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Section Daniel MAYER Canton de Mundolsheim
Fédération du Bas Rhin du Parti Socialiste
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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 07:46

 

 

Acteurs publics poursuit la publication d'opinions d'experts sur le rôle de l'État en donnant la parole à François Dubet. Le sociologue spécialiste de l’éducation préconise un État “maigre et plus fort”, accordant plus de pouvoirs aux collectivités locales.

En matière d’éducation, faut-il plus ou moins d’État ?


Je crois qu’il faut un État plus maigre et plus fort. Concernant l’université et l’école, les collectivités locales devraient avoir plus de capacité d’action et d’intervention. Dans le même temps, l’État doit garder une fonction de pilotage central, de régulation et assurer la péréquation. Aujourd’hui, dans le domaine de l’enseignement, l’État est souvent lourd, pesant. En réalité, quand on descend sur le terrain, l’État ne parvient plus à contrôler vraiment.


Les rectorats jouissent pourtant d’une grande autonomie…
Il existe en effet une forte déconcentration au niveau des rectorats, mais quel rôle réserve-t-on aux communes, aux départements, aux régions ? On ne peut pas éternellement demander aux collectivités locales de financer les équipements et leur entretien et les écarter de la politique scolaire locale. Elles devraient jouer un rôle.


Lequel ?
On pourrait imaginer une gouvernance des établissements scolaires plus enracinée localement, avec notamment des recrutements plus près du terrain. Je ne vois pas pourquoi les régions, les départements et les communes n’auraient pas leur mot à dire sur le contenu des formations. Dans le même temps, la France est ainsi faite, il faut que la plupart des acteurs déconcentrés jouent le même jeu, respectent les mêmes règles et visent les mêmes objectifs.


Difficile de trouver le bon équilibre…
Il faut rapprocher la décision des acteurs de terrain, mais l’État doit garder des agences centrales, des systèmes d’inspection afin d’assurer le contrôle et l’évaluation. On a l’impression que pour le primaire et le secondaire, la France reste entre deux eaux. On observe même parfois une forme de recentralisation et de reprise en main. Comme universitaire, je vis la réforme LRU [loi relative aux libertés et responsabilités des universités, ndlr] sur l’autonomie. Le navire est censé être dirigé par le capitaine élu et son équipage mais en réalité, par exemple, pour tout ce qui est comptable, le rectorat reprend la main et le ministère garde l’évaluation des équipes et des formations. D’une certaine façon, l’autonomie donnée d’une main est reprise de l’autre. Tout se passe comme si nous ne pouvions pas surmonter notre défiance envers les diverses formes de démocratie locale.


Dans l’hypothèse d’une décentralisation accrue du système éducatif, comment assurer la péréquation ?
Quand on regarde le système éducatif, la décentralisation a plutôt créé de l’égalité territoriale. Les régions et départements qui avaient du retard en matière d’équipement notamment ont vu les collectivités investir massivement et rééquilibrer. Heureusement, car l’État continue à donner beaucoup plus aux établissements socialement favorisés par le jeu de l’ancienneté des enseignants et de la multitude des options. Mais il existe aujourd’hui suffisamment d’outils pour maintenir l’unité de l’école, comme les concours de recrutement, les programmes nationaux…


Pour vous « État fort » rime donc avec « décentralisation » ?
On peut combiner la décentralisation et un pilotage fort de l’État. Ce n’est en aucun cas un affaiblissement de l’État. Et puis cessons de surestimer les succès de la tradition jacobine en matière d’égalité territoriale…


Y a-t-il un besoin de nouveaux services publics et comment y répondre ?
Si l’on prend le cas de la dépendance par exemple, il faut une politique forte et coûteuse. Mais là encore, faut-il pour autant créer un ministère et recruter une armée de fonctionnaires pour s’en occuper ? Je n’en suis pas convaincu. La délégation de service public à des associations contrôlées par l’État me paraît offrir plus de souplesse. Les travailleurs sociaux dépendent essentiellement d’associations contrôlées par l’État, à l’exception des éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse, qui sont des agents de l’État.


Le temps politique est-il compatible avec le temps de l’administration en matière de réforme et de gouvernance ?
Il y a de telles résistances à la réorganisation du système scolaire que nous sommes rentrés dans des cycles de petites réformes au coup par coup, épuisantes, et qui souvent se contredisent. Les gens de terrain commencent à trouver cela insupportable. Quand vous êtes universitaire, tous les quatre ans, votre laboratoire est évalué, mais la procédure change à chaque fois. Les effets de ces petits changements sont pervers car, paradoxalement, ils encouragent les comportements routiniers des personnels. Il faut donc admettre que la mise en œuvre d’une réforme sérieuse de l’éducation nationale prendrait des années et des années. Quand les pères fondateurs de l’école républicaine ont appliqué leur ambitieux programme, avec une école dans chaque village, les ministres ont changé, mais l’administration a poursuivi son œuvre.


 Laurent Fargues sur Acteurspublics.com

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 09:52

 

Elysee_Palace-_Paris_2005.jpg
Peu de femmes, beaucoup d’énarques, un savant mélange de jeunes technos, de profils expérimentés et d’incontournables de la galaxie Hollande : la composition de l’équipe de l’Élysée respecte la tradition.

Après la nomination des piliers de l’équipe Hollande, comme le secrétaire général Pierre-René Lemas, en poste dès la passation de pouvoirs, Aquilino Morelle, le conseiller politique, ou la directrice de cabinet, Sylvie Hubac, la présidence de la République a publié en fin de semaine dernière la liste des principaux collaborateurs de François Hollande. Une équipe découpée entre 5 pôles (cabinet, diplomatie, économie et finances, politiques publiques, presse et communication) auxquels s’ajoutent les militaires de l’état-major particulier et les aides de camp.

Pôle “Cabinet”


Ancien chef de cabinet de François Hollande, Faouzi Lamdaoui est désormais conseiller à l’égalité et à la diversité. Cité comme ministrable, puis pressenti pour être candidat aux législatives dans la Somme, ce fidèle collaborateur du Président se retrouve finalement à l’Élysée. Au sein du pôle “Cabinet”, il va côtoyer le conseiller “justice”, Pierre Valleix. Ce magistrat de 59 ans, passé par le cabinet d’Élisabeth Guigou au ministère de la Justice, était conseiller de Jean-Pierre Bel à la présidence du Sénat après avoir été avocat général près la cour d’appel de Montpellier et procureur de la République à Châteauroux.

Également venue du cabinet de Jean-Pierre Bel, Sophie Brocas, conseillère “administration et services publics”, est une ex-journaliste devenue haute fonctionnaire au ministère de l’Intérieur. Cette spécialiste de l’organisation territoriale de l’État a travaillé à deux reprises avec Pierre-René Lemas, place Beauvau, il y a dix ans, et récemment au Sénat. Autre fonctionnaire de l’Intérieur, Gilles Clavreul occupe à 39 ans le poste de conseiller “affaires territoriales”. Ancien élève de l’ENA, il s’occupait des carrières du corps préfectoral depuis 2008. Il a également été sous-préfet auprès du préfet des Hauts-de-Seine de 2002 à 2004.

Le conseiller chargé des relations avec le Parlement, Bernard Rullier, est un administrateur du Sénat, qui était jusqu’alors directeur adjoint du cabinet de Jean-Pierre Bel. Ancien secrétaire général du groupe PS au Sénat, Bernard Rullier est également passé par les cabinets Vaillant et Queyranne entre 1997 et 2002. La benjamine du pôle “Cabinet”, Constance Rivière, 32 ans, nommée conseillère “institutions, société et libertés publiques”, fait partie des brillants experts qui ont entouré le candidat Hollande durant la campagne. Protégée de Pierre Moscovici, Constance Rivière, ancienne élève de l’ENA, vient du Conseil d’État.

Pôle diplomatique


Traditionnellement très charpenté à l’Élysée, le pôle diplomatique s’appuie sur des hauts fonctionnaires chevronnés. Autour du “conseiller diplo” et sherpa G8, Paul Jean-Ortiz, on retrouve Philippe Léglise-Costa, un X-Ponts qui a débuté sa carrière au Monde avant d’entrer au Quai d’Orsay. Ancien conseiller technique d’Hubert Védrine, il était depuis 2008 représentant permanent adjoint de la France auprès de l’Union européenne. La conseillère “Afrique”, Helène Le Gal, est passée de 2000 à 2002 par le cabinet de Charles Josselin, ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie. Elle était depuis 2009 consule générale à Québec après avoir été sous-directrice d'Afrique centrale et orientale. Le conseiller “affaires stratégiques Asie”, Christian Lechervy, était directeur adjoint de la prospective au Quai d’Orsay. Ancien ambassadeur au Turkménistan, il a été conseiller de 2000 à 2002 au cabinet d’Alain Richard, ministre de la Défense de Lionel Jospin.

