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Section Daniel MAYER Canton de Mundolsheim
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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 16:32

Economie-Circulaire-3.jpg

 

françois michel lambert 1Salle comble en ce soir de 18 décembre à Schiltigheim. Il est vrai que cette réunion avait de quoi intriguer bon nombre d'invités. Le citoyen lambda, mais aussi les décideurs et commentateurs de l'actualité rompus aux arcanes de l'entreprise et aux exigences du tout et du rien de l'instantanéïté de l'information. Le monde politique encore, au motif que l'économie circulaire était jusqu'à un passé proche une œuvre confidentielle venant d'experts et pionniers de la cause écologique, comme cet institut de l'Economie circulaire présidé par l'intervenant du jour, François Michel Lambert, député et vice président de la Commission du développement durable de l'Assemblée.

Beaucoup de curieux dans la salle, mais aussi des personnes convaincues de la nécessité de changer leur regard sur nos modes de production, nos comportements , et la vision que nous portons à l'endroit d'une planète terre, conçue comme une source inépuisable de richesses dont nous pouvons user et abuser sans limites. Une vision, née avec l'expansion de la machine et l'industrialisation des procès. Une vision vieille de deux siècles qui nous faisait oublier un système d'ancien régime, où la main d'oeuvre était abondante et les produits d'autant plus rares et chers qu'ils étaient long et difficile à fabriquer.

 

La société de consommation à un tournant


Nul ne songerait aujourd'hui à nier que nous sommes au sommet d'une courbe, celle qui consacre l'optimum de ce que pouvons atteindre avec un mode fonctionnement qui ignore l'amont et l'aval des continuités dans lesquels il s'inscrit (ressources naturelles, cycles des dégradations de la matière et des objets, etc).

C'est en effet les usages et non les développements de la mécanisation des productions au profit d'un nombre sans cesse croissant d'être humains, qui, d'une certaine manière, sont aujourd'hui la source de bien des maux : raréfaction des matières, énergie de plus en plus coûteuse à produire, accumulation et  dispersion des déchets amènant à des pollutions et des changements climatiques eux mêmes porteurs de dévastations dommageables pour l'économie et l'existence des plus démunis.

 

L'économie circulaire, un paradigme au service de la continuité de la vie


A ce tableau sombre qui engage l'avenir de la planète et celui des générations futures, la nécessité d'une économie circulaire s'impose en ce qu'elle rompt avec une « économie linéaire », un système de production où les finalités ne se sont jamais embarrassées (autrement que sous la contrainte) des inégalités de traitement qu'elles réservent aux individus comme des dommages, pour certains irréversibles, qu'elles causent à l'environnement et aux ressources naturelles.

                                                                           

Sans vouloir remettre en cause la notion de profit dans une économie capitalistique, la destruction accélérée des ressources que celle-ci entraîne oblige à changer de système économique et industriel pour celui d'un développement ayant peu ou prou d'impact sur la nature. Avec comme conséquences, l'optimisation de l'utilisation des ressources limitées (le foncier, les terres rares et autres minéraux et métaux comme le bérylium ou le zinc, dont la disparition est programmée à l'horizon 2025). Avec également la mise en œuvre rapide d'une écoconception qui dépasse la simple adaptation aux modes actuels de production reposant sur l'obsolescence techniquement programmée des produits et leur renouvellement incessant poussant à des consommations plus ostentatoires que socialement utiles.

Facilitation-Graphique-Economie-Circulaire

Ce modèle impose de rompre avec l'économie linéaire (qui va de l'utilisation d'un produit directement à sa destruction) pour celle d'une économie circulaire, reposant sur des boucles de valeurs positives, présentes à tous les stades d'utilisation et de réutilisation de la matière ou du produit avant sa destruction finale. Avec également des accents significatifs sur de nouveaux modes de conception -production – consommation permettant l'allongement de vie des produits, leur réutilisation ainsi que le recyclage de leurs composants.

 

L'usage plus que la possession, la co-propriété plus que la détention singulière


Dans un système de production linéaire, avec bientôt deux milliards d'automobiles (contre 25000 en 1907 et 60 millions en 1950), ce sont autant de pollutions qui se déversent dans l'atmosphère, autant de productions et de destructions de matières qui participent de l'épuisement des ressources, de la pollution de l'air, de l'eau et du sol. Ce simple exemple suffisant à lui-même démontre l'impossibilité à pouvoir poursuivre une production/consommation qui vaut essentiellement par la possession de l'objetschema_projet_modele_ecologique-industriel.png plus que par son usage, par le court terme des profits plus que des considérations du long terme.

Est-il aujourd'hui nécessaire de produire toujours plus pour satisfaire la multiplication des besoins, encourager à posséder au delà du raisonnable et qui ne fait que conforter des finalités qui ont plus à voir avec l'optimisation des profits qu'à celles du service rendu ?

La question est posée dans la mesure où elle paraît à beaucoup comme hors sujet ou pour le moins éloignée de tout intérêt, alors que transposée aux domaines où elle s'est imposée à l'insu des représentations dominantes, elle démontre toute sa pertinence et toute sa capacité à répondre utilement aux exigences du développement durable.

Ainsi si vivre en co-propriété verticale apparaît comme la solution la plus adaptée répondant aux injonctions de la ville dense, pourquoi n'en serait-il pas de même dans bien d'autres domaines, comme le fait d'avoir à posséder à plusieurs un lieu, une machine pour laver son linge, pour repasser, ou pour stocker, entretenir, réparer une foule d'autres objets ?

 

La plus value qui naît de l'usage


Voilà une affirmation qui a de quoi faire s'interroger dans l'intimité des boards des sociétés de toutes tailles. La co-propriété ne serait-elle pas la mort des entreprises ? En quoi la prépondérance de l'usage diffèrerait-il d'un système propriétaire où  ce qui est implicitement vendu n'est pas le produit mais la possibilité de plus values liées à son utilisation ?

Certaines sociétés ont déjà dépassé le stade de la réflexion et conçoivent désormais des produits dont la location amène à des retours sur investissement impensables il y a encore quelques années. Ainsi cette société qui loue désormais ses moquettes (au lieu de les vendre) moyennant une condition de reprise au bout d'un nombre d'années convenues avec en fin de contrat le remplacement à neuf. Une solution astucieuse permettant la récupération de la matière et sa réintégration dans le processus de production.

