service public de l’administration. Risque de libéralisation complète de ce qui fait le modèle social franco-européen.

 L’accès à l’eau : Faire de l’eau un bien public mondial et affirmer le droit à l’accès à l’eau comme un droit universel garanti à tous.

2.3. Dégager de nouvelles ressources pour l’aide au développement.

0,7% du PIB (0,3 % actuellement), annulation de la dette des pays les plus pauvres, taxe sur les transactions financières internationales (les socialistes proposeront que l’Union soit la 1ère zone s’appliquant à elle-même cette taxe) …

3.  Modifier notre système de production et de consommation

3.1 - Modifier nos pratiques de consommation.

Baisser la consommation d’énergie : on ne peut défendre les accords de Kyoto sans remettre en cause nos pratiques de consommation les plus détestables. Promouvoir la mise en place d’agendas 21.

3.2- Sortir du productivisme

 Europe : Pour une autre agriculture. Une réforme indispensable (Jean Glavany) : combat pour le découplage des aides de la PAC par rapport à la production, afin de lutter contre le productivisme et encourager les bonnes pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Le système des aides de la PAC est inadapté et injuste dans la mesure où il est proportionnel à la production. "Plus tu produis, plus tu touches" 80% aides pour 20% des exploitations.

3.3 Faire confiance aux chercheurs.

Pour réduire le coût d’utilisation des énergies renouvelables par exemple.

4. Respecter la diversité du monde

4.1 Définir des aires géographiques pertinentes de régulation économique.

(Claude Saunier, sénateur des côtes d’Armor, Une autre mondialisation est possible). Les économies s’organisent plus efficacement en grands ensembles régionaux mieux adaptés aux réalités de terrain . Les dogmes libéraux (comme l’abaissement des droits de douane) brisent les économies émergentes .

4.2 Identifier les vrais besoins des peuples.

Tous les peuples aspirent-ils (dès maintenant ?) à adopter notre mode de développement ?

 Ce n’est pas ce que pense Aminata Traoré (ancienne ministre de la culture au Mali) "Le développement même durable n’est qu’un mot clé et un mot d’ordre de plus. Il est d’autant plus redoutable qu’il permet la poursuite de la mission "civilisatrice" des puissances coloniales mais cette fois avec la complicité des élites locales qui à leur tour leurrent et assujettissent leurs peuples. Les investissements lourds dans des infrastructures coûteuses et loin d’être toujours nécessaires et qui ajoutent à l’encours de la dette extérieure, continuent d’être la priorité de la plupart d’entre eux." (Le Monde diplomatique, septembre 2002) En fait, cette politique détruit les solidarités locales et paupérise encore un peu plus l’Afrique.

 Encourager les micro projets portés par les citoyens. Promouvoir le rôle des OSIM (Organisation de solidarité internationale issue de l’immigration). 718 répertoriées en France, 291 constituées par des migrants originaires de la vallée du fleuve Sénégal. Actions prioritaires pour ceux-ci : l’hydraulique qui regroupe le plus de projets (198 en 1998), la santé et l’éducation , respectivement 33 et 31 projets)

Conclusion : "Un autre monde est possible"

Aujourd’hui, tout le monde parle de développement durable aussi bien les entreprises que des hommes de droite.

Aussi faudra-t-il les juger non sur les discours mais sur les actes. Donner un débouché politique, c’est à dire au niveau des gouvernements et des parlements, à l’expression des revendications élaborées dans les ONG et les forums sociaux, telle est la volonté du PS français et nous espérons que ce sera celle du PSE. Cependant, rien ne se fera sans la pression de l’opinion publique internationale. Il faut plus que jamais former et informer les citoyens.

"Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est chemin." Kierkegaard Je ne sais pas si nous sommes sur le bon chemin mais en tout cas ce ne sera pas facile !

