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Section Daniel MAYER Canton de Mundolsheim
Fédération du Bas Rhin du Parti Socialiste
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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 13:08

 

 

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Lors du Conseil des ministres du 22 juin, le ministre de l’Economie et des finances et le ministre chargé du Budget ont présenté un projet de loi portant règlement des comptes et rapport de gestion pour l’année 2011.
Le projet de loi de règlement confirme un déficit budgétaire de l’Etat de 90,7 milliards d’euros, en recul de 58 milliards d’euros par rapport à 2010. Le résultat patrimonial de l’Etat s’élève, quant à lui, à -86,5 milliards d’euros, soit une réduction de 23,5 milliards d’euros par rapport à 2010.

La forte réduction du déficit budgétaire tient principalement à trois facteurs:

  • «le dynamisme des recettes fiscales, supérieur à celui des dépenses (9 milliards d’euros); 
  • «l’absence d’opérations exceptionnelles qui avaient fortement pesé sur le déficit 2010 (44 milliards d’euros); 
  • «les recettes exceptionnelles liées au remboursement anticipé des prêts aux filières automobiles (4 milliards d’euros)».
Hors effets exceptionnels, l’amélioration du déficit est inférieure à 10 milliards d’euros. En conséquence, la situation du budget de l’Etat reste très dégradée. Le Gouvernement présentera début juillet un collectif budgétaire afin d'atteindre l’objectif de déficit retenu pour 2012.
En outre, aujourd’hui, le Premier ministre réunit le Gouvernement à Matignon pour séminaire sur la stratégie pour les finances publiques 2013-2017.

Voir le communiqué de presse du Conseil des ministres.
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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 08:46

 

 

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  1. Alors que l'avenir du site de PSA Peugeot Citroën à Aulnay-sous-Bois est en suspens, L'ACSA (association des collectivités sites de l'automobile) publie un livre blanc sur l'avenir de la filière automobile en France avec en guise de conclusion 5 propositions pour restaurer la filière automobile.  
  1. Engager une restructuration paritaire de la filière, notamment entravaillant sur la fiscalité automobile. Le but est de la rendre plus verte et plus apte à soutenir les efforts des constructeurs français etdes collectivités.
  2.  
  3. Progresser vers une mobilité durable et accessible à tous.
  4.  
  5. Mettre en place les programmes de recherche transversaux et la miseen réseau des acteurs de la filière pour redonner à l’industrie automobile française et européenne une avance technologique décisive par rapport à ses concurrents mondiaux.
  6.  
  7. Contribuer très activement à l’émergence de nouvelles chaînes devaleur et de nouveaux ensembles d’acteurs capables :de porter une croissance automobile verte, de construire et valoriser à l’international le savoir-faire français dans ce domaine.
  8.  
  9. Regagner 500 000 véhicules / an ; en renouvelant l’approche dumarché par les segments B, B2 & M1. Retrouver une situation d’excédent commercial qui permettra de ne pas fermer de sites.
  10.  
  11. « Endiguer » les risques de délocalisation vers les Nouveaux EtatsMembres

 

 

Lire la circulaire

 

http://ml.acteurspublics.com/link/?id=165404&md5=9bc079e8292173789a9e9bb0dae01b4a

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 11:42

villes-france.gif

 

François Marc (sénateur du Finistère) et Pierre Jarlier (sénateur du Cantal), rapporteurs spéciaux de la mission « Relations avec les collectivités territoriales », ont présenté à la commission des finances du Sénat, le 13 juin dernier, leurs propositions pour la poursuite de la révision des valeurs locatives des locaux professionnels. Un rapport sera prochainement rendu public.
Le bilan dressé sur la base de l’expérimentation menée dans cinq départements et remis au Parlement en janvier 2012, avait en effet abouti à une relative impasse, et soulevé plusieurs questions auxquelles les rapporteurs ont tenté de répondre en proposant une démarche en deux étapes.


La première étape devrait intervenir dès la discussion de la loi de finances rectificative en juillet 2012. Elle permettra d’apporter aux mécanismes de révision actuels les adaptations indispensables à la poursuite des opérations concernant les locaux professionnels : mise à l’écart des locaux industriels, neutralisation des effets de la révision sur la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) et certains locaux des associations, report d’un an du calendrier initial.
Les rapporteurs proposent également à la commission des finances un dispositif de lissage, sur cinq ans, des évolutions à la hausse et à la baisse des cotisations, au-delà d’un seuil fixé à 10 % de la cotisation ou 200 euros.


La seconde étape devra être franchie lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2013. Elle a pour objectifs de renforcer le rôle des collectivités territoriales volontaires dans le contrôle de l’assiette de la taxe foncière, en développant les partenariats avec l’État, et surtout, doit permettre d’engager la révision des valeurs des locaux d’habitation.
Selon le calendrier présenté, l’expérimentation de ce volet de la révision des valeurs locatives pourrait débuter au second semestre 2013 en vue d’une entrée en vigueur des valeurs révisées en 2016, sur la base d’un rapport de bilan prenant en compte les conséquences sur les dotations de l’Etat et fonds de péréquation.
Pour ces deux sénateurs, ce calendrier assurerait un délai minimal entre les deux volets (professionnel et habitation) des opérations de révision. Il autoriserait aussi la suppression rapide des mesures transitoires (coefficient de neutralisation) et garantirait la cohérence de cette réforme.

 

 

Sur Fédération des Villes Moyennes 94 rue de Sèvres - 75007 Paris
Tél. : 01 45 44 99 61 Fax : 01 45 44 24 50


http://www.villesmoyennes.asso.fr

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 10:17

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En Charente, ils sont 117 à prêter de l'argent, ruraux, urbains, enseignants comme paysans, militants qui se retrouvent autour de valeurs de solidarité. «La crise financière est passée par là. De plus en plus de gens refusent que leur argent serve à spéculer sur les marchés financiers. Moi, je veux savoir ce qu'on fait de mon argent»,dit Marie-Jo Pécout-Vrignon.