Le diplomate Emmanuel Bonne, en poste à la représentation française à l’ONU, spécialiste du Moyen-Orient, devient conseiller “Afrique du Nord, Moyen-Orient, Nations unies”. Le conseiller “Russie, Balkans, Amériques”, Fabien Penone, est un pur produit du Quai d’Orsay, qu’il a rejoint après l’ENA en 1997. Il était, depuis 2010, chef du service des relations extérieures de la Communauté et de l’Union à la direction de l’Union européenne. Quant au conseiller G8-G20, Matthieu Peyraud, il vient de la sous-direction des affaires économiques internationales du ministère des Affaires étrangères et a également été deuxième conseiller à Madrid.

Pôle “Économie-finances”


Trois conseillers ont été nommés au pôle “Économie et finances”. Sandrine Duchêne, jusqu’alors cheffe du département de la conjoncture à l’Insee, est la nouvelle conseillère “politique économique et finances publiques”. Elle a également été en charge de la sous-direction du service public de l’emploi à la délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle. Le conseiller “politiques fiscales et sectorielles”, Hervé Naerhuysen, sorti de l’ENA en 2007, arrive de la direction générale du Trésor. Arnaud Oseredczuk, 40 ans, conseiller “financement de l’économie et euro” vient de l’Autorité des marchés financiers. Conseiller référendaire à  la Cour des comptes, sorti de l’ENA en 1998, il était affecté à la direction des enquêtes et de la surveillance des marchés de l’Autorité des marchés financiers, présidée par Jean-Pierre Jouyet.

Pôle “Politiques publiques”


Au sein du pôle “Politiques publiques”, on retrouve comme conseiller “culture et communication” l’incontournable David Kessler. Ex-conseiller de Lionel Jospin à Matignon, cet agrégé de philosophie, ancien élève de l’ENA, a notamment été directeur général du CNC, directeur de France Culture et conseiller auprès du maire de Paris, Bertrand Delanoë. Son nom s’est imposé comme une évidence compte tenu de son parcours, de son expérience et de son engagement à gauche.

Dans le même pôle “Politiques publiques”, le professeur Olivier Lyon-Caen, chef du service neurologie de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, est nommé conseiller “santé et recherche médicale”. Patrick Vieu, ancien élève de l’ENA, haut fonctionnaire spécialiste des transports, est nommé conseiller “environnement et territoires”. Outre le cabinet de Jean-Pierre Bel au Sénat, passablement “pillé”, l’Élysée a également recruté au sein de l’Association des régions de France (ARF), présidée par Alain Rousset. Michel Yahiel, inspecteur général des affaires sociales, jusqu’alors délégué général de l’ARF, est nommé conseiller “travail, emploi, protection sociale”. Ancien DRH de la ville de Paris, il est passé dans les années 1990 par les cabinets de René Teulade et de Jean-Louis Bianco. 

Pôle “Presse et communication”

L’ARF perd également sa cheffe de cabinet, Claudine Ripert-Landler, qui rejoint le pôle “Presse et communication” de l’Élysée. Spécialiste des médias, ex-directrice générale adjointe du groupe Canal +, passée par les cabinets de Roger Fauroux et de Jean-Yves Le Drian au début des années 1990, Claudine Ripert-Landler est nommée conseillère “communication, stratégie, international”, tandis que Christian Gravel, également conseiller “communication”, s’occupe plutôt de la presse. Bras droit de Manuel Valls, Christian Gravel s’est imposé durant la campagne comme l’un des éléments les plus fiables et les plus efficaces de l’équipe de campagne de François Hollande. Autre arrivée à l’Élysée, celle de Paul Bernard, normalien de 35 ans, qui quitte la mairie de Paris pour devenir conseiller chargé des interventions et des études, sous l’autorité du conseiller politique Aquilino Morelle.

Alors que l’équipe élyséenne est quasiment au complet, la compagne du chef de l’État constitue aussi son propre cabinet. Valérie Trierweiller a déjà choisi son directeur de cabinet. Il s’agit d’un ancien journaliste, éditorialiste à RFI, et ami du couple présidentiel, Patrice Biancone.

Bruno Botella (Retrouvez toutes les biographies ci-dessous)

 

Changements autour du général Puga

Huit militaires ont été nommés en fin de semaine dernière à la présidence. Il s’agit de deux nouveaux aides de camp (le lieutenant-colonel de l’armée de terre Yann Latil et le capitaine de frégate Éric Lavault) et de 6 autres militaires (le général de brigade Éric Bucquet, le colonel de l’armée de l’air Jean-Claude Piccirillo, le capitaine de vaisseau Bernard-Antoine Morio de l’Isle, le commissaire en chef de 1re classe Bernard Abbo, le médecin en chef Sergio Albarello et le lieutenant-colonel de l’armée de l’air Patrice Morand, aide de camp) attachés à l’état-major particulier du Président, état-major dirigé par le général de corps d’armée Benoît Puga. Ce dernier, nommé auprès du Président, était déjà chef de l’état-major particulier de Nicolas Sarkozy depuis mars 2010.

 

Biographies associées

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 08:11

 

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Le journal Liberation a publié récemment la liste des condamnations pénales et mises en examens à l'UMP. Cette initiative louable rejoint le désir de république irréprochable proclamée par François Hollande durant la campagne de 2012. Pour autant nous n'oublions pas que cette même république irréprochable était celle là même que le candidat Nicolas Sarkozy inscrivait au coeur de ses discours en 2007 !

Il est à souhaiter que cette initiative du quotidien de gauche puisse s'étendre très prochainement à l'ensemble des partis figurant sur l'échiquier électoral, de façon à ce que nul ne puisse confondre la probité de la grande majorité de nos élus avec les trajectoires condamnables de quelques autres.


La liste

 

Alain Agostini (UMP) 2008

Condamné pour proxénétisme aggravé en bande organisée.

Alain Carignon (UMP) 1999

Condamné pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins.

Alain Ferrand (UMP) 2006

Condamné pour faux et usage de faux. 1998, condamné pour prises illégales d’intérêts et condamné pour fraude fiscale.

Alain Juppé (UMP) 2007

Condamné pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt.

Alain Tuduri (UMP) 2009-2010

Condamné pour discrimination raciale, pour avoir préempté les biens immobiliers que voulait acheter des personnes d’origines étrangères dans sa commune.

Axel Poniatowski (UMP) 2010

Condamné pour diffamation.

Brice Hortefeux (UMP) 2010

Condamné pour atteinte à la présomption d’innocence. Il a également été condamné pour injure non publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine. Le Parquet Général a requis sa relaxe, la décision a été mise en délibéré au 15 septembre.

Brigitte Barèges (UMP) 2011

Condamnée pour refus de mariage.

Bruno Sandras (UMP) 2011

Condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.

Charles Fabre (UMP) 2010

Mis en examen pour favoritisme.

Charles Pasqua (UMP) 2009 à 2010

Condamné pour trafic d’influence, pour favoritisme, pour faux, financement illégal de campagne et abus de confiance. Il est cité dans l’affaire de recel d’abus de biens sociaux pour l’association France Afrique Orient. Il également mentionné dans l’affaire du financement occulte du ministère de l’Intérieur et de l’Union des groupements d’achats publics.

Christian Vanneste (UMP) 2006 et 2007

Condamné pour propos homophobes, condamnation confirmée par la Cour d’Appel puis annulée par la Cour de Cassation. Il avait déclaré l’homosexualité inférieure à l’hétérosexualité et que l’homosexualité était une menace pour l’humanité.

Claude Polony (UMP) 2001-2009

Reconnu coupable de prise illégale d’intérêt, favoritisme et détournements de fonds.

Daniel Simonpieri (FN puis UMP)

Condamné pour favoritisme, fausses factures et emploi fictif. Il avait déjà été condamné pour harcèlement moral.

Damien Meslot (UMP) 2010

Condamné pour outrage à magistrat, mis en examen pour atteinte ou tentative d´atteinte à la sincérité d´un scrutin.

Denis Gautier-Sauvagnac (UMP) 2008

Mis en examen pour blanchiment d’argent.

Denis Jacquat (UMP) 2011

Condamné pour abus de confiance et infraction à la législation sur le financement des campagnes électorales.