 

Une logique de coopération sur les territoires, source d'emplois et de valeurs ajoutées


Productions en boucle, synergies industrielles, possessions et usages différenciés sont les caractéristiques d'une économie circulaire qui suppose une coopération accrue entre les acteurs d'un même territoire et entre les territoires entre eux.

A l'heure où l'emploi est au cœur de toutes les réflexions, de toutes les politiques, l'économie circulaire, passant d'une logique de concurrence non territorialisée à celle d'une co-construction territoriale est un facteur indéniable de maintien du développement économique et des emplois non délocalisables.

Construire collectivement des solutions plurielles et des équilibres stables implique au final de bien connaître les flux de matière et ceux des déchets, avec cette perspective alléchante (selon le cabinet MacKinsley) de réaliser près de 300milliards d'économie de matières par an pour la seule Europe.     Un chiffre qui a valeur de pari quand on sait les difficultés qu'ont les pays de l'Union européenne à dégager le moindre milliard au service du mieux vivre et de la réduction des inégalités.

 

A consulter

 

Francis Alexis HAMMER

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20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 07:44

 

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Des centaines de salariés de l'Office national des forêts (ONF) ont défilé mardi 19 juin dans plusieurs villes de France, à Besançon, Toulouse, Alençon et Chambéry

(Savoie), pour dénoncer "le sacrifice des forêts" découlant du "délabrement" de leur service.

Environ 400 employés de l’ONF ont défilé à Besançon. Les forestiers ont traversé une partie de la ville jusqu’à la préfecture de région, où une délégation a été reçue, a précisé la préfecture.


A Toulouse, ils étaient une centaine, venus des régions Midi-Pyrénées, Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Limousin et Auvergne, à manifester en uniforme à l’appel de l’intersyndicale, dont le Snaf-Unsa-Forêts et le Snupfen-Solidaires.
Ils étaient une centaine également, selon la police, à Alençon, venus du quart nord-ouest de la France. Une centaine de manifestants se sont aussi rassemblés mardi matin à Chambéry devant le siège local de l’ONF, selon David de Yparraguirre, du syndicat Snupfen-solidaires.


A Toulouse, les manifestants se sont d’abord réunis devant le bâtiment de l’ONF, sous une grande bâche barrée des mots « Quelle forêt pour nos enfants? »

Dégradation des conditions de travail - « Nous sommes inquiets de l’avenir du service public forestier, marqué par une dégradation latente mais sûre de l’ONF depuis une vingtaine d’années, avec une accélération depuis 2002″, a déclaré le délégué départemental Snupfen des Pyrénées-Atlantiques, Ramuntcho Tellechea.

« On gère 27% de la surface de forêts en métropole, soit 4,3 millions d’hectares, et on produit 50% du volume de bois produit en France », a-t-il précisé, en déplorant la « dégradation » des conditions de travail qui ont mené à plusieurs suicides

.Priorité à la production, au détriment des autres missions - Les manifestants devaient ensuite se rendre à la préfecture derrière des panneaux défendant leur mission : « Forêt sans forestiers = forêt dilapidée », « La forêt est un bien commun. Sauvons-la ».

« Nous demandons au nouveau gouvernement de renoncer aux 700 suppressions de postes programmées par la précédente majorité entre 2011 et 2016″, a de son côté expliqué Dominique Launay, garde forestier et secrétaire du syndicat Snupfen Basse-Normandie.
Selon lui, l’ONF compte aujourd’hui 6.000 fonctionnaires et 4.000 ouvriers forestiers. « Nos effectifs ont déjà baissé de 10% en 10 ans », a-t-il regretté.

« La priorité est donnée à la production de bois et on n’arrive plus à remplir nos autres missions de service public. La forêt a aussi une fonction écologique et une fonction sociale d’accueil du public », a affirmé M. Launay. « On voudrait qu’on ne parle de l’ONF que quand il y a des suicides », a-t-il ajouté.


A Chambéry, une délégation a été reçue par le directeur de cabinet d’Hervé Gaymard, président du conseil général de Savoie et président du conseil d’administration de l’ONF.
« On peut avoir un bilan positif de cette journée. On espère qu’à force, on sera entendu », a commenté M. de Yparraguirre.

Six suicides avaient été recensés entre juin et novembre 2011, portant à 25 leur nombre depuis 2005 en sein de l’établissement public.

 

Sur La gazette.fr

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 08:05

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vendredi 9 mars 2012 à 14 h 16, une douzaine de séismes dans le nord-est de l'Ohio ont fort probablement été provoqués par l'injection souterraine d'eaux usées lors du forage de gaz de schiste, a indiqué vendredi le gouvernement de l'État, en annonçant de nouvelles mesures pour serrer la vis aux gazièresen matière de fracturation.

Les entreprises devront dorénavant soumettre des données géologiques plus complètes au moment de déposer leur requête pourforer un site.

On se demande pourquoi ce n'était pas fait avant. Ce qui impliqueque les bidouilleurs/foreurs n'en n'ont rien à faire des conséquences environnementales.

Les gazières devront aussi assurer un suivi électronique de la composition chimique de toutes les eaux usées injectées sous pression dans le sol pour fracturer la roche en vue d'en extrairele gaz naturel.

Le ministère des Ressources naturelles de l'Ohio a adopté ces nouvelles règles à la lecture des conclusions du rapport sur le puits de Youngstown, des conclusions qui sont basées sur un « certain nombre de circonstances concomitantes ».

Les activités au puits de Youngstown avaient débuté trois mois avant le premier séisme, soulignent notamment les enquêteurs.

Ils ont aussi remarqué que l'activité sismique se concentrait autour du trou de forage, et qu'une anomalie dans la roche précambrienne avait depuis été repérée à l'endroit où l'eau avaitété injectée.

Difficile de contester le risque des forages profonds. Il y aura bien quelques illuminés pour dire le contraire mais cela n'abusera pas la majorité.