Dossier réalisé par Nadine Jeanne, Conseillère municipale de Puteaux et Membre du Conseil fédéral, à l’occasion d’un débat organisé par les Verts de Neuilly, dans le cadre de la journée mondiale de l’environnement. Publié en juin 2003 sur le site de la section PS de Puteaux

 



 

 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 17:43

 

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Le sénateur-maire de Lyon estime qu’en cas de victoire de la gauche, “il faudra une opération vérité sur les finances publiques”. “Je conseillerais au candidat du Parti socialiste d’avoir des actes forts en matière de transparence et de probité”, affirme également Gérard Collomb.

 

À moins d’un an de l’élection présidentielle, considérerez-vous, que le PS est toujours le parti du “toujours plus d’État”, comme vous l’écrivez dans votre livre* ?
Dans le projet du Parti socialiste, il y a une analyse de l’endettement de la France et de la nécessité de le prendre en compte. C’est une bonne nouvelle, car cela nous oblige à trouver des recettes supplémentaires et à continuer de sérier les dépenses. Mais globalement, je regrette que le projet soit encore très interventionniste, avec une confiance totale faite à l’État, par exemple, sur les fonds nationaux d’investissement. Or l’efficacité de l’action publique gagnerait à être régionalisée.

Le réalisme économique et budgétaire du projet du PS ne va donc pas assez loin, selon vous…
Ce n’est pas aujourd’hui que l’on peut dire exactement ce que l’on fera une fois arrivé au pouvoir. Il y aura une opération vérité et on regardera en détail l’état des finances publiques.

Le Président élu devra-t-il lancer un grand audit des finances publiques ?
Oui, un audit sera indispensable. Il faudra une opération vérité sur les finances publiques. Ces dernières années, il y a eu la tentation de faire en sorte que notre dette ne soit pas trop apparente. Pour ne pas être en dehors des clous, on a planqué des dettes qui ressortiront à ce moment-là.

Le cadrage budgétaire du PS vous paraît-il crédible ?
Le projet du PS n’est pas encore parfaitement cadré, mais il y a des efforts pour se rapprocher de politiques que l’on pourra mettre en place. Pour moi, il y a deux priorités : l’économie et le social. Plus précisément, l’investissement dans l’innovation et la “déghettoïsation” de nos quartiers, notamment en Île-de-France.

C’est le fameux plan Marshall des banlieues, souvent évoqué, jamais mis en œuvre…
Oui, sans doute, mais avec une action particulière en Île-de-France, où la superposition des échelons territoriaux, des centres de décision est un élément aggravant. Il ne s’agit pas seulement de débloquer des crédits, mais de changer les structures.

Quel regard portez-vous sur la Révision générale des politiques publiques (RGPP) ? Le projet du PS est très critique, mais n’envisage pas de retour en arrière…
Il fallait faire la RGPP, mais pas de cette manière, appliquée de la même façon à tous les services de l’État. Certains ont besoin de moyens supplémentaires, par exemple la police et la gendarmerie. Nous devrons revisiter cette politique à la lumière de nos priorités.

Placez-vous l’éducation au rang des priorités ?
Aujourd’hui, dans l’éducation nationale, nous arrivons à l’os en matière de suppressions de postes. Là aussi, il faudra regarder un peu les choses. Et notamment mettre la priorité sur l’école dans les quartiers difficiles.

La suppression de 100 000 postes de fonctionnaires depuis 2007 est-elle une hérésie, selon vous ?
Je constate que des services doublonnent encore, notamment entre les collectivités locales et les services de l’État. Il faudra donc regarder secteur par secteur. Il y a sans doute des endroits où l’on peut supprimer des postes de fonctionnaires et d’autres où il faudra en créer.

Le statut de la fonction publique est-il un tabou pour l’esprit libre que vous incarnez au PS ?
Ce ne serait pas ma première priorité. Sur les retraites, la flexibilité de l’emploi, j’ai déjà fait des propositions audacieuses. N’ouvrons pas trop de fronts… Je dirais simplement que la fonction publique a besoin de gagner un peu en souplesse.