Basée à Soyaux, cette ancienne institutrice est la bénévole active de la Nef (Nouvelle économie fraternelle), coopérative qui collecte de l'épargne et octroie des crédits pour financer des activités professionnelles et associatives à des fins d'utilité sociale et environnementale. «A la Nef, les prêts sont transparents, les sociétaires orientent leur épargne vers le secteur de leur choix, logement social, agriculture biologique, transports propres etc..»

Ils sont dix pour le moment au sein du club, dont trois anciens chefs d'entreprise. Ici, chaque membre épargne un minimum de 7,50 € par mois. Environ 500 € sont ainsi épargnés collectivement et mensuellement. «Investir n'est pas un gros mot, reprend Jean-Yves le Turdu. Il faut démystifier le monde de l'argent, dire «ça nous appartient» et ne pas tout attendre des dirigeants politiques


Une économie très loin du CAC 40, portée par des militants dont les ambitions visent la création d'une vraie banque européenne solidaire. Une économie qui s'inscrit dans la mouvance de CIGALES (Club d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale de l’Epargne Solidaire) une structure de capital risque solidaire mobilisant l’épargne de ses membres au service de la création et du développement de petites entreprises locales et collectives (SARL, SCOP, SCIC, SA, association, …).

Chaque Club est constitué de 5 à 20 personnes qui mettent une partie de leur épargne en commun. Il se réunit plusieurs fois par an pour recevoir les créateurs, décider de leur placements et affecter cette épargne collective au capital des entreprises.

C’est un lieu d’échanges et d’auto-formation sur les questions économiques et de développement local, où investisseurs et porteurs de projet font l’expérience d’une économie socialement responsable et solidaire.

Le club a une durée de vie de 5 ans, prorogeable une fois. Au terme de sa vie, il procède à la liquidation de son portefeuille, au prorata des apports des cigaliers.


Contact

Fédération des CIGALES
61 rue Victor Hugo
93500 PANTIN
Tél : 01 49 91 90 91

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 08:02

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crise de la dette ? Non un système social à l’agonie ! 1ère partie

 

« La crise de la dette », expression mise à toutes les sauces pour justifier la destruction de tous les acquis sociaux arrachés par des décennies de combat du peuple laborieux, puisque l'origine de la dette serait d'après, les experts autoproclamés, la « surconsommation des états, des services publics, de la protection sociale et des particuliers.

 

D'après ces mêmes experts il faudrait en conséquence réduire les déficits budgétaires par la réduction du nombre de fonctionnaires, par la réforme de la sécurité sociale et de la retraite, en facilitant les licenciements des salariés du privé trop protégés par le code du travail et les conventions collectives, bref, en détruisant l'ensemble des acquis sociaux arrachés par les travailleurs.

Il s'agit là d'une mystification tentant d'accréditer l'idée que la « résorption » de la dette est une cause sacrée dans laquelle tous doivent s'engager sous peine de voir disparaître le modèle sociale que nous connaissons.

Cette crise qui déstabilise en profondeur l'économie, les institutions, les gouvernements, est-elle vraiment la crise de la dette ? Serait-elle fondamentalement différente, par sa nature, de toutes les crises précédentes ?

Si la dette française est le résultat de la surconsommation d'un état protecteur, comme le répètent à l'envie les pseudos experts, quand est-il des USA dont dette est dix fois supérieur à la dette française ?

Aucun expert ne pourra prétendre que la dette américaine est le résultat des dépenses d'un état socialement protecteur.

La crise de la dette n'est pas une exclusivité des pays riches ou pauvres, protecteurs socialement ou pas du tout, elle touche l'ensemble des nations, et partout les pseudos experts et les gouvernements aux ordres du capital international préconisent les mêmes remèdes : tailler dans le vif des nations, privatiser les services publics, renforcer les exonérations patronales, licencier les fonctionnaires, baisser les salaires, augmenter la précarité.

En juillet 2011, en pleine crise grecque, les portes-paroles de l'impérialisme américain ont exigé que les gouvernements européens prennent des mesures urgentes pour éviter « que la crise se propage de la périphérie de l'Europe ( la Grèce) vers le centre, et de là vers le reste du monde ». malgré ces exhortations, la crise n'a cesser de se propager et d'amplifier.

Cette crise de la dette n'est-elle pas au contraire la démonstration de l’exacerbation de la décomposition du système capitaliste fondé sur la propriété privée des moyens de productions ?

La crise de la dette qui n'est pas celle des peuples ne saurait justifier que les peuples et le mouvement ouvrier soient subordonnés au remboursement de la dette ou à la résorption des déficits budgétaires qu'elle génère. Mais encore faut-il cerner les mécanismes de la dette.

 

Qu'est-ce qui distingue la crise actuelle ?


La crise actuelle se distingue des précédentes par le volume jamais atteint de la dette publique, généralisé à l'ensemble des états, y compris les plus puissants. La dette publique mondiale, est de plus, concentrée entre les mains de détenteurs privés ( fonds de pensions, banques etc), lesquels imposent des taux d’intérêts exorbitants, créant donc une situation où le paiement des intérêts de la dette devient impossible pour la plupart des états concernés. Il en découle que des nations souveraines sont à la merci d'investisseurs privés, lesquels investisseurs privés agissent envers les états endettés comme n'importe quel banquier envers une famille ouvrière endettée, qui vendant à l'encan les bijoux de familles, qui privatisant les services publics. Arrivé à ce stade, la dette et le système de crédit qui l'a engendrée apparaissent à juste titre comme un instrument de mort et de destruction. En particulier de destruction massive de la classe ouvrière, par le biais notamment de la destruction des forces de productions.

 

À l'origine de la dette, le crédit.


Comme décrit ci-dessus, la crise de la dette résulte de l'impossibilité grandissante pour les nations de rembourser le crédit et ses intérêts usuriers. Depuis principalement la crise grecque, il devient indiscutable que le remboursement de la dette et de ses intérêts devient un instrument de mort et de destruction des forces productives. (Les forces productives regroupent les instruments de la production, la force de travail des hommes, les objets du travail, les savoirs et les techniques en vigueur, l'organisation du travail).

Mais il n'en pas été toujours ainsi. Avant d’être un outil de destruction, le crédit à jusqu'à une certaine époque contribué au développement des forces productives.

