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Section Daniel MAYER Canton de Mundolsheim
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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 16:32

Economie-Circulaire-3.jpg

 

françois michel lambert 1Salle comble en ce soir de 18 décembre à Schiltigheim. Il est vrai que cette réunion avait de quoi intriguer bon nombre d'invités. Le citoyen lambda, mais aussi les décideurs et commentateurs de l'actualité rompus aux arcanes de l'entreprise et aux exigences du tout et du rien de l'instantanéïté de l'information. Le monde politique encore, au motif que l'économie circulaire était jusqu'à un passé proche une œuvre confidentielle venant d'experts et pionniers de la cause écologique, comme cet institut de l'Economie circulaire présidé par l'intervenant du jour, François Michel Lambert, député et vice président de la Commission du développement durable de l'Assemblée.

Beaucoup de curieux dans la salle, mais aussi des personnes convaincues de la nécessité de changer leur regard sur nos modes de production, nos comportements , et la vision que nous portons à l'endroit d'une planète terre, conçue comme une source inépuisable de richesses dont nous pouvons user et abuser sans limites. Une vision, née avec l'expansion de la machine et l'industrialisation des procès. Une vision vieille de deux siècles qui nous faisait oublier un système d'ancien régime, où la main d'oeuvre était abondante et les produits d'autant plus rares et chers qu'ils étaient long et difficile à fabriquer.

 

La société de consommation à un tournant


Nul ne songerait aujourd'hui à nier que nous sommes au sommet d'une courbe, celle qui consacre l'optimum de ce que pouvons atteindre avec un mode fonctionnement qui ignore l'amont et l'aval des continuités dans lesquels il s'inscrit (ressources naturelles, cycles des dégradations de la matière et des objets, etc).

C'est en effet les usages et non les développements de la mécanisation des productions au profit d'un nombre sans cesse croissant d'être humains, qui, d'une certaine manière, sont aujourd'hui la source de bien des maux : raréfaction des matières, énergie de plus en plus coûteuse à produire, accumulation et  dispersion des déchets amènant à des pollutions et des changements climatiques eux mêmes porteurs de dévastations dommageables pour l'économie et l'existence des plus démunis.

 

L'économie circulaire, un paradigme au service de la continuité de la vie


A ce tableau sombre qui engage l'avenir de la planète et celui des générations futures, la nécessité d'une économie circulaire s'impose en ce qu'elle rompt avec une « économie linéaire », un système de production où les finalités ne se sont jamais embarrassées (autrement que sous la contrainte) des inégalités de traitement qu'elles réservent aux individus comme des dommages, pour certains irréversibles, qu'elles causent à l'environnement et aux ressources naturelles.

                                                                           

Sans vouloir remettre en cause la notion de profit dans une économie capitalistique, la destruction accélérée des ressources que celle-ci entraîne oblige à changer de système économique et industriel pour celui d'un développement ayant peu ou prou d'impact sur la nature. Avec comme conséquences, l'optimisation de l'utilisation des ressources limitées (le foncier, les terres rares et autres minéraux et métaux comme le bérylium ou le zinc, dont la disparition est programmée à l'horizon 2025). Avec également la mise en œuvre rapide d'une écoconception qui dépasse la simple adaptation aux modes actuels de production reposant sur l'obsolescence techniquement programmée des produits et leur renouvellement incessant poussant à des consommations plus ostentatoires que socialement utiles.

Facilitation-Graphique-Economie-Circulaire

Ce modèle impose de rompre avec l'économie linéaire (qui va de l'utilisation d'un produit directement à sa destruction) pour celle d'une économie circulaire, reposant sur des boucles de valeurs positives, présentes à tous les stades d'utilisation et de réutilisation de la matière ou du produit avant sa destruction finale. Avec également des accents significatifs sur de nouveaux modes de conception -production – consommation permettant l'allongement de vie des produits, leur réutilisation ainsi que le recyclage de leurs composants.

 

L'usage plus que la possession, la co-propriété plus que la détention singulière


Dans un système de production linéaire, avec bientôt deux milliards d'automobiles (contre 25000 en 1907 et 60 millions en 1950), ce sont autant de pollutions qui se déversent dans l'atmosphère, autant de productions et de destructions de matières qui participent de l'épuisement des ressources, de la pollution de l'air, de l'eau et du sol. Ce simple exemple suffisant à lui-même démontre l'impossibilité à pouvoir poursuivre une production/consommation qui vaut essentiellement par la possession de l'objetschema_projet_modele_ecologique-industriel.png plus que par son usage, par le court terme des profits plus que des considérations du long terme.

Est-il aujourd'hui nécessaire de produire toujours plus pour satisfaire la multiplication des besoins, encourager à posséder au delà du raisonnable et qui ne fait que conforter des finalités qui ont plus à voir avec l'optimisation des profits qu'à celles du service rendu ?

La question est posée dans la mesure où elle paraît à beaucoup comme hors sujet ou pour le moins éloignée de tout intérêt, alors que transposée aux domaines où elle s'est imposée à l'insu des représentations dominantes, elle démontre toute sa pertinence et toute sa capacité à répondre utilement aux exigences du développement durable.

Ainsi si vivre en co-propriété verticale apparaît comme la solution la plus adaptée répondant aux injonctions de la ville dense, pourquoi n'en serait-il pas de même dans bien d'autres domaines, comme le fait d'avoir à posséder à plusieurs un lieu, une machine pour laver son linge, pour repasser, ou pour stocker, entretenir, réparer une foule d'autres objets ?

 

La plus value qui naît de l'usage


Voilà une affirmation qui a de quoi faire s'interroger dans l'intimité des boards des sociétés de toutes tailles. La co-propriété ne serait-elle pas la mort des entreprises ? En quoi la prépondérance de l'usage diffèrerait-il d'un système propriétaire où  ce qui est implicitement vendu n'est pas le produit mais la possibilité de plus values liées à son utilisation ?

Certaines sociétés ont déjà dépassé le stade de la réflexion et conçoivent désormais des produits dont la location amène à des retours sur investissement impensables il y a encore quelques années. Ainsi cette société qui loue désormais ses moquettes (au lieu de les vendre) moyennant une condition de reprise au bout d'un nombre d'années convenues avec en fin de contrat le remplacement à neuf. Une solution astucieuse permettant la récupération de la matière et sa réintégration dans le processus de production.

 

Une logique de coopération sur les territoires, source d'emplois et de valeurs ajoutées


Productions en boucle, synergies industrielles, possessions et usages différenciés sont les caractéristiques d'une économie circulaire qui suppose une coopération accrue entre les acteurs d'un même territoire et entre les territoires entre eux.

A l'heure où l'emploi est au cœur de toutes les réflexions, de toutes les politiques, l'économie circulaire, passant d'une logique de concurrence non territorialisée à celle d'une co-construction territoriale est un facteur indéniable de maintien du développement économique et des emplois non délocalisables.

Construire collectivement des solutions plurielles et des équilibres stables implique au final de bien connaître les flux de matière et ceux des déchets, avec cette perspective alléchante (selon le cabinet MacKinsley) de réaliser près de 300milliards d'économie de matières par an pour la seule Europe.     Un chiffre qui a valeur de pari quand on sait les difficultés qu'ont les pays de l'Union européenne à dégager le moindre milliard au service du mieux vivre et de la réduction des inégalités.

 

A consulter

 

Francis Alexis HAMMER

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Published by Parti socialiste Mundolsheim - dans Développement durable
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commentaires

auto ecole neuilly 11/07/2014 06:52

Je vous vante pour votre paragraphe. c'est un vrai travail d'écriture. Continuez .