Dans votre livre, vous vous en prenez à la conception très jacobine du pouvoir de Nicolas Sarkozy. Est-ce vraiment nouveau pour un Président de la Ve République ?
Avec Nicolas Sarkozy, on atteint des sommets. Par rapport aux territoires, sa politique est aussi très centralisatrice. Par exemple, la création des agences régionales de santé (ARS) a été une façon de recentraliser, avec des patrons d’ARS placés sous la tutelle directe du ministre. Il a vraiment une conception très verticale du pouvoir, alors qu’aujourd’hui, un bon gouvernant est celui qui sait animer un réseau.

Diriez-vous que Nicolas Sarkozy ne connaît pas les territoires ?
Nicolas Sarkozy connaît la région parisienne et en particulier les Hauts-de-Seine, mais il n’a jamais marqué un intérêt fondamental pour les régions. Chirac et Mitterrand avaient une meilleure connaissance du terroir, certes un peu trop départementaliste à mon goût…

Réclamez-vous une nouvelle étape dans la décentralisation ?
Oui. Nous aurons besoin d’une nouvelle loi de décentralisation, mais pas uniforme. Pour moi, il faut casser l’uniformité sur tout le territoire et tenir compte de la réalité socioéconomique des territoires.

Que faites-vous de la réforme des collectivités locales adoptée sous ce quinquennat ?
Je garde la partie sur les pôles métropolitains. En revanche, il faudra abroger tout ce qui concerne le conseiller territorial. C’est une réforme électoraliste et dangereuse, parce que le conseiller territorial, désormais élu sur une base microélectorale, aura tendance à privilégier son canton. Il se moquera des grandes politiques transversales régionales.

Quelles sont les propositions du PS sur l’articulation des pouvoirs locaux ?
Aujourd’hui, je reconnais que le PS est faible en matière de propositions. Je pense qu’il faut faire évoluer les régions. J’aimerais qu’en Rhône-Alpes, la Drôme et l’Ardèche fusionnent. Dans le Rhône, où l’agglomération lyonnaise couvre les deux tiers du département, on ferait une communauté d’agglomération du côté du Beaujolais, une autre du côté de Tarare [au nord-ouest de Lyon, ndlr] et nous n’aurions plus besoin du département. Mais attention, le département reste utile et cohérent dans des territoires comme la Lozère ou la Corrèze, par exemple.

C’est une organisation à la carte ?
C’est une autre conception des choses. On aime trop les jardins à la française bien nets : tout le monde pareil ! Et bien ce n’est pas ce que font les autres, par exemple l’Allemagne, avec une grande diversité des territoires. Il faut que la réalité institutionnelle s’adapte à la réalité socio-économique des territoires.

Le gouvernement doit présenter en juin un projet de loi pour prévenir les conflits d’intérêts. Comment expliquez-vous la recrudescence de ce soupçon sur les affaires publiques ?
Sans doute parce que l’État est plus engagé dans la vie économique qu’il y a quarante ans. À l’époque du général de Gaulle, les liens avec les grands groupes privés étaient plus limités… Il faut donc adapter nos règles. L’imbrication entre l’économique et le politique demande de mettre en place des garde-fous plus importants. Vous avez une influence déterminante sur la vie des entreprises quand vous êtes au sommet de l’État. Mais je reste persuadé que le meilleur garde-fou, c’est théoriquement l’élu lui-même. Celui qui veut vraiment truquer, il y arrivera. Après, chacun fait son travail : la police, la justice, les journalistes…

Faut-il revenir sur certaines règles de simplification, concernant les marchés publics par exemple ?
Dans ce domaine, il faut peut-être repréciser les choses, mais une fois pour toutes, car on ne peut pas changer les règles tous les ans. Au niveau local, je dois vous dire qu’on sature un peu. J’ai dû par exemple doubler mon service juridique depuis je suis maire…