Didier Schuller (RPR-UMP) 1994

Il s’enfuit aux Bahamas après la révélation d’une tentative de déstabilisation du juge Éric Halphen puis il continue sa cavale en Dominique Républicaine où il bénéficie d’une protection diplomatique, avant de revenir en France.

2005, condamné pour financement illégal de sa campagne.

2007, condamné pour avoir fait financer de façon occulte des activités politiques.

Dominique Paillé (UMP) 2004 C

Condamné pour abus de confiance.

Frédéric Chazal (UMP) 2010

Condamné pour diffamation.

Gaston Flosse (UMP) 2011

Condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.

Georges Tron (UMP) 2011

Mis en examen pour harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol.

Gérard Dezempte (UMP) 2006

Condamné pour discrimination.

Gérard Larrat (UMP) 2011

Condamné pour constitution de partie civile abusive ou dilatoire dans le but de nuire à son adversaire socialiste.> 2011, mis en examen pour complicité d’atteinte à la sincérité du scrutin, complicité de faux administratif et usage et complicité de manœuvre frauduleuse tendant à l’exercice irrégulier du vote par procuration, son élection a été annulée.

Gilles Forray (UMP) 2006

Condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

Guy Drut (UMP) 2005

Condamné pour avoir bénéficié d’un emploi fictif.

Guy Wildenstein (UMP) 2011 Mis en examen pour recel d’abus de confiance.

Henry Chabert (UMP) 2002

Condamné pour recel d’abus de biens sociaux.

Jacques Blanc (UMP) 2009

Mis en examen pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêt.

Jacques Masdeu-Arus (UMP) 2006 à 2009

Condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

Jacques Myard (UMP) 2009

Condamné pour diffamation.

Jean Reynaud (UMP) 2004

Condamné pour prise illégale d’intérêt. 2006, condamné pour harcèlement moral et dégradation des conditions de travail.

Jean Tiberi (UMP) 2009

Condamné pour occupation illégale des locaux de sa permanence et fraude aux électeurs.

Jean-Louis Garnier (UMP) 2011

Condamné pour coups et blessures.

Jean-Louis Masson (UMP) 1997

Condamné pour avoir financé la campagne d’un concurrent afin d’affaiblir sa rivale à droite.

Jean-Paul Alduy (UMP) 2008

Son élection est annulée pour fraude.

Jean-Paul Fournier (UMP) 2009 à 2010

Condamné pour prise illégale d’intérêt.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud (UMP) 2006

Condamnée pour diffamation et complicité de diffamation.

Joëlle Ferrand (UMP) 2010

Condamnée pour prise illégale d’intérêt et malversations.

Laurence Spicher-Bernier (UMP) 2010 à 2011 Condamnée pour exercice illégal de la profession d’avocat et escroquerie.

Lionel Cressiot (UMP) 2011

Mis en examen pour injures et diffamation.

Lucette Michaux-Chevry (UMP) 2002

Condamnée pour favoritisme dans l’attribution de marchés publics.

Manuel Aeschlimann (UMP) 2009

Condamné pour favoritisme dans l’attribution d’un marché public.

Marie-Jeanne Bozzi (UMP) 2002

Condamnée pour proxénétisme aggravé, association de malfaiteurs et dissimulation de travail clandestin.> 2007, condamnée pour soustraction au paiement de l’impôt, omission de déclaration et fraude fiscale.> 2009, mise en examen pour association de malfaiteurs en vue de la commission d’un homicide en bande organisée.

Maurice Gutman (UMP) 2010

Condamné pour proposition sexuelle à une mineure de 12 ans.

Michel Buillard (UMP) 2011

Condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts.

Michel Habig (UMP) 2006

Condamné pour avoir fait incendier 14 caravanes appartenant à des Roms installées sur un terrain municipal.

Nicolas Bazire (UMP) 2011

Mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.

Olivier Deleu (UMP) 2011

Mis en examen pour injures et diffamation.

Olivier Rey (UMP) 2008

Condamné pour violences, menaces et dégradation grave du bien d’autrui à raison de la religion.  

Patrick Balkany (UMP) 2003

Condamné pour injure publique et pour diffamation. 1999, condamné pour avoir rémunéré aux frais du contribuable trois personnes désignées comme des employés municipaux mais qui ne s’occupaient que de son appartement de Levallois-Perret et de sa résidence secondaire près de Giverny.

Philippe Brun (UMP) 2011

Condamné pour fraudes et multiples abus de biens sociaux.

Pierre Bédier (UMP) 2009, Condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

Philippe Pemezec (UMP) 2010, condamné pour injures.

2007, condamné pour irrégularités lors de sa campagne, son élection sera annulée.

Renaud Donnedieu de Vabres (UMP) 2004

Condamné pour blanchiment d’argent.

2011, mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.

René Vestri (UMP) 2009

Condamné pour travail dissimulé.

2010, mis en examen pour blanchiment à titre habituel et en bande organisée, trafic d’influence et association de malfaiteurs.

Richard Cazenave (UMP) 1999

Condamné pour abus de biens sociaux.

2004, condamné pour recel et complicité d’abus de biens sociaux.

Serge Dassault (UMP) 1998

Condamné pour corruption. 2010, condamné pour procédure abusive.

2009, condamné pour avoir acheté des voix lors des municipales.

Thérèse Aillaud (UMP) 2002

Condamnée pour détournement de fonds publics.

Thierry Gaubert (proche de l’UMP, collaborateur de Sarközy) 2008,

Mis en examen pour abus de biens sociaux et escroquerie.

2011, mis en examen dans le cadre de l’affaire Karachi.

Thierry Leprince (UMP) 2007

Condamné pour viol sur une mineure de 12 ans.

Vincent Toni (UMP) 2008 et 2011

Condamné pour corruption passive.

Xavier Dugoin (UMP) 1997

Condamné pour trafic d’alcool, salaires fictifs et corruption.

1999 à 2000, condamné pour abus de confiance, détournement de fonds publics, falsification de documents administratifs et prise illégale d’intérêt.

2001, mis en examen dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs du conseil général de l’Essonne, cette procédure sera annulée pour vice de forme.

2010, un cadre de l’UMP

Le nom n’a pas été diffusé a été mis en examen pour vol de carte bancaire d’un ancien dirigeant et pour le piratage, lors de la guerre interne à l’UMP 31, de l’ordinateur de l’ex-présidente Christine de Veyrac.

Les policiers ont retrouvé des objets acquis frauduleusement au domicile du jeune homme.

L’UMP

condamnée pour atteinte au droit à l’image avec son LipDub en diffusant pour le clore la photo d’une jeune femme n’y ayant pas consenti.

L’UMP

Al’origine de la loi Hadopi, condamnée pour piratage d’une musique de MGMT utilisée lors de leurs meetings et pour illustrer plusieurs vidéos diffusées sur Youtube.

André Santini

Mis en examen le 30 mai 2006 pour «prise illégale d'intérêt», «faux et usage de faux» et «détournement de fonds publics».

UMP Eric Woerth Mis en examen jeudi 9 février 2012, cette fois pour "recel" dans l'enquête sur l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt, a déclaré son avocat.

 

 

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 04:36

brustier

UNE PROPHETIE EUROPEENNE

Le 17 mai, jour de passation de pouvoir entre ministres, est parue dans le journal Le Monde une tribune porteuse d'une sombre prophétie qui mérite d'être relevée, tant elle pourrait plomber l'ambiance à l'échelle européenne, à l'heure où la gauche française fête une alternance si longtemps attendue.  

 

Titré « Entre l'UMP et le FN, les digues sont rompues »* et signé par le chercheur Gaël Brustier**, ce texte remarquable nous signale une recomposition de la droite française et la suppression des frontières entre le parti d'origine gaulliste et celui de Marine le Pen, avec les futures conséquences électorales que nous pouvons imaginer et que Gaël Brustier décrit en ces termes : « Les "digues" s'affaisseront vraisemblablement en juin mais devraient surtout s'effondrer au cours des élections locales de 2014 et 2015. Si plus rien ne peut empêcher la droite de suivre son destin, la seule question désormais est celle de la prise de conscience de la gauche française »

 Conséquence d'une stratégie politique initiée sous Nicolas Sarkozy, de l'évolution sémantique du discours FN et des perceptions culturelles et économiques de la mondialisation comme de la construction européenne, ce phénomène touche aujourd'hui à sa quintessence et produira bientôt ses fruits, avec d'autant plus de vigueur que le scrutin proportionnel l'y aidera. Fondé sur un repli identitaire d'origine économique et sociale, « la peur du déclin collectif et du déclassement individuel », il est d'autant plus prononcé que la gauche d'orientation sociale-démocrate a déserté depuis longtemps le terrain de ces préoccupations, s'engageant tant sur les voies du sociétal et du suivisme néo-libéral et européïste. Le constat dressé par Gaël Brustier s'appuie sur une analyse spécifique de la situation française, notant au passage qu'en dépit du succès de la gauche à l'élection présidentielle, le cumul des voix obtenues par l'UMP et et le FN fut supérieur lors du scrutin 2012 à celui de 2007, qui avait pourtant porté la droite sarkozyste au pouvoir.