 

Le crédit à permis dans une certaine mesure l'accroissement des forces productives


Le crédit est né du systèmes des traites entre commerçants et producteurs. Puis il est devenu un système de crédit entre capitalistes portant sur le règlement des marchandises. Mais avec le développement du système capitaliste, le crédit s'est transformé. Du crédit à court terme, on est passé au crédit à long terme pour financer les investissements capitalistes : achat de machines, création d'usines, d'infrastructures etc etc.

Donc au 19ème siècle et jusqu'à une certaine époque , le système de crédit a permis de développer les forces productives en finançant les investissements et cela tant que le capitalisme se trouvait dans une phase d'expansion et d'extension du marché mondial.

Dans ce cadre, le crédit assurait pleinement le rôle dévolu au capital : produire de la plus-value, sous la forme d'intérêts à percevoir, en anticipant la création de valeurs non encore produite et leur écoulement sur le marché.

Mais l'anticipation de création de valeur comportait déjà le risque que la valeur ne se réalise jamais. Le 19ème siècle est émaillé de crises cycliques plus ou moins graves, de faillites bancaires, d'investisseurs ruinés. Ces crises découlaient d'une part de la lutte incessante entre capitalistes pour la domination du marché mondial, d'où la nécessité d'imposer des conditions effroyables au peuple laborieux pour en extorquer le maximum de plus-value et d'autre part, de la lutte des travailleurs pour un meilleur niveau de vie.

Mais dans le cadre du marché mondial en expansion, le capitalisme était à même d'absorber jusqu'à un certain point le résultat de la lutte des classes en les répercutant dans la croissance escomptée.

 

Avant de se transformer en force destructive


Aujourd'hui la planète entière est soumise au marché, le capitalisme ne peut plus se développer par la conquête de nouveaux marchés, la guerre fait rage entre capitalistes transnationaux concurrents pour s'imposer exclusivement.

Des masses gigantesques de capitaux ne trouvent plus à s'employer dans les conditions normales de l'exploitation capitaliste. Par des moyens artificiels, la classe capitaliste se doit de dégager des nouveaux champs de profitabilité.

L'industrie du crédit et donc la croissance exponentielle de la dette qui en découle est devenue aujourd'hui l'un de ces principaux moyens. Son déploiement à cette échelle disloque l'économie mondiale car il faut « inventer » des champs nouveaux pour l'investissement de capitaux en mal de profitabilité, il faut créer le besoin de crédit au delà des limites « acceptables » pour aboutir en définitive aussi bien à la crise des « subprimes » que à l'endettement des états au delà des limites supportables. Mais cette extension sous toutes ses formes de l'économie du crédit et de la dette entraîne des conséquences immédiates sur les conditions mêmes d'existence des masses laborieuses, autrement dit sur les conditions de l'exploitation de la force de travail.

Pour bien s'en convaincre, il ne faut pas perdre de vue que les intérêts de la dette ne sont que des prélèvements par anticipation sur la plus-value extorquée à la classe ouvrière.

Garantir coûte que coûte le retour sur investissement implique que les conditions d'extorsion de la plus-value soient aggravées dans des proportions considérables et que les activités de production insuffisamment rentables soient impitoyablement éliminées.

C'est ainsi que par la remise en cause de la valeur du travail, par la baisse des salaires ( précarité etc), la remise en cause des conventions collectives, des statuts, par les délocalisations, la désindustrialisation, que le gonflement de l'économie de la dette a abouti à la situation actuelle.

Ce système du crédit qui à permis dans un premier temps l'accélération du développement matériel des forces productives, s'est transformé aujourd'hui en un système qui accélère la destruction matérielle des forces productives et la dislocation du marché mondial. Et, au premier rang de la destruction en masse des forces productives, la principale d'entre elles : la force du travail du prolétaire.

 

Chapoutier sur Agoravox

 
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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 09:41

Le conseil général a annoncé le 27 février 2012 3000 créations d'emplois d'ici à 2014 grâce au projet TerraLorraine, un pôle d'affaires et d'activités technologiques sino-européen de 230 000 m2

 

L’annonce de l’implantation sur la plate-forme multimodale d’Illange du projet TerraLorraine, qui doit créer 3 000 emplois d’ici à 2014, a créé une heureuse surprise dans un contexte économique marqué par la tourmente de la sidérurgie mosellane.      

 

150 millions supportés par des partenaires privés

 

Quelque 200 PME et PMI chinoises y implanteront leur siège européen et recruteront en moyenne 1,5 salarié. Le conseil général de la Moselle, le conseil régional de Lorraine et les chambres consulaires recensent d’ores et déjà les besoins en formation pour pourvoir les futurs postes dans les domaines du secrétariat commercial, de la logistique et de la manutention.

 

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Spécialiste de l’accueil d’investissements étrangers, le conseil général de la Moselle récolte ainsi les fruits d’une patiente « pêche au gros » conduite au plus près des marchés asiatiques depuis plusieurs années.      

 

Bureau de représentation permanent depuis 2008

 

Implanté en 2008, un bureau de représentation permanent de la Moselle a permis d’amorcer le projet finalisé en toute discrétion après la mission conduite en Chine en novembre 2011.       La stratégie consistant à aménager des zones d’activité à forte valeur ajoutée, puis à les laisser vacantes jusqu’à ce que s’y pose un projet internationalement mobile, s’avère une nouvelle fois payante.
En 1995, la disponibilité de l’Europôle de Sarreguemines avait favorisé l’implantation de la Smart à Hambach.

 

Sur la Gazette.fr     

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 09:12

L’agenda de la guerre, comme disent les Américains, est avant tout établi par la guerre économique – « celle qui fait rage et qui ne dit pas nom » avait dit feu Mitterrand – et plus encore la guerre monétaire qui suit ou accompagne comme son ombre la faillite structurelle globale. Un système en faillite parce qu’intrinsèquement pervers, basé sur le mensonge et la dette. Autant dire sur l’usure et la création de richesses virtuelles, c’est-à-dire inexistantes ailleurs que dans les jeux d’écritures informatiques, lesquelles génèrent à chaque seconde de prodigieux flux d’argent imaginaire… celui-ci se convertissant pourtant à l’arrivée en puissance bien réelle entre les mains de ceux qui le possèdent ! Une réalité “virtuelle“, celle de la « Matrice » systémique : 40 mille mds de $ telle est la masse de l’économie réelle, 700 mille mds $, vingt fois plus, tels sont les fonds circulant chaque année dans la tuyauterie télématique des places financières !