Nicolas Sarkozy avait fait campagne en 2007 sur la “République irréprochable”. Ce thème sera-t-il toujours d’actualité en 2012 ?
Bien sûr. Je conseillerais au candidat du Parti socialiste d’avoir des actes forts en matière de transparence et de probité, avant la campagne et après. J’ai une formation de lettres classiques, j’ai été formé dans l’idéal des consuls à romaine, qui tenaient leur mandat pendant deux ans et rentraient labourer leurs terres… Cela peut paraître une vision d’arrière-garde de la fonction élective, mais c’est ma vision. C’est quand Rome s’est abandonnée à trop de laisser-aller qu’elle s’est perdue.


 

* Et si la France s’éveillait… (Plon, 2011).

Dates clés
1947 Naissance à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire)
1970 Professeur agrégé de lettres classiques
1977 Conseiller municipal de Lyon
1981 Député PS du Rhône
1986 Secrétaire national du PS
1989 Membre du Conseil économique et social
1992 Conseiller régional de Rhône-Alpes, secrétaire général de la fondation Jean-Jaurès
1995 Maire du 9e arrondissement de Lyon
1999 Sénateur du Rhône
2001 Maire de Lyon, président de la communauté urbaine du Grand Lyon
2006 Président de l’Association des communautés urbaines de France
2008 Réélu maire de Lyon au premier tour et à la présidence du Grand Lyon.

 

Bruno Botella sur Acteurspublics.com

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 09:30

Pénible découverte dans Le Monde ce jour que la tribune –   Point de vue dans la rubrique Savoirs (ça ne s’invente pas) – de Valérie Pécresse, intitulée Cinq conditions pour désendetter le pays. L’appellation Point de vue est bien généreuse, ou pudique, pour ce qui s’apparente plus à un tract de propagande gouvernementale, et qui déchaîne d’ailleurs les commentaires furieux des lecteurs du quotidien.


 

Je ne développerai pas ici ce qui a été largement expliqué cette semaine, chez plusieurs confrères blogueurs et au sein de l’opposition par François Hollande en particulier – ce qu’il y a d’éminemment comique à voir une majorité prêcher l’abstinence budgétaire, après avoir généreusement plombé les comptes publics. Le papier de Valérie Pécresse tombe bien évidemment sous le coup de la même critique. Mais l’intérêt de cette opération de communication, pour moi, est ailleurs : elle présente, par le menu, les grands traits de la campagne et du discours de Nicolas Sarkozy dans les mois à venir.

 

Prendre de la hauteur.

 

On a beaucoup glosé sur la représidentialisation d’un Nicolas Sarkozy qui s’attacherait à rompre avec les « casse toi pov’ con », les « avec Carla, c’est du sérieux » et autres accès d’hyperactivisme qui ont fini par lasser ceux qui l’avaient élu. Dans ce papier, Valérie Pécresse, ministre débutant sur son poste, n’hésite pourtant pas à prendre la pose professorale, voire arbitrale, et à dicter des « conditions » pour cadrer le débat sur la dette. Ou comment passer du statut d’acteur à celui de juge au-dessus de la mêlée – et donc mécaniquement au-dessus du lot. Responsable pour deux, face à la démagogie de l’opposition.

 

Noyer les responsabilités.

 

La crise, divine surprise pour les sarkozystes ? Elle leur permet en tout cas d’une part d’échapper au bilan de leur seule action – tout est la faute de la crise – et d’autre part de se mettre en valeur comme défenseurs du pays dans une conjoncture mondiale difficile. Devant l’urgence, il n’y a plus vraiment de responsabilité individuelle, ni de divergences idéologiques : « En France comme partout en Europe et aux Etats-Unis, la réduction de la dette publique s’impose comme une priorité absolue […] [pour] les responsables politiques, de droite comme de gauche ». La situation française n’est plus qu’une déclinaison locale d’une problématique générale, bien plus grave que les futiles divergences partisanes et politiciennes.