Le sous-sol du nord-est de l'Ohio et des États limitrophes recèlela formation géologique de schiste dite Marcellus, où sont emprisonnées d'importantes réserves de gaz naturel. Les compagniesgazières y affluent pour forer des puits en utilisant la technique de fracturation hydraulique.

Ce processus prévoit la libération du gaz en injectant de l'eau dans le sol, mais cette eau doit être évacuée une fois que les compagnies l'ont utilisée. Les centrales municipales de traitement des eaux usées ne sont pas équipées pour retirer certains des contaminants se trouvant dans ces eaux, notamment les éléments radioactifs. L'une des solutions à ce problème consiste à réutiliser cette eau usée en l'injectant à nouveau dans le sol - une pratique courante, mais qui est interdite dans certains États.

Selon des experts, de récents séismes sont attribuables à l'exploration et à la production d'énergie, notamment le fait d'injecter d'énormes quantités d'eaux usées dans les puits. Ainsi, les scientifiques montrent du doigt des séismes de magnitude de 3 à 4 - pas assez puissants pour causer des dommages - qui ont eu lieu récemment en Arkansas au Texas, en Californie, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suisse.

Et deux séismes de magnitude d'environ 5,0 qui avaient touché Denver dans les années 1960 étaient liés à l'injection d'eaux usées.

L'emplacement inadéquat du puits de Youngstown s'explique en partie par les données géologiques incomplètes mises à la disposition des autorités réglementaires, souligne-t-on dans le rapport de l'État d'Ohio.

Les nouvelles règles prévoient notamment que toute la diagraphie géophysique devra dorénavant être soumise aux autorités, afin de déterminer les propriétés des roches adjacentes du puits, ce qui n'avait pas été fait à Youngstown.

L'État veut aussi interdire toute fracturation dans la roche précambrienne, et interrompre la fracturation dans cette formation rocheuse là où elle est actuellement pratiquée. L'industrie devra aussi se munir de systèmes efficaces de contrôle de la pression et du volume d'eau injectée, et de valves de fermeture automatique d'urgence.

L'agence américaine de protection de l'environnement (EPA) a transféré à l'Ohio en 1983 son autorité sur les procédés d'injections souterraines de puits, pourvu que l'État n'adopte pas de normes moins élevées que celles de Washington.

La conclusion est simple : Pas d'exploitation de gaz de schiste en France et ailleurs. N'inshistez pas puisque l'on vous le dit.

 

Clojea sur Agoravox

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 16:43

 




« La brutalité de ce moratoire, qui a vu, du jour au lendemain, le gel de toute subvention est aussi déraisonnable et artificiel que le coup de booster mis en place en 2007, sans aucune vision économique et à la hâte, lors du Grenelle de l’environnement ».


Ce jugement ne vient pas d’un élu, mais de Jean Meillon, chef d’entreprise installé à Cestas, en Gironde, qui s’est lancé dans l’énergie solaire en 2008. Il fait allusion à la décision du gouvernement, prise en décembre 2010, de changer brutalement de pied, en stoppant net son soutien à la filière de l’énergie solaire.

A l’époque, la justification de cet arrêt était que les subventions données aux exploitants d’énergie solaire servaient à financer les constructeurs chinois de panneaux solaires qui vendaient leur matériel aux Européens. Les conséquences ne se sont pas fait attendre. Dans un secteur d’avenir, créateur de milliers d’emplois dans le monde, la France a réussi en 2011 à en supprimer 7000. L’ensemble des constructeurs n’achète désormais pratiquement plus que des panneaux chinois, les moins chers, afin de compenser cette perte. Bref, on aura rarement vu d’effets aussi négatifs liés aux mauvaises décisions prises.

Dans ce dossier, nous vous proposons de découvrir ce qui s’est passé. Pour cela, nous avons retracé l’histoire de ce secteur à travers les grandes décisions prises depuis 2002. Les changements de pied, les revirements du gouvernement sont un cas d’école d’une certaine façon d’exercer les responsabilités. Tous les acteurs du secteur le répètent : ce qui les a pénalisés le plus, c’est l’instabilité des lois et règlements qui les a touchés.

Pour illustrer les effets, nous avons choisi deux exemples : une grande entreprise, First Solar, qui cherche depuis 2009 à installer une très grande usine de panneaux solaires et une PME, Sol Arcadia, qui a vu son développement stoppé net après la décision en décembre 2010 de ne plus subventionner l’énergie solaire (le moratoire).

Au moment où le sauvetage de l'entreprise Photowatt, constructeur de panneaux solaires, est mis en scène par le gouvernement (voir le communiqué), François Hollande souhaite clarifier et stabiliser cette politique de soutien à la filière photovoltaïque.

 

SOMMAIRE DU DOSSIER

>> 2002-2012 : dix ans de décision et d'absence de vision

>> Les propositions de François Hollande dans ce domaine

>> FOCUS: Sol Arcadia : une PME au développement stoppé

>> FOCUS: First Solar : 400 nouveaux emplois d'un grand groupe gelés

>> Le fort potentiel de la France dans le photovoltaïque

>> Photowatt : que de temps perdu !

>> Photovoltaïque : le secteur en quelques chiffres

 

2002-2012 : de l'euphorie à l'enterrement de la filière solaire

Fruit d'un encadrement règlementaire mal calibré, le marché solaire s'est rapidement envolé, avant d'être brutalement stoppé. Des dizaines de nouvelles PME et près de la moitié des vingt-cinq mille emplois se sont retrouvés directement touchés par les changements de pied du gouvernement, alors que Nicolas Sarkozy promettait la stabilité en 2009 comme on peut l'entendre dans cette vidéo. Une stabilité des prix sur laquelle le secteur a compté, sur laquelle des investisseurs ont parié et ont planifié leurs projets. C'est le contraire qui s'est passé.

 

COMPRENDRE LE SECTEUR EN REPRENANT SON HISTOIRE.

14 mars 2002: LE DEBUT DU VOLONTARISME. La loi de juillet 2000 ayant instauré l'obligation d'achat de toute électricité produite, un premier arrêté tarifaire fixe le niveau, les conditions et le tarif d'achat de l'électricité générée par les installations photovoltaïques.