Dans la matrice systémique nous baignons dans le liquide amniotique du mensonge

Depuis 1971 et l’abandon de la convertibilité « or » du Dollar, avec la déréglementation galopante et les taux de changes flottants, les États-Unis ont bénéficié d’un système monétaire taillé sur mesure pour leur unique profit. Dispositif qui, s’il n’était pas celui d’un État soutenu par le consensus d’élites converties au fétichisme libéral, serait celui d’une organisation criminelle et mafieuse.

Aujourd’hui, les É-U reconvertis en faux monnayeurs, inondent la planète de $ dont la seule valeur est celle du papier ayant servi à les imprimer. Leurs établissements financiers avec la bénédiction du Département du Trésor ont corrompu les dirigeants des pays, notamment ceux d’un Vieux Continent tiers-mondisé, afin qu’ils endettent leurs pays, donnant en gage les biens nationaux dont ils ont l’administration et le devoir de conservation… tel est le piège tendu par Goldman Sachs et où est tombée la Grèce !

L’Agence centrale d’espionnage et de guerre subversive, autrement appelée CIA, a pour sa part produit de la monnaie « parallèle » – de vrais faux dollars – pour servir ses desseins dans les soubassements de l’économie criminelle : stupéfiants, armes, corruption active… Quant à l’État fédéral américain proprement dit, il a fait imprimer ab libitum des bons du Trésor qu’il se rachète à lui-même…. La liste est longue des 
méfaits et des forfaits perpétrés par le pays le plus obscène… et le plus prude de la planète hors ses alliés wahhabites du Qatar et d’Arabie saoudite ! Ou ses agents djihadistes et salafistes d’Al Qaïda qui, de l’Afghanistan à la Syrie en passant par la Bosnie, le Kossovo, l’Irak, le Liban, le Soudan, la Libye et ailleurs, ont servi avec un zèle tout religieux les noirs desseins de l’Amérique glauque des bas-fonds de Brooklyn sur le grand échiquier de la « domination mondiale ».

Faut-il encore parler des falsifications des statistiques économiques qui font des É-U, ce parangon de vertus démocratiques, l’émule de l’ex Union soviétique où toutes les données publiées étaient carrément fausses ? Ainsi le Pib américain serait de 35% inférieur aux chiffres officiels. D’ailleurs les Chinois, dans leurs estimations et prévisions, utilisent un Pib américain amputé de moitié ! Ce qui en gros ferait que la dette des É-U atteindrait 200% du Pib réel, c’est-à-dire revu à la baisse. Idem pour les établissements financiers et bancaires dont les bilans sont le plus souvent falsifiés par cinq compagnies de certification parties prenantes du “système“ : on l’a bien vu en 2008 avec l’effondrement, lors de la crise des “crédits hypothécaires à risque“ [subprimes], des deux sociétés de crédit les mieux cotées du marché, Freddie Mac et Fannie Mae, ainsi que la Banque Lehman Brothers. Mais auparavant l’Affaire Enron avait déjà amplement démontré le trucage d’évaluations de complaisance.

Ajoutons qu’aux É-U depuis mars 1988, le « Working Group on Financial Market » oriente, pour ne pas dire « manipule » la bourse suivant les indications de la Réserve fédérale… un consortium de banques privées, qui tente (et y parvient… là est le paradoxe et le comble, mais le roi n’est-il pas nu ?) à se faire passer pour une association à « buts non lucratifs ». Manipulation également des cours de l’or, de l’argent et des métaux précieux officialisée en 1999 par le “Washington Agreement on Gold”. Accord prévoyant que 19 banques centrales, principalement européennes dont la Suisse, mettent chaque année à la vente d’importantes quantités d’or (400 T en 2009) afin d’encadrer le cours de ce métal… Pareillement, les cours des Matières Premières industrielles ou agricoles sont extensivement refaçonnées grâce à des produits dérivés ad hoc et autres outils spéculatifs.

Toutes manipulations ayant un objectif facilement repérable : donner le change et l’apparence vu de loin, pour les non initiés, à la solidité d’un édifice financier et monétaire dominé par les É-U et sa monnaie, le Dieu Dollar. Mais tout cela n’est évidemment qu’un village Potemkine fait de carton de pâte badigeonné de trompe-l’œil à la détrempe, décors dont l’écroulement prévisible risque bien de tous nous entraîner dans sa chute finale. Si ce n’est déjà fait !

Guerre monétaire

En novembre 2008, à l’occasion du G20, la Chine populaire se faisant le porte-parole des Pays émergents (Brésil, République sud-africaine, Inde…) a pris position contre l’actuel système, demandant qu’à la référence Dollar soit désormais substituée un panier de Matières Premières (Or, Ag, Pétrole, etc. ) comme étalon de la valeur fiduciaire. Au début de l’année 2011, les réserves chinoises atteignaient 2847 mds de $ ce qui donne la mesure et le poids des recommandations émises par Pékin. Mais le projet chinois n’est pas le seul et aide d’ailleurs à mieux comprendre la bataille de l’or, beaucoup d’État, et non des moindres préconisant de revenir d’une façon ou d’une autre à l’étalon or ou à des systèmes mixtes associant au métal des bouquets de monnaies…

La Chine a ainsi pu contrebattre la politique de la Réserve fédérale et des banques centrales cosignataires du « Washington Agreement on Gold » en achetant chaque année « dix fois » la quantité d’or mise sur le marché par les banques occidentales, interdisant simultanément toute exportation d’or et d’argent tout en en autorisant les sociétés chinoises à se placer le cas échéant en défaut de paiement sur les produits dérivés afférents aux Matières Premières dont il apparaît qu’ils sont institutionnellement instrumentés à l’instigation du Trésor américain.