UN PHENOMENE SE CONSOLIDANT DANS TOUTE L'EUROPE


Cet état de fait pourrait relever du simple épiphénomène s'il n'était aujourd'hui observable à des degrés divers dans toutes l'Europe, témoignant, selon l'expression de Gaël Brustier d'un « occidentalo-centrisme » délétère, dont les éventuelles conséquences ne laissent d'inquiéter. Tandis que la Grèce, à la fois engluée dans ses propres turpitudes et victime de la règle communautaire, s'est déjà livrée aux extrémistes de tous bords, allant jusqu'à offrir une véritable représentation au parti authentiquement néo-nazi « Aube Dorée », la Scandinavie, le Benelux, l'Europe de l'Est (Hongrie, République Tchèque etc...), succombent un par un aux sirènes d'une extrême droite qui, à l'image du Front National, a su infléchir sa stratégie ces dernières années, conjuguant ses traditionnels penchants xénophobes avec un discours de plus en plus social et noniste. Cette évolution s'est également portée sur la nature même du contenu xénophobe. Quand naguère, c'était l'étranger en lui-même qui était pointé du doigt, quand il ne s'agissait pas de la communauté cohabitante comme dans les Flandres, c'est aujourd'hui la corrélation entre l'origine et la religion supposée, notamment « arabo-islamique ». On a vu, dans un autre registre, lors de l'affaire « Merah », les confusions que cela pouvait engendrer, quand les autorités françaises, parlant des militaires assassinés, ont considéré à tort ceux-ci comme forcément « d'origine musulmane », au prétexte de leurs ascendances nord-africaines. Cette désignation de l'ennemi, conjuguée au repli identitaire et à la volonté de reconnaissance croissante des origines chrétiennes de l'Europe, se double d'une défiance de plus en plus prononcée vis-à-vis d'une technocratie européïste déconnectée, supposée vendue au monde de la finance ; entité sans visage mais également susceptible d'assimilation confessionnelle. On le voit dans le cas extrême de la Grèce où la situation économique et politique commence à se déporter sur des considérations antisémites, comme en Pologne où, parallèlement à un travail de mémoire national récent et salutaire sur l'origine de l'antisémitisme, les partis de droite et d'extrême droite n'hésitent pas à user à nouveau de l'élément judaïque, tant (et c'est une « tradition » en Pologne) pour revendiquer l'unicité chrétienne que pour fustiger certains problèmes économiques, en dépit de la croissance soutenue connue par le pays (3,9% en 2011 et 2,5% de prévision pour 2012). Ce phénomène est également observable en Suisse, pays prospère s'il en est, et non communautaire, mais victime de la peur bien connue de la contagion et dans lequel le parti d'extrême droite (UDC) est la première force politique, ayant réuni un peu moins de 30% des voix lors des deux derniers scrutins fédéraux.


AU ROYAUME DES AVEUGLES


Au niveau des principaux régimes européens, tous plus ou moins dominés par la droite libérale jusqu'à l'élection de François Hollande, le doute commence seulement à s'immiscer parfois, au milieu d'un océan d'aveuglement. Tandis que le gouvernement Allemand, pourtant en sursis, s'apprête à livrer une guérilla contre celui de Jean-Marc Ayrault, sur la renégociation du TCE, son Ministre des Finances Wolfgang Schäuble prédit sans rire une amélioration de la crise de la zone euro d'ici un ou deux ans, dans la poursuite des politiques d'austérité, et appelle à l'élection d'un véritable Président de l'Europe, élu au suffrage direct, sorte d'incarnation d'un pays qui n'existe pas et avance sans l'assentiment de ses peuples. Pendant ce temps, et dans le même ordre d'idée, l'ancien Président de la Banque Centrale Européenne, Jean-Claude Trichet, en visite à Washington, pour glorifier son bilan, plaide pour la mise sous administration européenne directe des pays incapables de mettre en œuvre les « préconisations » économiques de l'U.E. On le voit, le fossé déjà abyssale entre le regard porté par les citoyens, en France comme ailleurs en Europe, sur leur perte de contrôle identitaire et économique et les directions envisagées au plus haut niveau communautaire, ne peut que se creuser au profit des partis d'extrême droite qui font en partie leur lit sur le refus de la mondialisation et d'une Europe purement financière. Ce phénomène ne peut que s'aggraver si, à l'échelon national, des parties entières du territoire et des populations sont en butte à la suppression des éléments de cultures locales (auquel la télévision participe grandement), des services publics fondamentaux (éducation, sécurité, santé, justice) ainsi que des symboles républicains, et que les citoyens assistent désarmés à l'accentuation des inégalités au profit d'une élite (de droite comme de gauche) atteinte de cécité et prompte à s'absoudre de toute responsabilité dans la dégradation globale des choses.


UNE RESPONSABILITE EXCEPTIONNELLE


De ce point de vue, on comprend bien que la gauche Française, portée au pouvoir par la grâce du rejet de la personnalité de Nicolas Sarkozy, davantage que par une adhésion à son programme politique, joue aujourd'hui bien plus que sa simple crédibilité. Les premières mesures qu'elle adoptera, notamment en matière de sécurité, de service public et de justice fiscale, mais plus encore sa capacité à faire entendre une voix différente en Europe, à l'écoute des peuples et dans la contestation d'une vision purement technocratique et financière, auront des conséquences absolument déterminantes. Elles engageront tout simplement la survie de la raison républicaine et de la cohésion européenne et nécessitent d'être menée avec un sérieux et une gravité exceptionnels.


* http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/17/entre-l-ump-et-le-fn-les-digues-sont-rompues_1703127_3232.html

 

** Gaël Brustier est l'auteur de :

"Voyage au bout de la droite" avec Jean-Philippe Huelin : Mille et une nuits

"Recherche le peuple désespérément" avec Jean-Philippe Huelin : Bourin Editeur

 

Wuyilu Sur Agoravox

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 08:49

 

@Anne Lambert

 

Les propriétaires de pavillons en lotissement périurbain votent-ils nécessairement à droite ? Au-delà de l’image du conservatisme des propriétaires, l’enquête menée par Anne Lambert dans l’Est lyonnais souligne les recompositions en cours dans ces territoires et la complexité des logiques du vote.

Les territoires du vote

L’accession à la propriété des classes populaires constitue un mot d’ordre politique depuis de nombreuses années. Nicolas Sarkozy en a fait un des thèmes centraux de sa campagne en 2007, en appelant de ses vœux « une France de propriétaires », comme en 2012, en proposant d’augmenter les droits à bâtir [1]. Sa position repose sur un calcul électoraliste et des considérations idéologiques selon lesquelles les propriétaires votent davantage à droite que les locataires, en particulier ceux du parc HLM. Dans le prolongement des analyses marxistes, Haumont (1966) et Bourdieu (1990) avaient, en effet, souligné le conservatisme des pavillonnaires. Alors que de nombreux sondages politiques soulignent aujourd’hui les corrélations statistiques entre vote à droite et statut de propriétaire, ou encore vote FN et espaces périurbains [2], ces travaux n’épuisent ni le sens à donner au vote à droite, ni la diversité des orientations politiques dans ces territoires (Rivière 2008 ; Cartier et al. 2008). Comment, sinon, expliquer le maintien d’un vote à gauche dans certains lotissements des communes périurbaines populaires, au côté d’un fort vote à droite ?

Cette contribution, qui apporte un éclairage sur les comportements électoraux des nouveaux pavillonnaires issus de l’immigration, entend ainsi contribuer à l’analyse de la bipolarisation des votes observée en territoire périurbain. Deux évolutions sociologiques majeures semblent, en effet, particulièrement influer sur les positionnements politiques observés à l’échelle locale (celle des communes ou des lotissements) : la hausse de la part des ménages issus de l’immigration au sein du parc pavillonnaire et les difficultés croissantes d’accès à la propriété des ménages modestes. Une partie des acquéreurs sont, en effet, par leurs socialisations primaire et résidentielle, durablement ancrés à gauche. En outre, les difficultés et les déceptions générées par les parcours d’accession, en dépit des promesses électorales, et la racialisation des rapports de voisinage observée dans les lotissements, au contact des « petits-moyens blancs » avec lesquels ils cohabitent, semblent également consolider leurs orientations politiques.