26 juillet 2006: LE SOUTIEN GENEREUX. Très attendu, un arrêté ajoute au tarif d'achat de base (30c€ /kWh) une prime de 25 c€/kWh, pour les installations "intégrées au bâti", donc plutôt pour les maisons, les bâtiments en tout genre, lançant la filière. Déjà jugée attractive en 2006, cette prime "devient très élevée en 2009 sous les effets conjugués de la baisse de prix et de l’indexation du tarif", observe photovoltaique.info, site d'information mis en place par l'association Hespul avec le concours  de l'Ademe.

25 octobre 2007: LES PROMESSES. "Dans le seul secteur des nouvelles énergies, 50 000 emplois seront créés", proclame Nicolas Sarkozy dans un discours à l'Elysée, en présence d'Al Gore et de Manuel Barroso, à l'occasion de la restitution des conclusions du Grenelle.  "L'indépendance énergétique de la France va s'améliorer et nous parviendrons à réduire les factures énergétiques des ménages de presque 40 % d'ici à 2020".

15 mai 2009: LE SUCCES ET LES AMBITIONS. « Le solaire photovoltaïque connaît en France un véritable décollage avec la multiplication du parc par 2,5 en un an, en 2008 »,  déclare Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, aux Journées du solaire. « L'objectif est clair: on veut faire 400 fois plus de production d'électricité d'origine photovoltaïque à l'horizon 2020 », ajoute-t-il.

9 juin 2009. LES ENVOLEES. Nicolas Sarkozy participe à la table ronde sur le développement des énergies renouvelables et visite de l'institut national de l'énergie solaire (INES).

"Nous allons prendre des décisions aussi importantes pour les énergies renouvelables aujourd'hui, que celles qui ont été prises dans les années 60, par le Général de Gaulle, pour l'énergie nucléaire".

Le prix d'achat des matériels étant en baisse sensible alors que le tarif d'achat reste attractif, le nombre des projets s'envole en 2009. Certains commencent alors à craindre l'apparition d'une "bulle spéculative". On pointe un impact négatif sur le commerce extérieur et un risque excessif pour les finances publiques (les contrats tarifaires portent sur 20 ans).  Le gouvernement réduit alors le nombre des projets éligibles aux tarifs bonifiés et enclenche une première baisse de ces tarifs. 

12 janvier 2010. LA PREMIERE BAISSE.   Publication d'un arrêté qui réduit les tarifs d'achat applicables jusqu'alors fixés par l'arrêté de juillet 2006. Il était normal à ce moment de commencer à réguler le marché, le gouvernement ne le fait pas assez fortement, relançant de plus belle le marché. C'est une première grave erreur.

Eté 2010. LA TEMPORISATION. Annoncé en novembre 2008, rendu public en avril 2009, l'appel d'offre "une centrale solaire par région", qui devait permettre de construire quelques 34 centrales, est discrètement déclaré "sans suite".

23 août 2010. DEUXIEME BAISSE. Plus sévère. Annonce d'une baisse de 12% du tarif de rachat de l'électricité au 1er septembre, pour les projets professionnels et les grosses installations. Les tarifs restent inchangés pour les particuliers. Cette décision vient à peine 8 mois après la première. Cela met en difficulté le secteur.

2 décembre 2010. L'ENTERREMENT DU SECTEUR. Le Premier ministre François Fillon annonce la parution le 9 décembre 2010 d'un décret n°2010-1510 suspendant pour trois mois  l’obligation d’achat de l’électricité produite par certaines installations utilisant l’énergie radiative du soleil et sa volonté d’engager une concertation avec les acteurs concernés par le développement de la filière photovoltaïque française sur la mise en place d’un nouveau cadre de régulation. "Je ne serai pas le complice d'une bulle spéculative", déclare François Fillon, très en colère, à des députés qui protestent contre la brutalité de la décision.

Nathalie Kosciusko-Morizet déplore, selon l'AFP, qu’«avec le système actuel, on fait subventionner l'emploi industriel chinois par le consommateur d'électricité français». Selon la ministre, «un panneau chinois, c'est 1,8 fois la consommation de CO2 d'un panneau français».
C'est le tournant pour le secteur. Après avoir laissé s'installer une bulle, le gouvernement coupe tous les crédits indistinctement au lieu de réguler un secteur en pleine expansion.
Le décret conduit à suspendre immédiatement 3 250 MW de projets, sur une file d’attente totale de 6 400 MW.

 7 décembre 2010. LE CHEMIN DE CROIX. Une nuit à l'Assemblée Nationale, un amendement est voté dans le cadre de la loi dite "NOME" n° 2010-1488 qui concerne la Nouvelle Organisation du Marché de l'Electricité. Un obstacle supplémentaire est ajouté aux projets: alors que la loi du 10 février 2000 (articles 14 et 18) sur le service public de l'électricité prévoyait une prise en charge partielle du coût du raccordement, celui ci avait été fixé à 40% par l'arrêté du 17 juillet 2008. Le demandeur d'un raccordement au réseau ne supportait donc jusqu'alors que 60% de son coût. Désormais, "la contribution versée au maître d'ouvrage couvre intégralement les coûts de branchement et d'extension des réseaux". En clair, les exploitants d'énergie solaire se retrouve à payer 100% du coût du raccordement de leur centrale au réseau d'éléctricité. Les surcoûts dans les projets sont considérables.

29 décembre 2010. APRES LES EXPLOITANTS, LES CONSOMMATEURS. Comme si cela ne suffisait pas, la loi de finances du 29 décembre et l'arrêté du 30 décembre 2010 ramènent le crédit d'impôt pour dépenses de panneaux photovoltaïques de 50% à 25% pour les dépenses engagées après le 29 septembre 2010.  Un "coup de rabot" de 10% ramène ce crédit à 22% pour les dépenses engagées après le 1er janvier 2011.