On comprends au tracé de ce tableau assez consternant de la situation fiduciaire mondiale, que les États, américain, anglais, européen par le biais de la BCE, et tous par le truchement de l’Otan, se mobilisent et organisent des guerres pour maintenir le monopole d’accès et de commerce sur les richesses de ce monde… Encore que le pouvoir financier ne soit certainement pas l’ultima ratio du système, celle-ci relavant in fine de la guerre sociobiologique dont l’argent et sa puissance ne sont que l’un des moyens ou que l’une des expressions.

En tout cas, la guerre de Libye aura permis de faire main-basse sur les réserves d’or de la Jamahiriya libyenne, tout comme la guerre de 2003 aura permis de piller la banque centrale irakienne dont les réserves en $ ont été évacuées par une noria d’avions cargos. Les dettes publiques soigneusement organisées avec la complicité de classes politiques compradores, cyniques et démagogiques au-delà de toutes limites, auront de leur côté permis de pomper les biens patrimoniaux, les ressources et les réserves de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne mais aussi de la France mise à l’encan.

Aujourd’hui les « camps » sont bien dessinés : les États-Unis, Israël, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Turquie et la ligue arabe forment une « coalition d’intérêts » à peu près soudés face à l’Iran, allié à la Syrie et au Liban, soutenu autant que faire se peut par la Chine et la Russie. Les positions de l’Irak, du Pakistan et de l’Inde sont condamnées à davantage d’oscillations en raison d’intrications d’intérêts de plus en plus denses et complexes… quoi qu’il en soit les peuples qui les composent ont conservé des tropisme plus ou moins indélébiles, l’Inde avec la Russie, le Pakistan avec la Chine. À défaut de guerre ouverte, la guerre des matières premières, la manipulations de leurs cours, la dictature de plus en plus insupportable du $ change peu à peu les équilibres… Cela n’est pas en faveur de l’Occident en crise, quels que soient ses talents en matière d’ingénierie financière car les guerres peuvent se gagner et en même temps sonner le glas final de la puissance.

 

Par Camus sur Agoravox

 

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 08:47

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Où l’on apprend que les exportations allemandes en zone euro sont en berne, frôlant cette année celles de 2002. Cette baisse, autour de 5%, sera sans doute de plus de 7% à la fin 2012. Jusqu’ici, tout va bien, quoi que le sud européen semble bouder les produits allemands d’autant plus qu’une campagne discrète mais efficace appelle à leur boycott. Faute de pouvoir jouer sur la monnaie, les grands argentiers misent sur la baisse spectaculaire du prix du travail en Espagne, au Portugal et surtout en Grèce, c’est-à-dire les pays qui avaient déjà les salaires les plus bas de la « vieille Europe ». Et cela ne s’arrêtera pas. Les prévisions du FMI s’accordent à une reprise en Grèce, où les ouvriers et autres salariés sont désormais corvéables à merci. Que disent les ouvriers allemands, qui verront dans les cinq ans qui viennent une délocalisation massive de leurs entreprises vers cet eldorado du sud pour leurs hommes d’affaires ? Ils vont manifester à perdre haleine puis, pour garder leur boulot, ils vont accepter des coupes drastiques à leurs salaires, déjà faméliques. Ensuite, on prendra l’exemple allemand pour imposer les mêmes coupes en France, au nom de la compétitivité, de l’harmonisation et de la lutte contre les délocalisations. 


Tandis que les regards se portent sur une campagne présidentielle et les mensonges effrontés du discours sur le travail, les grandes manœuvres pour limiter à des miettes sa rémunération ont commencé au sein de l’espace Schengen. Tandis que l’on continue à parler de bonus et de stock options, voir de bulles spéculatives spécifiques en se demandant quand vont-elles éclater, on passe sous silence le fait que l’ensemble de l’humanité est débitrice, via l’emprunt, de plus de 90% de la masse salariale mondiale. Celle-ci, est dix fois plus importante que le produit mondial brut (PMB), détenu à 80% par moins de 800 entreprises, leurs filiales et leurs intérêts croisés. En d’autres termes, le discours sur la productivité, le coût du travail ou le chômage et les réponses spécifiques et nationales proposées ne sont plus que des problèmes marginaux, des gadgets électoraux, des manœuvres éhontées qui cachent cette réalité et utilisent la « crise » pour uniformiser (du moins en Europe) les salaires par le (très) bas. En effet, la volonté forcenée d’extirper la monnaie de la loi d’or du capitalisme, celle de l’offre et de la demande aboutit à une accumulation de celle ci, à une bulle incluant toutes les autres avec les quelles on « joue » pour imposer une pensée politique précise : payer moins le travail, démanteler l’ensemble des services publics qui « coutent de l’argent » tandis que ce dernier, du fait même son accumulation et de son abondance devrait être bon marché. Entre temps les pays continuent à pratiquer des politiques de « rigueur anti-inflationniste » tandis que la seule chose qui l’empêche c’est justement que l’argent reste hyper concentré, en situation oligopolistique. C’est le système qui prévaut dans la politique du diamant, chère à De Beers : tandis que la somme les diamants existant est plusieurs centaines de fois plus importante que la demande, on continue, en les concentrant, à les transformer en denrée rarissime. 


La concentration oligopolistique de l’argent comporte plusieurs effets : il est surestimé par rapport à des denrées vraiment rares ou en voie de raréfaction (matières premières, hydrocarbures, etc.) perpétuant la dépendance des pays qui les produisent et leur tutelle politique. Toute activité économique reste moins rentable que la dette elle même. Celle-ci impose et façonne les politiques publiques, permet d’occulter toute critique politique sur les sujets stratégiques pour l’œcoumène (démocratie, environnement, Etat de Droit, libre circulation des biens et surtout des personnes, différents frontaliers, revendications de souveraineté, etc. Elle renforce les espaces de non droit (ou de droit spécifique) censés permettre sa circulation hors contrôles. Elle permet un discours politique de crise qui permet d’imposer au choix et là où il semble nécessaire des politiques d’urgence, aujourd’hui synonymes de recul humain, politique et de citoyenneté, acquis dans la douleur, depuis deux siècles. De la sorte elle installe l’arbitraire au niveau mondial en choisissant où et quand elle veut frapper. Refuser aujourd’hui la dette consisterait à récuser les plus values faites sur la notion fausse de l’argent rare, c’est-à-dire à exiger que ce dernier accepte de s’intégrer dans le jeu de l’offre et de la demande. Sinon, cette inflation bien cachée frappera toujours plus haut, écrasant Etats et Etat de Droit là où ils subsistent encore.