Le périurbain, un espace de promotion pour les immigrés et leurs descendants

Le vote à gauche des pavillonnaires n’est pas une nouveauté historique : les lotissements « défectueux » construits en banlieue parisienne, à Drancy, Bobigny ou encore à Noisy-le-Sec, faisaient partie de la ceinture rouge (Fourcaut 2000). La population ouvrière « déracinée », composée de Parisiens, de provinciaux et d’étrangers, y faisait face à des conditions de vie particulièrement difficiles (absence d’aménagement, de transport, d’hygiène, etc.) qui inquiétaient les élites politiques. Près d’un siècle plus tard, malgré les nombreuses évolutions législatives qui encadrent désormais la production des lotissements, on retrouve certains de ces traits structurants. La hausse des prix immobiliers dans les grandes agglomérations a conduit à la spécialisation des espaces périurbains lointains dans l’accueil des classes populaires [3]. Bien que minoritaires, les ménages issus de l’immigration semblent également y trouver une voie d’accès à la propriété : aspirant à l’amélioration de leur cadre de vie [4], ils sont aussi moins exposés aux discriminations que dans d’autres secteurs du marché du logement, en particulier le parc social valorisé (Tissot 2006) [5].

Pour autant, le lien de ces nouveaux propriétaires employés et ouvriers avec le vote est loin d’être mécanique. Des travaux sociologiques récents invitent en effet à se méfier d’une représentation stigmatisante du vote des classes populaires en dépit des évolutions structurelles qui traversent la société française (hausse du chômage, montée du racisme, stigmatisation des quartiers d’habitat social notamment) : c’est d’abord l’abstention qui caractérise aujourd’hui le comportement électoral des classes populaires alors que le vote FN, quoique en hausse chez les ouvriers, reste dans l’ensemble plus fréquent chez les professions libérales et les petits patrons (Collovald et Schwartz 2006).

À Virieu-Solognieu, petite commune populaire en forte croissance située à 35 kilomètres à l’est de Lyon [6], où nous avons enquêté, Marine Le Pen obtient ainsi un score nettement plus élevé qu’en moyenne nationale (24,3 %), mais François Hollande reste en tête au premier tour des présidentielles avec 27 % des suffrages exprimés. S’il est battu au second tour par le candidat sortant, qui perd toutefois 6 points entre 2007 et 2012, le candidat du PS obtient ses meilleurs scores dans le bureau de vote de la Plaine, un secteur où ont été récemment construits plusieurs grands lotissements « bon marché ». Aux élections municipales, malgré des clivages partisans moins affirmés, la gauche l’emporte également sans interruption depuis 1983. Ces résultats invitent ainsi à nuancer les analyses faites en population générale pour les contextualiser, en fonction du type de scrutin, mais aussi en tenant compte de la diversification des trajectoires sociales et migratoires des pavillonnaires à l’échelle locale (la commune) et micro-locale (le lotissement).

Les raisons du vote à gauche d’une partie des nouveaux propriétaires

Dans l’un de ces nouveaux lotissements, l’enquête de terrain [7] montre, en effet, qu’un tiers des ménages sont issus du parc HLM et des grandes cités d’habitat social de proche banlieue, et que près d’un ménage sur deux est composé d’au moins un conjoint immigré ou issu de l’immigration (seconde génération) [8]. Les origines géographiques se sont, à cet égard, diversifiées : les ménages originaires du Maghreb, d’Afrique sub-saharienne et d’Asie du Sud-Est ont fait leur apparition au côté des familles d’origine espagnole, italienne et portugaise qui étaient jusque-là surreprésentées parmi les immigrés engagés dans des parcours d’accession au cours des années 1970 [9]. En outre, ces ménages ont presque tous bénéficié de dispositifs d’incitation fiscale et d’aides à l’accession à la propriété, de nature variable selon la période d’achat : déduction des intérêts d’emprunt (2007-2009), Prêt à taux zéro, Pass foncier (2007-2010), etc. Mais si ces aides leur apparaissent parfois comme l’application des promesses électorales du candidat Sarkozy, les entretiens montrent que tous, loin de là, n’ont pas voté Sarkozy en 2007. La radicalisation de son discours a sans doute contribué à les en éloigner davantage lors du dernier scrutin.

En effet, par leur parcours migratoire, leur socialisation primaire et les liens forts qu’ils gardent avec une partie de leurs parents et amis encore locataires des cités HLM, ces nouveaux propriétaires se sentent nettement plus proches de la gauche, même si ce positionnement ne se traduit pas toujours par une participation électorale régulière [10]. En outre, l’achat de la maison à crédit nourrit ou renforce souvent un sentiment d’iniquité : les aides versées par l’État ne compensent que partiellement la hausse des coûts de l’immobilier et l’allongement des durées d’emprunt qui en découle ; si l’effort qui reste à fournir pour acquérir ces petites maisons préfabriquées vendues sur catalogue est grand, ces mêmes acquéreurs n’hésitent pas à les qualifier de « HLM à plat » ou de « maisons en carton ». Loin de se comporter en « petit-bourgeois », ces nouveaux propriétaires n’apparaissent pas dupes.

Le cas d’Azou illustre cette déconnexion relative entre le vote et le statut résidentiel. Ayant grandi dans une cité HLM de Strasbourg, où vivent encore sa famille et celle de sa femme, algériennes, il a bénéficié, non sans peine, du Pass foncier pour faire construire sa maison, mais, comme la plupart des autres ménages algériens du lotissement, il soutient le PS depuis toujours (« J’étais même allé voir le député Philippe Meunier, j’ai dit : “Comment ça se fait ? Sarko, il dit un truc et vous ne le faites pas !” En plus, il est droite droite, lui ! »). Dans la famille Ben Saad, également en cours d’accession après un long passage par le parc HLM local, c’est la photo du jeune fils avec François Hollande, lors d’un meeting à Grenoble, qui fait la fierté de la famille. Le père, 47 ans, ouvrier, attaché à la gauche, ne peut pas voter : « De toute façon, j’ai une carte de résident. On ne vote pas, nous. C’était proposé à l’époque mais depuis, on n’en parle plus. Sarkozy, quand il était ministre de l’Intérieur, il a refusé ».

La racialisation des rapports de voisinage et ses effets sur le vote

Ces deux exemples, qui reposent sur des configurations familiales sensiblement différentes, soulignent la complexité des ressorts sociaux des choix électoraux et posent la question du rôle de l’expérience migratoire. Toutefois, si, comme le rappellent les politistes, le vote est parfois volatile ou déconnecté entre les scrutins locaux et nationaux, la catégorie « immigré » est également loin d’être homogène. Stéphanie, 30 ans, fille d’un immigré espagnol ouvrier du bâtiment, a elle-même fait l’expérience de la précarité professionnelle après avoir arrêté ses études en première année de BTS ; aujourd’hui, elle est employée dans une régie immobilière et a épousé un petit cadre en ascension sociale. Si elle a fermement soutenu le candidat Sarkozy en 2007 comme en 2012, aux élections municipales elle vote pour le maire PS, qui effectue son troisième mandat. Le fort sentiment d’injustice sociale qu’elle éprouve face à la faiblesse des aides institutionnelles reçue au début de sa vie active comme dans son parcours d’accession à la propriété [11] rappelle le modèle de la conscience triangulaire développé par Olivier Schwartz [12] :

« À l’époque, j’étais allée les voir [la CAF] et je leur avais dit : “Quoi, il faudrait que je m’appelle Fatima, que j’aie quatre enfants et que je sois à la rue ?” Merde, nous, on bosse, on fait tout ce qu’on peut, on n’a rien. C’est vrai que ça fait râler. Le système français est comme ça. Mais c’est en train de changer et c’est bien. Sarko, tout le monde le critique, mais il a quelques bonnes idées ! »

Stéphanie apparaît ainsi représentative de cette seconde catégorie de pavillonnaires qui, nouvellement propriétaires et appartenant aux petites classes moyennes [13], voient dans l’arrivée des ménages issus des « nouvelles » vagues d’immigration une menace pour leur statut social. Au sein du lotissement, Stéphanie est d’ailleurs particulièrement mobilisée contre les enfants de la tranche d’à-côté : « On leur a dit : retournez vite là-bas, dans votre quartier ! Ce n’est pas le même milieu. C’est vraiment… la cité profonde qui est venue s’installer là ». En retour, ces tensions, qui traduisent une racialisation des rapports sociaux dans ces territoires, contribuent à consolider la socialisation politique des pavillonnaires issus de l’immigration récente. Rita, 38 ans, vendeuse congolaise et mère de trois enfants, se sent ainsi injustement attaquée : « Tu vois, c’est des enfants noirs. Je suis sûre que nous, comme on est noirs, ils vont tous nous mettre dans un même panier ! » Logée pendant 14 ans dans une grande cité HLM de Saint-Priest, elle se sent, ici, davantage confrontée au racisme [14].