 22 février 2011. HANDICPAPER LES PME... EN PASSANT DES GROS APPELS D'OFFRE. François Fillon, décidément pas vraiment ami de l'énergie solaire et des PME, annonce qu'à compter du 10 mars 2011, le quota annuel de projets sera limité à 500 MW par an et que les particuliers et petits industriels verront le tarif de rachat de leur électricité par EDF baisser de 20 %. Les grands projets - fermes au sol et grandes toitures - et projets de taille intermédiaire (entre 100 et 250 kilowatts-crête kWc) ne bénéficieront plus du tarif de rachat obligatoire et seront soumis à un système d'appel d'offres. C'est assez simple, une PME n'a plus la possibilité de proposer des projets de trop grande ampleur. Son électricité, au delà d'un certain seuil, n'est plus rachetée. Les projets plus ambitieux sont renvoyés à des gros appels d'offre organisés par le gouvernement. Une façon de ne réserver qu'aux très gros groupes le secteur de l'énergie solaire.

4 mars 2011. Depuis cette date, la Commission de Régulation de l'Energie (CRE) publie chaque trimestre les nouveaux tarifs de rachat de l'électricité photovoltaïque. Ils sont constamment orientés à la baisse. La dernière délibération de la CRE est datée du 17 janvier 2012.

Cette accumulation de mesures, et ce changement total de politique (d'un soutien très volontariste à un lâchage en rase campagne) se traduisent rapidement dans les entreprises spécialisées dans l'énergie solaire.

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 11:24

   

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Face aux besoins d’énergie pour une population mondiale en hausse, les énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien sont-ils la solution ? Les cellules photovoltaïques sont polluantes à la fabrication et au recyclage, tandis que pour les éoliennes il faut plusieurs tonnes de cuivre pour un seul appareil. Les mines de cuivre ne sont pas extensibles et leur situation sont pour beaucoup d’entre elles dans des zones à fort risques écologiques. Les autres solutions sont actuellement à l’état de « prototypes » ou plutôt marginales.

 

Le problème n’est donc pas seulement de sortir ou non du nucléaire, mais de savoir quel « carburant » est-il possible d’utiliser. L’Uranium n’est pas le seul « carburant » possible, mais c’est le plus dangereux et surtout, c’était le seul qui permettait aux militaires d’avoir des bombes dévastatrices et dissuasives. Le nucléaire basé sur le Thorium est une solution nettement moins dangereuse, qui fonctionne à basse température et qui ne s’emballe pas en cas de problème d’alimentation électrique. De plus l’Uranium n’est pas disponible en grande quantité, alors que le Thorium se trouve plus facilement et surtout qu’il nécessite des quantités moindres pour faire fonctionner un « réacteur ».

 

Parmi les atouts du Thorium on peut citer des réserves immenses et facilement exploitables, et une capacité à incinérer les déchets de longue durée produits par nos centrales actuelles et même du nucléaire militaire. A puissance égale, le thorium c’est 200 fois moins de volume de déchets qu’un réacteur classique, mais surtout des déchets d’une durée de vie de 500 ans. 

 

Le physicien, De Mestral souligne également les énormes avantages d’une sécurité intrinsèque d’une telle technologie : « Prenons les deux types de réacteurs (imaginés pour fonctionner au thorium). Le Rubbiatron, tout d’abord : son cœur fonctionne de manière sous-critique, ce qui signifie que, si l’on tire la prise de l’accélérateur de particules nécessaire à l’entretien de la réaction en chaîne, ou qu’on dévie son faisceau de protons, la réaction cesse immédiatement. Le cœur du réacteur, une masse de plomb fondu dans lequel se trouve le thorium, se refroidit et finit par se solidifier, ce qui n’est pas un problème. Le deuxième type de réacteur, celui dit à sels fondus, a un cœur déjà liquide. En cas d’augmentation de chaleur, le nombre d’atomes fissionnés chaque seconde diminue. On dit que ce réacteur a un coefficient de réactivité à la température fortement négatif et, dans cette situation, le cœur devient sous-critique, donc sans risque d’explosion. »

 

Alors, ce nouveau combustible peut-il relancer le débat pour ou contre le nucléaire ? Ce qui est sûr, c’est qu’il faut sortir du nucléaire tel qu’il est actuellement. Le lobby nucléaire assène l’idée que ce choix énergétique est irrémédiable. Pour lui, c’est le nucléaire ou la bougie ! Tout débat est interdit.

 

Le principal obstacle à cette nécessaire évolution énergétique est, en dehors des militaires, l’opposition des industriels de la filière actuelle qui bénéficient d’appuis politiques à droite comme à gauche. Alors quelle que soit la décision à propos du Thorium, il faut surtout que production et distribution d’énergie soient réunies dans un pôle public, ensuite la décision du « quoi faire, avec quoi » sera un choix collectif.

 

Car ce qui est sûr actuellement, c’est que les français n’ont pas leur mot à dire, et ce qu’ils ne payent pas comme consommateur, ils le payent comme contribuables, car la rénovation des centrales, et le recyclage des déchets coûtent très cher !


http://2ccr.unblog.fr/2011/12/02/le-thorium-peut-il-remplacer-l%E2%80%99uranium/#more-817

 

Robert Gil sur Conscience Citoyenne Responsable

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 09:30

Nucléaire : les centrales françaises sont sûres… mais pas assez

Suite à la catastrophe de Fukushima et à la demande du Premier ministre, les acteurs du nucléaire ont testé la sûreté des centrales françaises, comme l'explique Martial Jorel de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), lequel vient de rendre public un rapport de synthèse, plutôt rassurant, qui affirme que toutes les centrales françaises sont sûres mais qui conseille tout de même de relever les niveaux de sécurité.    


Le 23 mars 2011, le Premier ministre demande aux acteurs du nucléaire français de procéder à des stress tests sur les installations nucléaires du territoire. Le spectre de Fukushima est en effet dans les esprits du grand public et la filière du nucléaire n’a pas très bonne réputation. Il s’agit de s’assurer que les constructions françaises sont capables de tenir le choc en cas de catastrophe naturelle exceptionnelle. « On veut éviter ce qu’il s’est passé à Fukushima », résume Martial Jorel, directeur de la sureté des réacteurs à l’IRSN.

Les différents acteurs ont ainsi rendu leur rapport à lIRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), qui en a fait une synthèse grâce à une approche transversale, c'est-à-dire qu’elle est construite autour « des thèmes d’analyses plutôt qu’autour de chaque exploitant », rappelle l'expert de l'IRSN. Et ses conclusions sont plutôt rassurantes : l’activité d’aucune des installations observées lors de ce test ne mérite d’être arrêtée.