Michel Koutouzis sur Agoravox

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 13:25

 

 

Le 14 décembre 1965, lors d'un entretien avec Michel Droit, entre les deux tours de l'élection présidentielle, le général de Gaulle prononce sa célébrissime "petite phrase" : « On ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l'Europe ! l'Europe ! l'Europe !... mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien. Je répète, il faut prendre les choses comme elles sont. »


Aujourd’hui presque cinquante ans plus tard, quand j’entends les différents candidats à l’élection présidentielle, parler de l’économie, de l’emploi et de la croissance, j’ai vraiment l’impression que l’histoire bégaie, et j’aimerais qu’un commentateur, paraphrasant le Général de Gaulle dise : « On ne fait pas de politique autrement que sur des réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant le coût du travail ! le coût du travail ! le coût du travail !, ou les PME ! les PME ! les PME !, ou encore produire en France ! produire en France ! produire en France !… mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien. Je répète, il faut prendre les choses comme elles sont.  »

Alors qu’elles sont elles, et pourquoi sommes-nous dans la situation actuelle ? J’ai déjà eu l’occasion d’aborder la plupart de ses points dans différents articles, je ne vais donc ici reprendre que les points essentiels, et les compléter.


1. Le coût du travail


La performance des entreprises dépend certes du coût du travail, mais celui-ci dépend d’abord d’autres paramètres que celui de la rémunération des salariés et du temps de travail. Ce coût est d’abord fonction du niveau d’engagement individuel et collectif, de la formation et son adéquation à la mission confiée, de la compréhension de la stratégie suivie et de l’efficacité des prises d’initiatives.

Croire en 2012 que l’on va redévelopper l’économie française en abaissant la rémunération des salariés (directement ou via la diminution des charges), c’est ignorer qu’en moyenne un français gagne quatre fois plus qu’un Brésilien, neuf fois plus qu’un Chinois et vingt-sept fois plus qu’un Indien (voir Faire face à la convergence des économies mondiales), et surtout se croire encore au temps des usines taylorisées. Les entreprises occidentales n’ont plus grand chose avec celles des Temps modernes de Chaplin…

Nos hommes politiques pensent-ils réellement que l’Allemagne a plus d’emplois industriels, car le niveau de rémunération y serait plus bas ? Si c’est le cas, c’est franchement affligeant. Si ce n’est pas le cas, savent-ils que l’écart avec l’Allemagne est constant depuis 1980 et qu’il ne s’est pas aggravé (voir Le coût du travail n'explique pas l'écart avec l'Allemagne) ? Ont-ils vu que toutes les politiques menées en France que ce soit sous les présidences de Mitterrand, Chirac ou Sarkozy n’ont rien changé ? Que faut-il de plus pour leur démontrer que l’on ne s’attaque pas au vrai sujet ?


2. Les PME


Depuis 1979, chaque gouvernement a lancé une politique en faveur des PME, et qui est peu ou prou la même. Comme il se trouve que j’ai participé à la définition de celle élaborée en 1979 – j’était alors chargé de mission à la Délégation à la Petite et Moyenne Industrie – et que j’ai une bonne mémoire, je suis formel : on retrouve toujours les mêmes idées autour de la création d’entreprises, l’innovation, le financement, l’exportation, les marchés publics… (voir Faut-il que les PME financent les grandes entreprises ?)

Pourquoi donc l’application des mêmes incantations viendraient miraculeusement apporter cette fois la solution ?

Autre leitmotiv : notre déficit en entreprises de taille moyenne, notamment versus l’Allemagne. Ce constat a été fait là aussi dès les années 1970, et rien n’a changé.

Comment les hommes politiques ne voient pas que le problème de fonds en France n’est pas tant la création d’entreprises – qui, selon les années, est plus ou moins en avance ou en retard –, mais l’incapacité des petites entreprises à se développer, à grossir pour devenir d’abord moyennes, puis demain grandes ? Que c’est ce déficit qui est à l’origine du retard en innovation et à l’exportation ?

Comment imaginer que c’est en sautant comme un cabri pour dire aux grandes entreprises « Aidez-les ! Aidez-les ! Aidez-les ! », et aux banques : « Financez-les ! Financez-les ! Financez-les ! » que tout va être réglé ?

Comment ne voient-ils pas que c’est le crédit inter-entreprises qui pompe la trésorerie des PMI au profit de la distribution et des grandes entreprises, et les rend dépendantes du système financier ?


3. Produire en France


La diminution de l’emploi industriel en France est une réalité, mais elle ne s’est pas effectuée plus vite en France que dans les pays voisins. Cette évolution touche toute l’Europe, ainsi que l’Amérique du Nord, et sensiblement à la même vitesse. Simplement en France, nous partons d’une situation plus basse que nos voisins, car l’emploi industriel y était historiquement moins développé.

Aussi cette diminution n’a rien à voir avec les 35 heures ou un handicap en matière de rémunération du travail versus nos pays voisins. Elle est le fruit d’un rééquilibrage du monde et du transfert des emplois moins qualifiés vers les pays maintenant émergés. (voir Nous n'éviterons pas la baisse de notre niveau de vie)

Elle est aussi liée à notre difficulté historique à développer l’industrie en France, ce qui provient d’une part au déficit d’entreprises moyennes évoquées ci-dessus, d’autre part du déficit de confiance. Ce déficit de confiance, clairement montré par les différentes menées par Yann Algan, se corrèle directement avec la croissance. (voirConstruire une société de confiance...)

Alors que faut-il faire pour passer de l’incantation à l’action ?
Pour rester dans la limite d’un court article, et éviter de me disperser, je vais me centrer sur les quatre mesures qui me semblent essentielles.