Les évolutions sociologiques qui touchent une partie des espaces périurbains, notamment la progression de la part des ménages issus de l’immigration et la hausse des coûts d’accès à la propriété, ainsi que les recompositions des modes de cohabitation qu’elles impliquent invitent à repenser le lien entre statut résidentiel et vote. Elles interrogent plus largement le travail d’unification symbolique, effectué à des fins électoralistes, de la catégorie de « propriétaire », qui recouvre en réalité une diversité croissante de situations, y compris à l’échelle d’un même lotissement.


Bibliographie

  • Bourdieu, P. et Saint-Martin, M. 1990. « Le sens de la propriété : la genèse sociale des systèmes de préférences », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 81, p. 52-64.
  • Cartier, M., Coutant, I., Masclet, O. et Siblot, Y. 2008. La France des « petits-moyens ». Enquête sur la banlieue pavillonnaire, Paris : La Découverte.
  • Charmes, E. 2005. La vie périurbaine face à la menace des gated communities, Paris : L’Harmattan.
  • Collovald, A. et Schwartz, O. 2006. « Haut, bas, fragile : sociologies du populaire » (Propos recueillis par S. Grelet, F. Jobard et M. Potte-Bonneville), Vacarme, n° 37.
  • Donzelot, J. 2004. « La ville à trois vitesses : relégation, périurbanisation, gentrification », Esprit, n° 303, p. 14-39.
  • Fourcaut, A. 2000. La banlieue en morceaux. La crise des lotissements défectueux en France dans l’entre-deux-guerres, Grâne : Créaphis.
  • Girard, V. 2009. Un territoire périurbain, industriel et ouvrier. Promotions résidentielles de ménages des classes populaires et trajectoires d’élus salariés intermédiaires de l’industrie, thèse de doctorat sous la direction d’Alban Bensa.
  • Jaillet, M.-C. 2004. « L’espace périurbain : un univers pour les classes moyennes », Esprit, n° 303, p. 40-61.
  • Magri, S. 2008. « Le pavillon stigmatisé. Grands ensembles et maisons individuelles dans la sociologie des années 1950 à 1970 », L’Année sociologique, vol. 58, n° 1, p. 171-202.
  • Maurin, E. 2004. Le ghetto français, enquête sur le séparatisme social, Paris : Le Seuil.
  • Park, R. E., Burgess, E. W. et McKenzie, R. D. 1925. The City, Chicago : University of Chicago Press.
  • Rivière, J. 2008. « Le vote pavillonnaire existe-t-il ? Comportements électoraux et positions sociales locales dans une commune rurale en cours de périurbanisation », Politix, vol. 21, n° 83, p. 23-48.
  • Tissot, S. 2005. « Une discrimination “informelle” ? L’usage du concept de mixité sociale dans la gestion des attributions de logements HLM », Actes de la recherche en sciences sociales, n° 159, p. 55-69.

Notes

[1] Il s’agit d’augmenter de 30 % les droits à construire qui sont attachés à un logement (neuf ou ancien) et qui sont définis dans le Plan local d’urbanisme.

[2] Localisation périurbaine et propriété occupante ne se recoupent qu’imparfaitement.

[3] Sur le rôle des recompositions industrielles dans la périurbanisation des ménages modestes, voir le travail de V. Girard (2009) sur la plaine de l’Ain. Voir également le numéro thématique de Politix (n° 83, 2008) consacré aux Mondes ruraux.

[4] Cette aspiration apparaît, cependant, bien différente de la recherche d’« entre-soi » décrite à propos des classes moyennes supérieures (Jaillet 2004 ; Donzelot 2004 ; Maurin 2004 ; Charmes 2005).

[5] D’après l’Enquête Logement (INSEE), en 2006, 39 % des ménages immigrés sont propriétaires de leur logement contre 59 % des ménages français de naissance, un écart qui se réduit depuis les années 1990. Ce taux varie toutefois selon les pays d’origine et le type de logement. Les immigrés d’Algérie et d’Afrique sub-saharienne restent nettement sous-représentés, avec respectivement 23 % et 10 % de ménages propriétaires. En outre, en 2006, seulement 8 % des ménages qui ont fait construire une maison sont immigrés.

[6] Les noms de communes ont été anonymisés. Au dernier recensement de 2011, la commune comporte près de 6 000 habitants.

[7] Les données sont tirées d’une enquête ethnographique menée entre 2008 et 2011 ; elles mobilisent les listes nominatives du recensement (pour les années 1970) et des données regroupées (après 1982), les permis de construire, ainsi que des entretiens approfondis menés auprès des nouveaux propriétaires et des élus locaux. Elles ont été complétées par des données tirées de l’Enquête nationale sur le logement (INSEE).

[8] Les deux populations ne se recoupent qu’imparfaitement parce qu’une partie des acquéreurs issus de l’immigration se recrute aussi parmi les ménages « locaux ».

[9] Ce renouvellement des zones périurbaines souligne la constance des modèles spatiaux d’intégration entre les vagues migratoires mis en avant par l’École de Chicago (Park et al. 1925).

[10] Sans oublier qu’une minorité de ces pavillonnaires, de nationalité étrangère, sont exclus du droit de vote du fait des conditions restrictives de la législation française en matière électorale.

[11] « On a eu le prêt à taux zéro sur 11 000 euros. C’est la seule chose à laquelle on a eu droit ».

[12] Selon Schwartz, les fractions stables des classes populaires ont le sentiment d’être moins bien traitées que les dominants, mais aussi que les familles pauvres et immigrées eu égard au système de redistribution socio-fiscal. Leur conscience sociale triangulaire trouverait un écho dans le discours politique de Nicolas Sarkozy (particulièrement en 2007) qui « cherche à faire émerger un peuple qui se définirait par opposition non pas à ce qui vient du « haut » de la hiérarchie sociale, mais d’abord et avant tout par opposition à des menaces venues de ceux qui sont plus bas, des immigrés et des nouvelles “classes dangereuses”. » (Collovald et Schwartz 2006).

[13] Elles sont caractérisées par des métiers de petit encadrement (agents de maîtrise, techniciens, cadres de promotion, etc.) et des mobilités sociales de faible ampleur.

[14] La commune périurbaine comporte nettement moins de ménages immigrés que la cité d’habitat social déqualifiée dans laquelle a vécu Rita. En outre, les ménages d’Afrique sub-saharienne y sont nettement sous-représentés.

 

Sur metro politiques.eu

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 06:21

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La liste des membres du gouvernement annoncée par le secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas :

18 ministres

1. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères

2. Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale

3. Christiane Taubira, Garde des Sceaux, ministre de la Justice

4. Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, des Finances et du commerce extérieur

5. Touraine, ministre des Affaires sociales et de la santé

6. Cécile Duflot, ministre de l'Egalité des territoires et du logement

7. Manuel Valls, ministre de l'Intérieur

8. Nicole Bricq, ministre de l'Ecologie, du développement durable et de l'énergie

9. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif

10. Michel Sapin, ministre du Travail, de l'emploi et du dialogue social

11. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense

12. Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la communication

13. Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche

14. Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement

15. Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture et de l'agroalimentaire

16. Marilyse Lebranchu, ministre de la Réforme de l'Etat, de la décentralisation et de la fonction publique

17. Victorin Lurel, ministre des Outremer

18. Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative

16 ministres délégués

19. Jérôme Cahuzac, ministre délégué auprès du ministre de l'Economie, des finances et du commerce extérieur, chargé du Budget

20. George Pau-Langevin, ministre délégué auprès du ministre de l'Education nationale, chargée de la Réussite éducative

21. Alain Vidalies, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement

22. Delphine Batho, ministre déléguée auprès de la Garde des Sceaux ministre de la Justice

23. François Lamy, ministre délégué auprès de la ministre de l'Egalité des territoires et du logement, chargé de la Ville

24. Bernard Cazeneuve, ministre délégué auprès du Ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes

25. Michèle Delaunay, ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes âgées et de la dépendance

26. Sylvia Pinel, ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée de l'Artisanat, du commerce et du tourisme

27. Benoît Hamon, ministre délégué auprès du ministre de l'Economie, des finances et du commerce extérieur, chargé de l'Economie sociale et solidaire

28. Dominique Bertinotti, ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la santé, chargée de la Famille

29. Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la santé, chargée des Personnes handicapées

30. Pascal Canfin, ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du Développement

31. Yamina Benguigui, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée des Français de l'étranger et de la francophonie

32. Frédéric Cuvillier, ministre délégué auprès de la ministre de l'Ecologie et du développement durable, chargé des Transports et de l'économie maritime

33. Fleur Pellerin, ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des PME, de l'innovation et de l'économie numérique

34. Kader Arif, ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants.

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 08:02

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crise de la dette ? Non un système social à l’agonie ! 1ère partie

 

« La crise de la dette », expression mise à toutes les sauces pour justifier la destruction de tous les acquis sociaux arrachés par des décennies de combat du peuple laborieux, puisque l'origine de la dette serait d'après, les experts autoproclamés, la « surconsommation des états, des services publics, de la protection sociale et des particuliers.