 

La page blanche. « Notre dette […] est le fruit de 25 années de facilité, durant lesquelles les déficits ont été considérés comme un mal nécessaire, quand ils n’étaient pas purement et simplement ignorés ». Mais le RPR-UMP, et Nicolas Sarkozy, n’ont-ils jamais été au pouvoir, n’ont-ils jamais exercé de responsabilités budgétaires ? Il faut lire très attentivement ce texte pour y trouver des indices de l’identité des occupants actuels de Matignon et de l’Elysée : François Fillon n’apparaît que comme adversaire des « hausses d’impôts », Nicolas Sarkozy n’est évoqué que pour le « plan de relance » qu’il a mis en place contre la crise, et pour la fameuse « règle d’or » qu’il appelle à voter. Insister le moins possible sur le bilan de 2007-2012, essayer de prendre l’initiative politique pour éviter le débat sur ce dernier : refaire du candidat Sarkozy un homme neuf.

 

L’amnésie sélective.

 

Le corollaire de la page blanche. Dans l’exposé des sources de la dette – la crise d’une part, l’Etat trop dispendieux d’autre part – la question des recettes (et de leur baisse) n’est jamais évoquée. Quid du bouclier fiscal, des heures supplémentaires défiscalisées, du cadeau fait aux restaurateurs avec la TVA ? Pourquoi ne plus défendre ou mettre en avant ces mesures jadis emblématiques du sarkozysme triomphant, millésime 2007 ?

 

Le protecteur.

 

« Soutenir le pouvoir d’achat des foyers les moins favorisés […] protéger les Français et les entreprises de la brutalité de la crise ». Qu’il est loin le temps de la rupture ! Protéger les Français, également, de l’impôt, qui reste le grand mal socialiste : « L’impôt ne peut résoudre » l’équation réduction du déficit + augmentations budgétaires, « sauf à atteindre des montants que les ménages et les entreprises ne pourront pas absorber ».

 

TINA.

 

Il n’y a pas d’alternative, c’est le message tout entier de cette tribune, qui multiplie les expressions de l’obligation et de l’impossibilité : « s’impose », « devront » / « devra », « passe nécessairement par », « impérativement », « nous ne pouvons pas » … On liste une série de contraintes substantialisées qui conduisent à une conclusion simple : pour qui d’autre voter que pour celui – quels que soient les griefs que l’on a à son encontre – qui mène le navire national par gros temps, et par le seule chemin possible ? La grande peur de la dette sert le TINA libéral, qui sert à son tour le TINA sarkozyste : il n’y a pas d’alternative politique sérieuse au sortant.

 

 

Romain Pigenel sur Variae

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 16:55

 

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Inventer à gauche est un cercle de réflexion politique, réformiste et européen.

 

L’ambition d’Inventer à gauche (IAG) est de renouer avec la société civile, les acteurs sociaux, les territoires et les villes, car c’est à travers leurs forces et leurs propositions que la gauche de gouvernement prend tout son sens.

 

Inventer à gauche a fêté sa deuxième année d’existence en janvier 2011. Au cours de ces deux années, nous avons animé de multiples réunions et rencontres ouvertes (sur la crise économique et financière, la politique de la ville, l’économie verte, les banlieues, l’énergie et l’avenir du nucléaire civil…).

 

Les dîners d'IAG sont l'occasion pour nos membres de questionner un journaliste politique invité sur des thèmes d’actualité (Jean-Marie Colombani, Luc Bronner, Laurent Joffrin, Claude Askolovitch, Nicolas Domenach...).

 

Les 2es Rencontres nationales d’IAG se sont déroulées à Strasbourg, le 22 janvier 2011, autour du thème « La France, l’Allemagne et la crise européenne». Avec plus de 400 participants, cette journée d’échanges et de débats entre sociaux-démocrates allemands et socialistes français a débouché sur un texte d’orientation sur l’avenir des relations franco-allemandes, cosigné par des responsables allemands et français.