A. Apprendre collectivement à ne plus dépenser plus que nous ne gagnons
Certains en parlent – singulièrement François Bayrou –, mais aucun n’a, me semble-t-il, vraiment mesurer la portée de l’effort à faire : nous ne vivons pas un crise, mais un transformation, et nous devons nous préparer à ce monde qui émerge (voir Non, le futur n’est pas la reproduction du passé en pire).

Croire que la croissance va revenir rapidement et que le retour au temps passé est imaginable est un contresens (voir Est-il raisonnable de continuer à déraisonner en économie ?). C’est à un effort long vers un futur meilleur qu’il faut se préparer. Ceci suppose de le dire, de l’expliquer et de faire supporter l’essentiel des efforts aux plus favorisés, en arrêtant aussi les dépenses inutiles (voir Peut-on être élu en parlant vrai ? et Sortir du double dogme de la croissance à tous prix et de la compétition)

B. Revoir les règles juridiques du transfert de propriété, avec un transfert au paiement, et non à la livraison
C’est la différence clé avec les pays anglo-saxons, et c’est ce point de droit qui est à l’origine des abus dans les délais de paiement. L’enjeu en matière de financement est un transfert de plus de cent de milliards au profit des petites entreprises industrielles, qui ne les rendra plus dépendantes des banques, et facilitera grandement leur croissance. (voir Qui arrêtera l’hémorragie financière des PME françaises ?)

Qui seront les perdants de ce transfert ? Massivement la grande distribution et le système bancaire, c’est-à-dire des emplois qui ne peuvent pas se délocaliser, et secondairement les grandes entreprises qui ne pourront plus se financer en partie sur le dos de leurs sous-traitants.

C. Créer un label allant de "Assembler en France" à "Tout en France"
J’ai déjà présenté en détail cette idée simple dans mon article « Label France : et si Bayrou avait raison ? ». Quelle est-elle ?

Elle part d’un double principe :
- Pour tout produit manufacturé, on peut facilement mesurer la part de valeur ajoutée faite en France, si l’on ne cherche pas l’exactitude à 1% près, et si l’on demande à tout producteur de l’indiquer sur ses factures (ainsi par un effet de cascade, on aurait la part finale).
- On crée un label avec trois niveaux : "Assemblé en France" quand la part de valeur ajoutée est comprise entre 25 et 50%, "fabriqué en France" quand elle est entre 50 et 75%, et "Tout en France" si elle est de plus de 75%.

Quel sera l’impact d’un tel label ? Cela dépendra du point suivant, c’est-à-dire de notre capacité à reconstruire une confiance entre nous et en nous. Mais comprenons que le moindre déplacement en faveur d’un tel label, favoriserait effectivement l’emploi industriel en France, même s’il n’est que d’assemblage.
Rien n’empêcherait évidemment de promouvoir aussi un tel label au plan européen.


4. Reconstruire la confiance en France entre nous et vis-à-vis de nos institutions


C’est le point majeur et le plus difficile. Il suppose de remettre à plat notre façon de vivre ensemble dans les quartiers, dans les entreprises, et plus largement en France. Elle impose de ne pas procéder par opposition et exclusion, mais par confrontation et inclusion. Elle suppose aussi de comprendre que nous sommes riches de nos différences et de nos origines multiples.

Agir sur ce point mobilisera, comme l’indique bien notamment Yann Algan, les efforts de tous. En conclusion de son dernier livre écrit avec Pierre Cahuc et André Zylberberg, « la Fabrique de la défiance », il écrit : « La confiance peut se construire dès le plus jeune âge, à l’école, par un enseignement adapté ; elle peut se développer dans l’entreprise grâce aux méthodes de travail et au dialogue social. La transparence et l’exemplarité des pouvoirs publics, l’égalité face à l’État-providence, face à l’impôt, et la vitalité de la démocratie participative constituent aussi des éléments décisifs. (…) Faut-il tout changer ? Oui. Est-ce possible ? Oui. (…) La situation est urgente, tant la perception de la corruption a augmenté au cours du dernier quinquennat. (…) Il est impossible d’avoir confiance en autrui lorsque le manque d’exemplarité des dirigeants suscite l’incivisme. Rétablir la confiance dans nos dirigeants en faisant en sorte qu’ils soient le plus exemplaires possible est la première des nécessités.  »

On ne peut mieux dire.

Ce n’est pas en sautant comme des cabris et en procédant par incantation, que les candidats à l’élection présidentielle se mettent en situation de réellement remettre la France sur les rails…

 

Robert Branche sur Agoravox

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 09:27

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 Qui détient la dette de la France ? Cette question, chaque contribuable français est en droit de sela poser. Ses impôts ne servent-ils pas à payer en partie les intérêts de la dette ? Or, si l’on dispose des quelques informations générales, savoir en détail qui détient les créances françaises et pour quel montant relève du secret extrêmement bien gardé. L’opacité est totale et couverte par la loi. Enquête.

 

1 317 milliards d’euros. Tel est le montant, fin 2011, de la dette de l’État français. Qui sont ses créanciers ? La dette est-elle concentrée entre quelques richissimes mains ? Ou répartie entre une multitude de petits épargnants, du détenteur d’une assurance vie en Picardie au retraité du Minnesota qui vit des dividendes versés par son fonds de pension ? Les prêteurs sont-ils des spéculateurs, prêts à tout pour faire monter les taux d’intérêt, ou des investisseurs tranquilles ?

« Le savoir permettrait de mesurer les conséquences potentielles d’un défaut de paiement, même partiel. Et de ne pas se retrouver dans une situation de spoliation de petits épargnants », explique Thomas Coutrot, économiste et coprésident d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne). Les banques européennes, et françaises, qui ont bénéficié avant Noël d’un beau cadeau de la Banque centrale européenne – un prêt à 1 % sur plus de 450 milliards d’euros – pour les inciter à acheter de la dette européenne, jouent-elles le jeu ? Pour tenter de répondre à toutes ces questions, il faut suivre le parcours d’un bon ou d’une obligation du Trésor.


42,5 milliards d’euros d’intérêts versés à des inconnus ?