 

D'après ces mêmes experts il faudrait en conséquence réduire les déficits budgétaires par la réduction du nombre de fonctionnaires, par la réforme de la sécurité sociale et de la retraite, en facilitant les licenciements des salariés du privé trop protégés par le code du travail et les conventions collectives, bref, en détruisant l'ensemble des acquis sociaux arrachés par les travailleurs.

Il s'agit là d'une mystification tentant d'accréditer l'idée que la « résorption » de la dette est une cause sacrée dans laquelle tous doivent s'engager sous peine de voir disparaître le modèle sociale que nous connaissons.

Cette crise qui déstabilise en profondeur l'économie, les institutions, les gouvernements, est-elle vraiment la crise de la dette ? Serait-elle fondamentalement différente, par sa nature, de toutes les crises précédentes ?

Si la dette française est le résultat de la surconsommation d'un état protecteur, comme le répètent à l'envie les pseudos experts, quand est-il des USA dont dette est dix fois supérieur à la dette française ?

Aucun expert ne pourra prétendre que la dette américaine est le résultat des dépenses d'un état socialement protecteur.

La crise de la dette n'est pas une exclusivité des pays riches ou pauvres, protecteurs socialement ou pas du tout, elle touche l'ensemble des nations, et partout les pseudos experts et les gouvernements aux ordres du capital international préconisent les mêmes remèdes : tailler dans le vif des nations, privatiser les services publics, renforcer les exonérations patronales, licencier les fonctionnaires, baisser les salaires, augmenter la précarité.

En juillet 2011, en pleine crise grecque, les portes-paroles de l'impérialisme américain ont exigé que les gouvernements européens prennent des mesures urgentes pour éviter « que la crise se propage de la périphérie de l'Europe ( la Grèce) vers le centre, et de là vers le reste du monde ». malgré ces exhortations, la crise n'a cesser de se propager et d'amplifier.

Cette crise de la dette n'est-elle pas au contraire la démonstration de l’exacerbation de la décomposition du système capitaliste fondé sur la propriété privée des moyens de productions ?

La crise de la dette qui n'est pas celle des peuples ne saurait justifier que les peuples et le mouvement ouvrier soient subordonnés au remboursement de la dette ou à la résorption des déficits budgétaires qu'elle génère. Mais encore faut-il cerner les mécanismes de la dette.

 

Qu'est-ce qui distingue la crise actuelle ?


La crise actuelle se distingue des précédentes par le volume jamais atteint de la dette publique, généralisé à l'ensemble des états, y compris les plus puissants. La dette publique mondiale, est de plus, concentrée entre les mains de détenteurs privés ( fonds de pensions, banques etc), lesquels imposent des taux d’intérêts exorbitants, créant donc une situation où le paiement des intérêts de la dette devient impossible pour la plupart des états concernés. Il en découle que des nations souveraines sont à la merci d'investisseurs privés, lesquels investisseurs privés agissent envers les états endettés comme n'importe quel banquier envers une famille ouvrière endettée, qui vendant à l'encan les bijoux de familles, qui privatisant les services publics. Arrivé à ce stade, la dette et le système de crédit qui l'a engendrée apparaissent à juste titre comme un instrument de mort et de destruction. En particulier de destruction massive de la classe ouvrière, par le biais notamment de la destruction des forces de productions.

 

À l'origine de la dette, le crédit.


Comme décrit ci-dessus, la crise de la dette résulte de l'impossibilité grandissante pour les nations de rembourser le crédit et ses intérêts usuriers. Depuis principalement la crise grecque, il devient indiscutable que le remboursement de la dette et de ses intérêts devient un instrument de mort et de destruction des forces productives. (Les forces productives regroupent les instruments de la production, la force de travail des hommes, les objets du travail, les savoirs et les techniques en vigueur, l'organisation du travail).

Mais il n'en pas été toujours ainsi. Avant d’être un outil de destruction, le crédit à jusqu'à une certaine époque contribué au développement des forces productives.

 

Le crédit à permis dans une certaine mesure l'accroissement des forces productives


Le crédit est né du systèmes des traites entre commerçants et producteurs. Puis il est devenu un système de crédit entre capitalistes portant sur le règlement des marchandises. Mais avec le développement du système capitaliste, le crédit s'est transformé. Du crédit à court terme, on est passé au crédit à long terme pour financer les investissements capitalistes : achat de machines, création d'usines, d'infrastructures etc etc.

Donc au 19ème siècle et jusqu'à une certaine époque , le système de crédit a permis de développer les forces productives en finançant les investissements et cela tant que le capitalisme se trouvait dans une phase d'expansion et d'extension du marché mondial.

Dans ce cadre, le crédit assurait pleinement le rôle dévolu au capital : produire de la plus-value, sous la forme d'intérêts à percevoir, en anticipant la création de valeurs non encore produite et leur écoulement sur le marché.

Mais l'anticipation de création de valeur comportait déjà le risque que la valeur ne se réalise jamais. Le 19ème siècle est émaillé de crises cycliques plus ou moins graves, de faillites bancaires, d'investisseurs ruinés. Ces crises découlaient d'une part de la lutte incessante entre capitalistes pour la domination du marché mondial, d'où la nécessité d'imposer des conditions effroyables au peuple laborieux pour en extorquer le maximum de plus-value et d'autre part, de la lutte des travailleurs pour un meilleur niveau de vie.

Mais dans le cadre du marché mondial en expansion, le capitalisme était à même d'absorber jusqu'à un certain point le résultat de la lutte des classes en les répercutant dans la croissance escomptée.

 

Avant de se transformer en force destructive


Aujourd'hui la planète entière est soumise au marché, le capitalisme ne peut plus se développer par la conquête de nouveaux marchés, la guerre fait rage entre capitalistes transnationaux concurrents pour s'imposer exclusivement.

Des masses gigantesques de capitaux ne trouvent plus à s'employer dans les conditions normales de l'exploitation capitaliste. Par des moyens artificiels, la classe capitaliste se doit de dégager des nouveaux champs de profitabilité.

L'industrie du crédit et donc la croissance exponentielle de la dette qui en découle est devenue aujourd'hui l'un de ces principaux moyens. Son déploiement à cette échelle disloque l'économie mondiale car il faut « inventer » des champs nouveaux pour l'investissement de capitaux en mal de profitabilité, il faut créer le besoin de crédit au delà des limites « acceptables » pour aboutir en définitive aussi bien à la crise des « subprimes » que à l'endettement des états au delà des limites supportables. Mais cette extension sous toutes ses formes de l'économie du crédit et de la dette entraîne des conséquences immédiates sur les conditions mêmes d'existence des masses laborieuses, autrement dit sur les conditions de l'exploitation de la force de travail.

Pour bien s'en convaincre, il ne faut pas perdre de vue que les intérêts de la dette ne sont que des prélèvements par anticipation sur la plus-value extorquée à la classe ouvrière.

Garantir coûte que coûte le retour sur investissement implique que les conditions d'extorsion de la plus-value soient aggravées dans des proportions considérables et que les activités de production insuffisamment rentables soient impitoyablement éliminées.

C'est ainsi que par la remise en cause de la valeur du travail, par la baisse des salaires ( précarité etc), la remise en cause des conventions collectives, des statuts, par les délocalisations, la désindustrialisation, que le gonflement de l'économie de la dette a abouti à la situation actuelle.

Ce système du crédit qui à permis dans un premier temps l'accélération du développement matériel des forces productives, s'est transformé aujourd'hui en un système qui accélère la destruction matérielle des forces productives et la dislocation du marché mondial. Et, au premier rang de la destruction en masse des forces productives, la principale d'entre elles : la force du travail du prolétaire.