Un rapport rassurant... mais contradictoire


Rassurantes mais contradictoires. Car « un faible nombre d’installations nucléaires présente des écarts de conformité aux exigences requises », comme l’indique l’IRSN dans son communiqué de presse, mais selon Martial Jorel, il ne s’agit pas là des fonctions vitales. « Il faudrait une défaillance au niveau d’un composant vital pour justifier un arrêt d’activité » note-t-il.

L’IRSN précise tout de même que « le retour de l’expérience de Fukushima ainsi que les évaluations complémentaires de sureté ont mis en évidence certaines limites des référentiels de sûreté actuels [NDLR, les scénarios sur lesquels se fonde la sécurité des constructions] ».

 

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 Les différentes centrales nucléaires en France (NB : le réacteur de l'Institut Laue-Langevin n'apparaît pas sur cette carte car il ne s'agit pas d'une centrale nucléaire). © Idé


 

Pour parvenir à ces conclusions, les scénarios les plus graves ont été envisagés. Pires encore que les plus catastrophiques du référentiel habituel. « Par exemple pour le réacteur de l’Institut Laue-Langevin situé au confluent du Drac et de l’Isère, on a imaginé la rupture de 4 barrages en amont, ce qui aurait pour conséquence de faire monter l’eau de 5 mètres », explique Martial Jorel tout en insistant sur le fait que les scénarios envisagés sont extrêmement improbables.


Inondations, séismes et noyau dur


Les experts ont ainsi testé des inondations record, mais ils se sont aussi intéressés aux séismes. À ce sujet, l’IRSN considère que l’appréciation de l’aléa sismique doit être améliorée. Plus d’importance doit être accordée à la diversité des avis des experts et la collecte des données doit être améliorée.

Si l’IRSN tenait à s’assurer que les équipements nucléaires résisteraient en cas de scénario catastrophe, il fallait aussi vérifier que le matériel permettant de limiter les dégâts – refroidissement notamment – reste opérationnel. C’est ce que l’IRSN appelle le noyau dur et qui « garantirait la pérennité des principales fonctions vitales des installations nucléaires durant plusieurs jours, le temps que des moyens externes au site puissent intervenir »


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 Le réacteur de l'Institut Laue-Langevin, à gauche du cyclotron, au confluent du Drac et de l'Isère. © Christian Hendrich, Wikipédia, cc by sa 3.0  

Les antinucléaires contestent

Enfin, l’environnement des centrales a été passé au crible : « on a également pris en compte les installations industrielles à côté des centrales nucléaires, comme c’est le cas pour la centrale de Graveline ou celle de Tricastin », détaille Martial Jorel. La dégradation de ces installations suite à une inondation ou un séisme ne doit pas avoir d’impact sur les centrales.

Si du côté des acteurs du nucléaire, ce rapport est relativement élogieux, il est vivement critiqué par les écologistes qui accusent l’IRSN de « coupable indulgence ». Ainsi, l’ONG l’Observatoire du nucléaire s’indigne que « l'IRSN […] se prononce pour la continuation de l'exploitation de tous les réacteurs nucléaires français... tout en reconnaissant que leur sûreté est gravement défaillante ».

L’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), à qui le rapport a été remis, devra donner ses conclusions au gouvernement début 2012.


Bruno Scala sur Futura sciences

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 16:47

 

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Selon Jean-Marc Jancovici, nous vivons sous les contraintes du dérèglement climatique, de la dépendance vis-à-vis de ressources fossiles déclinantes et de l'argent rare. Aussi ce spécialiste de l'énergie et du climat invite, dans un récent ouvrage, à "changer le monde". Dans cette perspective, quelle pourrait être la part des collectivités territoriales ? Entretien avec Jean-Marc Jancovici, qui pourfend un certain nombre d'idées reçues.


Vous dénoncez nombre de fausses bonnes idées. A commencer par la croyance selon laquelle les énergies renouvelables contribuent à lutter contre le changement climatique. Les collectivités qui y voient en outre un vecteur de développement local font-elles fausse route en les mobilisant ?


Jean-Marc Jancovici


Toutes les énergies renouvelables ne se valent pas. Il faut donc, pour chacune, regarder le coût à la tonne de CO2 évitée par sa mise en œuvre, sachant que l'on ne pourra pas mettre autant d'argent que l'on voudrait sur toutes les filières en même temps. Ce coût est très élevé pour la production d'électricité d'origine éolienne et exorbitant pour celle issue du photovoltaïque.

Ce qui est local n'est pas forcément avantageux et le sympathique slogan "Small is Beautiful" ne se vérifie pas toujours dans les faits.

En outre, pour l'électricité il n'y a aucun intérêt à faire, en France, de la production locale, qui reviendra toujours plus cher que la production centralisée, par ailleurs peu émissive puisque fondée à 75% sur le nucléaire et à 15% sur l'hydraulique.

Dès lors que le réseau de transport et de distribution existe,
investir dans la production décentralisée d'électricité, c'est jeter par les fenêtres un argent dont on a cruellement besoin pour financer la réduction de la demande. Plutôt que de poser des panneaux photovoltaïques dans l'Hexagone, il serait bien plus pertinent, pour l'industrie française et le CO2 planétaire, d'investir dans le solaire à concentration au Maghreb.


Le développement de la chaleur renouvelable vous semble, à l'inverse, plus justifié...


Jean-Marc Jancovici   

La question se pose en effet en des termes différents pour la chaleur, qui se transporte très mal et dont le gisement (géothermie basse température, bois) est bien réparti. Le bois constitue le deuxième poste de déficit de la balance commerciale, alors que la France dispose du premier gisement forestier d'Europe ! Pour les collectivités, il y a là un vrai domaine à investir.

Une politique de filière doit développer, sur une forêt en croissance régulière, à la fois des puits de carbone, du bois matériau et du bois énergie, le tout étant créateur d'emploi.

Dans les zones peu boisées ou dépourvues de ressources géothermiques, la récupération de la chaleur produite par les centrales nucléaires (note 1) pourrait, avec le développement du chauffage urbain, s'avérer une solution intéressante. Est-elle techniquement et économiquement viable ?