Pour se financer, l’État émet des titres financiers que des investisseurs achètent. Plusieurs types de titres, avec chacun leur échéance et leur taux d’intérêt, sont régulièrement proposés à la vente |1|. C’est l’Agence France Trésor (AFT) qui gère leur mise aux enchères (adjudication). Vingt grandes banques agréées, les « spécialistes en valeur du Trésor » (« SVT », de BNP Paribas à Goldman Sachs, en passant par Natixis, la Deutsche Bank ou la Société générale), sont chargées de les écouler sur les marchés financiers. Elles savent donc à qui elles revendent éventuellement ces titres. Ensuite, obligations et bons du Trésor circulent sur les marchés, mais son détenteur final perçoit chaque année ses intérêts. Ceux-ci totalisaient 42,5 milliards d’euros – la charge de la dette – en 2010. En théorie, on devrait donc savoir à qui ils sont versés.

Sur le site de l’AFT, le citoyen curieux apprend juste que 66 % des détenteurs de la dette sont des « non-résidents ». « En gros, un tiers de la dette est détenu par des investisseurs français, un tiers au sein de la zone euro, et un tiers à l’étranger, en dehors de la zone euro », précise Tân Le Quang, responsable de la communication au sein de l’agence. Problème : « Les non-résidents peuvent être de faux non-résidents, des Français détenteurs d’un portefeuille d’obligations via un paradis fiscal », objecte Michel Husson, de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires). « Un investisseur saoudien, qui détient de la dette française car il a investi dans un fonds d’investissement à Londres, est comptabilisé comme un investisseur britannique », complète Patrick Artus, économiste à la banque Natixis |2| «  Les trois plus gros détenteurs de la dette française sont le Luxembourg, les îles Caïmans et le Royaume-Uni », lance-t-il. Les Îles Caïmans, un paradis fiscal des Caraïbes autant peuplé que Châteauroux (44 000 âmes), pourrait donc ainsi faire basculer le destin des Français ?


La dette, un secret d’État ?

Les enquêtes réalisées par l’Agence France Trésor auprès de ses vingt banques partenaires permettent d’en savoir un peu plus sur les gros acheteurs : principalement des banques centrales, des fonds souverains, des assureurs, des banques commerciales et des fonds de pension. Ce que confirme la base de données financières eMAXX, mise en place par Thomson et l’agence de presse Reuters, qui publient régulièrement la liste « des 50 plus gros détenteurs de dette souveraine française » (hors banques centrales). Nous y retrouvons des assureurs (Axa, Allianz…), des mutuelles (MMA, MAAF, Groupama…), des banques (BNP-Paribas, La Banque postale, ING…) et une multitude de fonds d’investissement, principalement européens. Nous n’en saurons pas davantage : « Ce sont les banques qui voient les flux, pas nous. Les investisseurs en dette souveraine n’ont pas l’obligation de dévoiler leur position », confie Tân Le Quang. Mais pourquoi est-il impossible de savoir qui détient quoi et combien ?

C’est pourtant simple : cette absence de transparence est inscrite dans la loi. « Les textes actuellement en vigueur |3| n’autorisent les conservateurs d’instruments financiers (…) à communiquer aux émetteurs la liste de leurs détenteurs finaux qu’aux seuls émetteurs d’actions, de bons de souscription d’actions ou d’instruments de taux donnant immédiatement ou à terme accès au capital. Par conséquent, l’Agence France Trésor (AFT) ne peut pas identifier précisément les détenteurs [des obligations et bons du Trésor]  », répond, en 2010, le ministère de l’Économie et des Finances à un sénateur trop curieux. Traduction : si les entreprises ont le droit de savoir qui sont leurs actionnaires, il est interdit à l’État français de connaître ses créanciers. La dette, un secret bancaire ?


Opacité généralisée

Face à cette opacité, « nous soupçonnons une extrême concentration, confie Thomas Coutrot. On pourrait très bien disposer d’informations statistiques sur la concentration des portefeuilles et la nature de ceux qui les détiennent ». Des chercheurs suisses ont récemment révélé que 147 multinationales, tout en se contrôlant elles-mêmes, possèdent 40 % de la valeur économique et financière des dizaines de milliers de multinationales du monde entier (lire notre article). Il serait étonnant qu’il n’en soit pas ainsi pour les dettes souveraines. Selon les données présentées par la Banque des règlements internationaux (BRI), un organisme géré par 58 banques centrales nationales, les banques étrangères possédaient en juin dernier 13 % de la dette de l’État français. Soit 176 milliards d’euros, dont plus des deux tiers sont entre les mains de banques britanniques, japonaises, allemandes, états-uniennes et suisses. Mais il ne s’agit que d’un euro sur dix empruntés.

Il est pourtant tout à fait possible, en théorie, d’en savoir plus. C’est la société Euroclear France |4|, un organisme boursier privé, qui est « le dépositaire central des titres français ». Elle sert d’intermédiaire entre la Banque de France et les détenteurs de titres du Trésor pour leur verser leurs intérêts ou leur pécule quand l’emprunt arrive à échéance. Un peu comme la chambre de compensation Clearstream sert, au Luxembourg, de « péage » entre les transactions financières. Euroclear France sait donc parfaitement qui détient combien à quel moment. Mais la loi l’autorise à ne pas rendre publiques ces données. Pourtant, ce sont bien les citoyens qui paient la charge de la dette.

 

Voir en ligne : http://www.bastamag.net/article2041.html

 

Notes

 

|1| Leur échéance de remboursement s’étale d’un à cinquante ans. Leur taux varie entre 1 % et 4 %. Plus l’échéance de remboursement est lointaine, plus le taux est élevé.

|2Le Monde du 23 juin 2011

|3| Notamment l’article L. 228-2 du code de commerce, décret d’application n° 2002-803 du 3 mai 2002 publié au Journal officiel du 5 mai 2002, et l’article L. 212-4 du code monétaire et financier relatif à la nominativité obligatoire

|4| Ancienne Société interprofessionnelle pour la compensation des valeurs mobilières (Sicovam).

 

Ivan Le Roy sur CADTM

 

 

 

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