 

Nous sommes heureux de vous adresser en pièce jointe ce document qui synthétise les débats et propositions avancées lors de ces 2es Rencontres nationales d’Inventer à gauche.

 

 

Vous en souhaitant bonne réception.

 

Bien amicalement,

 

 

Michel DESTOT

Président d’Inventer à gauche

Roland RIES

Sénateur-maire de Strasbourg

Catherine TASCA

Vice-Présidente d’Inventer à gauche

Alain BERGOUNIOUX

Vice-Président d’Inventer à gauche

Roger GODINO

Vice-Président d’Inventer à gauche

Alain RICHARD

Trésorier d’Inventer à gauche

Dominique de COMBLES de NAYVES

Secrétaire général d’Inventer à gauche

 Site Internet : http://www.inventeragauche.com/ 
 
 

Toute publication, utilisation ou diffusion
doit être autorisée préalablement.


Vous pouvez consulter le site de l'Assemblée nationale à
l'adresse suivante : http://www.assemblee-nationale.fr
iag-fes-2emesrencontresstrasbourg.pdf iag-fes-2emesrencontresstrasbourg.pdf
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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 10:57

MONTHUBERT-Bertrand_500_01.jpgDévoilé par Martine Aubry le 5 avril 2011, dans la perspective de l’élection présidentielle, le projet du parti socialiste (PS) défend l’idée d’un "nouveau pacte éducatif entre les professeurs et la Nation" et affiche la volonté de "donner une nouvelle ambition à l’enseignement supérieur". Secrétaire national à l’enseignement supérieur et à la recherche, Bertrand Monthubert revient sur les grandes lignes du projet pour ces domaines. En attendant que des mesures concrètes soient précisées lors du "Forum des Idées sur l’enseignement supérieur et la recherche" qui se tiendra à Toulouse le 18 mai 2011.

 

Quelles sont aujourd’hui selon vous les priorités en matière d’enseignement supérieur ?

La priorité des priorités, c’est d’augmenter réellement et fortement la qualification dans notre pays. Alors que nous vivons actuellement une "récession étudiante", avec une baisse du taux de poursuite d’études des bacheliers, le projet du parti socialiste vise à redresser la France par le développement d’emplois qualifiés. Certes, les entreprises ont une influence en la matière, mais les politiques publiques ont aussi un rôle à jouer.
Il faut sortir de la mentalité élitiste, très ancrée en France, qui fait que l’on donne beaucoup de moyens aux meilleurs étudiants, et peu aux autres. Aujourd’hui, il est totalement hypocrite de dire que tout le monde a sa place à l’université sans se donner les moyens que les étudiants réussissent. Aussi voulons-nous renforcer l’encadrement pédagogique : il faut sortir des amphis surchargés pour aller vers un travail en petits groupes. Il s’agit aussi d’augmenter le nombre d’heures de cours hebdomadaires.

Les emplois du temps actuels permettent cependant à de nombreux jeunes d’avoir un emploi pour financer leurs études. D’autre part, comment financerez-vous ces heures plus nombreuses ?

Nous proposons de mettre en place une allocation autonomie, sous conditions de ressources. L’objectif n’est pas l’absence totale de travail étudiant, mais d’éviter que celui-ci ne pénalise les études, et de permettre aux jeunes de passer le cap de la vie adulte, par exemple en allant également vers une imposition des jeunes à 18 ans, indépendamment de leurs parents.

"Nous lancerons un plan pluriannuel de création d’emplois scientifiques, de 1000 à 2000 postes par an"

Parallèlement, nous lancerons un plan pluriannuel de création d’emplois scientifiques, financé en réorientant certaines dépenses, en particulier le crédit impôt recherche. Ce plan vise à créer 1 000 à 2 000 postes d’enseignants-chercheurs par an, sans oublier les personnels administratifs. Cela permettra de mieux encadrer les étudiants et de redonner une réelle attractivité aux métiers de la recherche.