La production combinée d'électricité et de chaleur à partir de centrales nucléaires est faisable techniquement. La question se pose en termes économiques : quel niveau de prix les énergies fossiles devront-elles avoir atteint pour que la cogénération nucléaire -notamment la desserte en chaleur de populations situées au moins à 50 km des centrales- devienne compétitive ?

Face au double défi du changement climatique et de la dépendance aux énergies fossiles déclinantes que sont le pétrole et le gaz, il s'agit de se placer dans une économie de guerre et d'affecter massivement les ressources là où elles sont efficaces. La cogénération nucléaire peut être l'objet d'une action massive, qui sera source d'emplois et même d'exportations.
 
Autre politique locale moins favorable au climat qu'elle n'y paraît : l'implantation du tramway


Jean-Marc Jancovici   

Le coût de la tonne de CO2 évitée grâce à ce mode de transport n'est pas toujours des plus probants. Seul un passager de tramway sur dix a abandonné sa voiture, les autres voyageurs utilisaient déjà les transports en commun ou... se déplaçaient moins ou à pied.

Il faut aussi compter avec le trafic automobile induit en bout de ligne. La construction des infrastructures et du matériel roulant est source d'émissions, encore plus marquées pour un projet ferré s'il recourt à de nombreux tunnels et viaducs. La ligne E du RER aura "remboursé" sa dette carbone dans plus d'un siècle. Les nouveaux projets de transports en commun renforcent certes l'offre de mobilité ; ils ne réduisent pas nécessairement la vulnérabilité face au pétrole.


Les collectivités doivent-elles mettre l'accent sur le bâtiment, l'urbanisme et l'aménagement du territoire ?


Jean-Marc Jancovici

Elles ont certes un rôle à jouer en matière de rénovation thermique des bâtiments, mais leur intervention ne peut efficacement se déployer que si l'Etat fixe un cadre national : réglementation thermique, outils de financement, formation des artisans. Or, l'Etat n'a pas aujourd'hui la volonté de faire de la décarbonisation de la société la colonne vertébrale de son programme économique et les collectivités sont un peu livrées à elles-mêmes.

Pour ce qui est de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire, leur première tâche est d'investir dans une économie qui augmente la résilience du territoire face à la raréfaction annoncée du pétrole et du gaz.

Dans un contexte d'"Oil Crunch" (augmentation de long terme du prix du baril et baisse des volumes disponibles), les politiques d'urbanisme doivent avant tout éviter d'induire un accroissement de la demande de transports.

Dans le cadre du Grand Paris, implanter des zones d'activités autour des transports collectifs pourrait susciter des déplacements en voiture, si les logements voisins ne sont pas achevés ou trop chers. En outre, il faut s'attendre à une baisse sensible de l'immobilier en grande banlieue, ce qui en renforcera l'attrait économique alors qu'il faudrait en sortir!

Attention aussi à l'idée reçue selon laquelle l'activité tertiaire correspondrait à une dématérialisation sobre en énergie : elle est au contraire liée à une société très énergivore, les emplois de bureau restant basés sur des flux physiques intervenus "ailleurs" (pour construire, équiper et entretenir des locaux, mais aussi pour permettre "ailleurs" l'activité industrielle, qui justifie une activité tertiaire qui en dépend toujours à un moment où à un autre).

L'implantation d'une grande surface signifie des importations de produits fabriqués « ailleurs », notamment en Chine à grand renfort de charbon. Cela fait le bonheur du consommateur, mais le drame du salarié (qui au final se confondent). Dans les villes, le tertiaire occupe des surfaces équivalant à la moitié de celles de logement.


Comment, dans un contexte de finances locales tendues, faire accepter aux collectivités l'idée qu'elles pourraient, un jour, être assujetties à une taxe carbone ?

Jean-Marc Jancovici

 Les collectivités locales vivent de l'impôt ; pourquoi seraient-elles contre une taxe par principe? Cette taxe sera de toute façon payée, demain, aux pays fournisseurs d'énergie fossiles.

Une hausse de 50 dollars du prix du baril de pétrole équivaut à une taxe carbone de 100 euros la tonne de CO2: c'est le niveau que projetait, pour 2030, la commission Rocard , qui avait réfléchi aux conditions de mise en œuvre de la "contribution climat énergie" (note 2), inscrite dans le "Pacte écologique" signé par le candidat Sarkozy.

L'outil visait une réduction progressive de la consommation d'énergies fossiles, ce qui aurait certes suscité des efforts, mais il n'y a plus d'option sans effort. Soit on se paie la taxe à soi-même et l'argent reste chez nous, soit on subit des chocs pétroliers à répétition et l'argent part ailleurs, et nous subissons inflation et chômage.

 


Parcours

 
Né en 1962, Jean-Marc Jancovici est consultant depuis une vingtaine d'années.
Ce polytechnicien, diplômé de l'Ecole nationale supérieure de télécommunications, a notamment développé, pour l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, la méthode du "bilan carbone".


Associé aux réflexions de la fondation Nicolas Hulot (rebaptisée Fondation pour la nature et l'homme), il est co-auteur du "Pacte écologique", soumis aux candidats à la présidentielle de 2007. Cette même année, il fonde, avec l'économiste Alain Grandjean, Carbone 4, cabinet de conseil en stratégie carbone.
Ce "pro-nucléaire" affiché est membre de la commission d'experts de l'énergie, chargée en septembre par le gouvernement d'évaluer divers scenarios énergétiques à l'horizon 2050, dont une sortie progressive de l'atome.

Jean-Marc Jancovici est l'auteur de "Changer le monde", mai 2011, Calmann-Lévy

 

Note 1 - Le gisement est considérable : les centrales rejettent dans l'environnement environ 800 terawattheures (TWh) de chaleur par an pour produire 400 TWh d'électricité ; la consommation annuelle de chauffage de la France est de l'ordre de 550 TWh.