 

Chapoutier sur Agoravox

 
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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 16:14

 

Bienvenue petit Lucas ! Même pas vrai que comme méthode de contraception en Alsace, on tire sur les cigognes ! Sympa ce faire-part mais ce serait étonnant que tes parents y croient pour de vrai. (photo)


D’autres sujets moins réjouissants ? C’est selon…

Finie la campagne présidentielle. L’Alsace s’y est encore distinguée comme une région conservatrice de droite avec des îlots urbains socialistes. Une petite ballade dans le calme d’une vraie campagne permet quelques découvertes insolites, à méditer. Dans cet esprit là, la belle et riche bourgade de Westhoffen paraît presqu’exemplaire, indiquée.

Calmement aussi ,un petit rappel de quelques résultats en pourcentage des voix exprimées.

Nicolas Sarkozy : 63,40 pour l’Alsace ; 45,30 à Strasbourg, 47,70 à Mulhouse et, au hasard, 74,81 à Westhoffen.

Donc, le complément pour François Hollande…le compte est vite fait et les commentaires fusent, souvent désagréables. Un peu fasciste ? « Non, çà c’est tout de même trop fort, je ne l’accepte pas  », répond un jeune homme.

 

Un avenir serein pour Lucas. ( photo)

 Les Alsaciens en ont marre d’être brocardés pour mille et une mauvaises raisons dont celle-là. Pour ce qui est de leur vote presque régulier et attendu, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est débridé et assumé, parfois très clairement. Des explications, des interprétations, des supputations d’experts abondent et vont dans tous les sens. On y verra plus clair le 17 juin. Pas sûr. Peut-être sans surprise cette fois sauf si ...

.En attendant,ici, on continue à vivre et plutôt bien, dans cette plaine opulente où s’étend la petite ville bordée de collines viticoles et de somptueuses forêts. Une richesse presqu’indécente.

« Comment expliquez vous ce vote massif pour Nicolas Sarkozy ? »- « Es isch e so » ( C’est comme çà) L’interpellé fait mine de s’occuper à son tracteur. Il va « épandre ». Quoi ? Mystère.

 On est plutôt taiseux en ce moment, même en alsacien. Il est des jours meilleurs où on papote gentiment, agréablement, avec des gens charmants, ouverts.

1615 habitants en 2008 et 1304 électeurs inscrits. Quand on déduit les moins de 18 ans dont notre petit Lucas, on voit qu’il n’y a pas d’invasion ni maintenant ni à l’horizon. Alors ?

 

Le poids de la tradition ? 

Il serait étonnant qu’il y ait ici beaucoup de contribuables qu’affecteraient les mesures annoncées du 75% au-delà du million . Encore que…Pas d’incidence religieuse ni a fortiori ethnique, surtout pas. Pas plus qu’ailleurs, de regards pertinents, autorisés, sur les programmes. Alors ?

Depuis des siècles les communautés, chrétiennes, catholique et protestante, et juive y vivent ensemble en bonne harmonie. Un petit détail amusant : le nom de Westhoffen apparaît pour la première fois sur un registre en 732. Rappelez vous, Charles Martel…mais qu’on n’y voie pas une once de déterminisme ! Ces électeurs le savent-ils ?

Plus marquant encore : cette commune, beaucoup plus tard bien sûr, a été le berceau de la famille Debré avec le professeur Robert, père de Michel, le premier ministre de Gaulle, lui-même père de Jean-Louis et de Bernard. On leur voue quasiment un culte ; le nom d’une rue en témoigne ( photo). A droite toute donc ! 


 

Mais aurait-on oublié alors que le père de Léon Blum est également né à Westhoffen. Pas tout à fait, puisqu’ il reste quand même 25% de « hollandistes » qui, la saison des asperges obligeant, ne s’interdisent pas la sauce hollandaise comme leur congénères condamnés à se contenter de mayonnaise ou de vinaigrette. C’est une plaisanterie qui circule.

Pour les cerises à la mi-juin ( Westhoffen est la capitale de la cerise en Alsace) tout sera consommé ! Et il n’y aura pas eu les horreurs de la guerre que décrit le film soviétique de Mikkaïl Kalatozov en 1957 : « Quand passent les cigognes » et le petit Lucas goutera paisiblement les fruits rouges, l’an prochain. « Le temps des cerises », la chanson, ce sera pour la prochaine fois. Grâces à Dieu, Amen, Inch Allah ! non « Vive la République » d’abord. Pas vrai Lucas ? Qui sait ?

 

Antoine Spohr (Article paru sur Médiapart)

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 08:42

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Soirée de lancement de campagne :

Vendredi 18 mai à partir de 19h

 14-16 rue de Berne LINGOLSHEIM

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 07:56

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En 2011, l’épargne brute des collectivités locales s’élève à 39,8 milliards d'euros contre 37,4 l’année précédente et leur besoin de financement se réduit légèrement

    
En 2011, le déficit public français s’établit à 103,1 milliards d’euros, soit 5,2% du PIB. Par rapport à 2010, il se réduit de 33,9 milliards d’euros, en raison à la fois du dynamisme des recettes et de la modération des dépenses. En part de PIB, les recettes publiques augmentent en effet de 1,4 point et les dépenses publiques diminuent de 0,6 point. C’est ce qu’indique aujourd’hui l’INSSE (1) qui publie les résultats actualisés des comptes des administrations publiques en 2011.

La publication montre qu’en 2011, «le taux de prélèvements obligatoires s’établit à 43,9% du PIB, en hausse de 1,4 point par rapport à 2010. Cette remontée est due pour l’essentiel à la mise en œuvre de nouvelles mesures fiscales et sociales ou à l’arrêt d’anciennes mesures (+1,1 point). La non-reconduction des allègements fiscaux accordés dans le cadre du plan de relance et le passage en régime permanent de la réforme de la taxe professionnelle entraînent au total environ 6 milliards de recettes supplémentaires».
Il ressort de l’examen des comptes administrations publiques locales qu’en 2011, leur besoin de financement se «réduit légèrement (−0,9 milliard après −1,4 milliard en 2010). Cette amélioration précise l’INSEE, résulte «de la progression des recettes (+2,5% après +1,8% en 2010): elles restent un peu plus dynamiques que les dépenses malgré le rebond de ces dernières (+2,3% après −0,3% en 2010)».
L’examen des tableaux relatifs aux «Dépenses et recettes des collectivités locales» (2) montre une progression de leur épargne brute (39,8 Milliards d'euros en 2011 contre 37,4 l’année précédente et un besoin de financement de -0,8 milliard après –1,2 milliard en 2010);
 
Côté recettes, les administrations publiques locales perçoivent pour la première fois en 2011 les recettes de remplacement de la taxe professionnelle: la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), la cotisation foncière des entreprises (CFE) et l’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER). C’est également la première année des transferts de ressources entre les différents niveaux de collectivités locales: la part départementale de la taxe d’habitation est désormais transférée aux communes, alors que la part régionale de la taxe foncière sur les propriétés bâties l’est aux départements. Par ailleurs, une partie de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA), d’un montant de 3 milliards, et une partie des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), d’un montant de 0,4 milliard, sont transférées de l’État aux collectivités locales. Enfin, les concours versés par l’État (prélèvements sur recettes), hors fonds de compensation pour la TVA (FCTVA), sont gelés en valeur.
«La nette croissance des DMTO (+1,4 milliard), du fait du maintien du dynamisme du marché immobilier», explique l’essentiel de la hausse des recettes des collectivités locales. «Les taux des impôts directs locaux (taxe d’habitation, taxes foncières et cotisation foncière des entreprises) ont par contre progressé à un rythme modéré, les années électorales étant traditionnellement des années de modération des taux (des élections cantonales se sont tenues en 2011)», indique les auteurs de l’étude.

Côté dépenses, l’investissement «repart à la hausse (+2,3% après −6,7% en 2010), après l’effort important consenti en 2010 pour ramener les budgets locaux à un niveau proche de l’équilibre». En revanche, les dépenses de fonctionnement ralentissent: «la masse salariale augmente moins vite (+2,4% après +2,9% en 2010), en raison principalement du gel du point fonction publique et de la fin des transferts de personnel. Enfin, le rythme d’évolution des prestations sociales reste soutenu (+3,5% après +6,8% en 2010)».

(1) Insee Première n° 1400 - mai 2012 (premier lien ci-dessous).
(2) Dépenses et recettes des collectivités locales (S13131, en milliards d'euros), à télécharger avec le second lien ci-dessous.

 

Liens complémentaires :

 

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