Et comment rendre l’université elle-même plus attractive ?

Outre l’amélioration de l’encadrement, nous voulons investir dans les locaux d’enseignement et de recherche. Réorienter les financements du plan Campus devrait permettre de dégager des marges de manœuvre : au lieu des partenariats publics-privés, très lents à se mettre en place et très coûteux pour l’Etat, nous voulons privilégier la maîtrise d’œuvre directe, et rééquilibrer les investissements sur l’ensemble du territoire.

Le projet du PS prévoit aussi de "mieux former" les étudiants. De quelle manière ?

En ce qui concerne les filières généralistes, l’idée est que la spécialisation soit plus progressive, en particulier en sciences humaines et sociales. Il ne s’agit pas de dispenser les mêmes cours aux étudiants de toutes les filières, mais d’associer plusieurs disciplines en première année de licence (comme cela se fait souvent en sciences dures), afin que les étudiants découvrent autrement chacune d’elles, et acquièrent une base de connaissances plus large.

"Il faut améliorer l’orientation
afin d’éviter les stratégies
de contournement"

Par ailleurs, nous souhaitons développer les formations technologiques et professionnelles, par exemple en augmentant le nombre de BTS et de DUT. Mais il s’agit aussi d’améliorer l’orientation afin d’éviter les stratégies de contournement et pour que chaque étudiant puisse choisir sa filière en fonction de son véritable projet. Cela permettrait notamment de libérer des places dans les filières courtes.

Vous prônez également un rapprochement entre les différentes filières de l’enseignement supérieur.

Effectivement. Contre la concurrence complètement délétère qui existe aujourd’hui, nous voulons non seulement poursuivre le rapprochement entre universités et grandes écoles, enclenché il y a une vingtaine d’années, mais en y incluant aussi les BTS et classes préparatoires, qui restent aujourd’hui un système parallèle, complètement gérés par les lycées.
Le rapprochement se ferait dans le cadre de Réseaux d’enseignement et de recherche territoriaux. Contrairement aux PRES (Pôles de recherche et d’enseignement supérieur, ndlr), ces réseaux laisseraient une large place à la formation, et associeraient un ensemble de filières plus large, avec aussi les formations du domaine médico-social. La collégialité et la démocratie y serait également plus forte, ce qui permettrait aux acteurs de terrain de vraiment d’approprier ces structures.

Les propositions du PS pour le secondaire

- Au collège : définition de nouveaux programmes et réforme du socle commun des savoirs et des compétences "pour qu’à côté des enseignements généraux, une place notable soit faite à la culture technologique et professionnelle"

- Au lycée : évaluation de la réforme menée par Luc Chatel, avec notamment la volonté "que la voie professionnelle soit celle de la réussite à part entière, par l’insertion professionnelle immédiate ou une poursuite d’études dans les formations adaptées de l’enseignement supérieur"

- Financements : "modulation de la dotation de moyens, non par zones, mais par établissement en fonction des catégories sociales", ce qui devrait permettre d’accroître les taux d’encadrement des établissements des quartiers populaires

- Orientation : création d’"un véritable service public de l’orientation, unifié du secondaire jusqu’au premier cycle universitaire" : il s’agit notamment de nouer davantage de liens entre les universités et les lycées (interventions d’universitaires dans les lycées, rencontres entre enseignants des différents établissements…). Par ailleurs, tous les élèves devront réaliser "au moins un projet scolaire en lien avec le monde du travail".

- Carrières : revalorisation des métiers des professionnels de l’éducation et lutte contre la "précarisation des personnels", réflexion sur l’organisation du service des enseignants (en y incluant par exemple l’accueil des élèves et des familles ou les travaux en petits groupes), refonte de la formation des enseignants et des personnels.

 

Documents utiles

 Sophie Blitman sur Educpros.fr

 

 

 

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Published by Parti socialiste Mundolsheim - dans Réflexion Politique
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