Note 2 - Projet invalidé par le Conseil constitutionnel fin 2009 et abandonné par le gouvernement, qui s'en remet à une initiative européenne

 

 Laurence Madoui  sur La Gazette.fr

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 08:23

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À compter du 28 octobre 2011, la réglementation thermique 2012 («RT 2012») est applicable à tous les permis de construire pour certains bâtiments neufs du secteur tertiaire (bureaux, bâtiments d’enseignement primaire et secondaire, établissements d’accueil de la petite enfance) et pour les bâtiments à usage d’habitation construits en zone ANRU. Cette norme s’inscrit dans le programme de réduction des consommations énergétiques décidé dans le cadre du Grenelle de l’environnement.
De tous les secteurs économiques, celui du bâtiment est le plus gros consommateur d’énergie en France (42,5% de l’énergie finale totale) et génère 23% des émissions de gaz à effet de serre (GES). La facture annuelle de chauffage représente 900 € en moyenne par ménage, avec de grandes disparités (de 250 € pour une maison «basse consommation» à plus de 1.800 € pour une maison mal isolée). Elle pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages, particulièrement sur les plus modestes d’entre eux. Ces dépenses tendent à augmenter avec la hausse du prix des énergies.
Depuis la mise en place d’une réglementation thermique (1974), la consommation énergétique des constructions neuves a été divisée par deux. Aussi, afin de réduire durablement les dépenses énergétiques, le Grenelle de l’environnement prévoit la mise en œuvre d’un programme de réduction des consommations énergétiques des bâtiments (articles 3 à 6 de la loi «Grenelle 1» du 3 août 2009) et de la diviser à nouveau par trois avec la nouvelle réglementation thermique, dite RT 2012.
Pour atteindre cet objectif, le plafond de 50kWhep/(m².an), valeur moyenne du label «bâtiments basse consommation» (BBC), va devenir la référence dans la construction neuve à l’horizon 2012.

Pour en savoir plus, utiliser le lien ci-dessous.


 

 http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-RT2012-un-saut-energetique-pour.html

 

Sur Mairie.info

 

 



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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 10:21

 

PS sigle 02Communiqué de
Laurence Rossignol, Secrétaire nationale à l’Environnement
Aurélie Filippetti, Secrétaire nationale aux Questions Energétiques



 

 

4 ans après le Grenelle, pari du détricotage tenu ! Du Grenelle de l’Environnement, des mesures, principes et mises en acte, il ne reste rien.

Quatre années après la tenue de la table ronde et du « dialogue à cinq », Nicolas Sarkozy n’a pas dérogé, pour une fois, à la promesse faite lors du Salon de l’Agriculture en mars 2010. L’Environnement commençait à bien faire : il a disparu du programme du gouvernement. La liste de ce que la droite s’est efforcée de défaire voire de fouler aux pieds est interminable: abandon de la fiscalité environnementale, reports successifs de la taxe poids lourds, rapport Ollier contre l’éolien, relèvement des seuils de réduction des pesticides, coup d’arrêt au développement du photovoltaïque, autorisation du pesticide Cruiser - illégale selon l’avis du Conseil d’Etat -, permis d’exploration des gaz et huiles de schistes toujours en vigueur…Jusqu’à l’actualité toute récente, qui le démontre encore.


Le décret sur la protection des eaux contre la pollution par les nitrates agricoles, paru le 10 octobre dernier, risque de permettre d’étendre davantage de lisier. Il prouve que le gouvernement continue de favoriser des pratiques intensives qui sont néfastes pour l'environnement alors même que la Commission Européenne, dans une missive datée du 18 juillet, rappelait à l’ordre la France sur sa gestion catastrophique du dossier des algues vertes, avec pénalités financières en suspens. 


L’esprit et la lettre du Grenelle sont bel et bien enterrés. Le satisfecit du Président de la République d’aujourd’hui est non seulement inélégant, mais en outre, il ne trompe personne : la France accuse un retard considérable en matière de transition environnementale. Ce virage, nécessaire et urgent, sera amorcé dès le début du mandat de François Hollande et de la gauche en 2012.

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 11:25

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Réduction du déficit du budget de l’Etat: les collectivités pourraient devoir faire un effort supplémentaire

 

Outre le gel des dotations de l’Etat décidé dans le cadre de la loi de programmation des finances publiques, un effort supplémentaire pourrait être demandé aux collectivités locales.
En effet, pour boucler le budget 2012 et tenir l’engagement de réduction du déficit, après la révision à la baisse des perspectives de croissance pour 2011 et 2012, le Gouvernement a décidé de prendre des mesures d’économies supplémentaires à hauteur d'un milliard d’euros. Dans ce cadre, les finances des collectivités locales devraient être mises à contribution.


Hier devant l’Association des journalistes parlementaires, Gilles Carrez, rapporteur du budget à l’Assemblée nationale, a, réitérant en partie des propos tenus lors dans l’édition du 28 septembre du journal "Le Monde", évoqué «deux directions», les opérateurs de l’Etat exerçant des missions de service public et les collectivités locales.
Concernant les collectivités locales, alors que la ministre du Budget, Valérie Pécresse, souhaite que l’effort supplémentaire atteigne 200 millions d’euros en 2012, Gilles Carrez considère pour sa part que l’on «peut largement aller au-delà d’une centaine de millions d’euros sans revenir sur la parole de l’Etat», toutefois sans atteindre le montant de 200 millions d’euros. «Il faut le faire sans rogner la parole de l’Etat», donc sans toucher notamment à la dotation globale de fonctionnement (DGF), a-t-il ajouté avant de souligner que «les collectivités locales ces 20 dernières années ont quand même réussi à recruter, hors décentralisation et transfert de compétences, plus de 700.000 fonctionnaires».


Sur le plan «technique», trois pistes peuvent être envisagées: un prélèvement sur le montant du produit des amendes de police allouées aux collectivités, une réduction de la compensation versée aux communes pour exonération de la taxe d’habitation pour les contribuables âgés de plus de 60 ans et non imposé à l’impôt sur le revenu, une réduction du taux de versement du FCTVA, en augmentant la réfaction mise en œuvre depuis de nombreuses années pour le financement de la contribution française au Budget européen.
Cette dernière option concernerait toutes les collectivités, alors que les deux premières n’affecterait que les communes et leurs groupements.


Pour sa part, l'AMF plaide pour le maintien des ressources affectées aux communes et aux communautés au niveau de ce qui est prévu actuellement dans le projet de loi de finances pour 2012.

 

Sur Mairie.info

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